Côte d'Ivoire

Réagissant à la déclaration de Mgr Jean-Pierre Kutwã, je faisais remarquer, d’une part, que cette déclaration était un non-événement parce qu’elle manquait à la fois de clarté et de courage et, d’autre part, qu’il s’agissait, non pas, de dire que la candidature de Dramane Ouattara après deux frauduleux mandats était nécessaire ou non, mais de savoir si notre Constitution autorisait le président du RDR à briguer un troisième mandat. Certains lecteurs de mon post n’étaient pas d’accord avec moi, ce que je ne trouve point anormal, mais l’un d’entre eux a cru m’impressionner en convoquant des ouvrages du Magistère de l’église catholique, ouvrages dont je doute qu’il les ait jamais lus et qu’il n’est même pas capable d’écrire correctement. Le faux savant ou pseudo-intellectuel en question est Jean-Baptiste Kouamé, qui était assistant au département de Lettres modernes de l’Université de Cocody quand j’y achevais une licence en 1987 et qui travaillerait avec Patrick Achi (secrétaire général de la présidence, ndlr) qui gouverne et mange avec le bourreau des Ivoiriens (Alassane Ouattara, ndlr).

Comme Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire, le président guinéen, Alpha Condé, sera, aussi, candidat à un troisième mandat (anticonstitutionnel), lors du scrutin prévu le 18 octobre, a indiqué son parti, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), lundi, 31 août. Comme en Côte d'Ivoire, ce 3e mandat a déjà coûté des dizaines de morts en Guinée. Et ce n'est qu'un début en Guinée comme en Côte d'Ivoire.

Mention Très Bien à l'archevêque d'Abidjan, le cardinal, Jean-Pierre Kutwa, qui, en bon pasteur, vient de jeter un véritable pavé dans la mare. En tenant un langage de vérité aux Ivoiriens et, surtout, au premier d'entre eux. Réputé très proche du président, Alassane Ouattara, il l'invite, sans détour, à ne pas se présenter à la présidentielle et à respecter les lois de la République qui l'en empêchent. Il l'invite, également, à s'assurer en tant que chef de l'Etat que le pays rassemblé ira à l'élection présidentielle, et que le vainqueur sera reconnu par tous, ce qui suppose, au préalable, l'organisation d'un dialogue politique pour mettre toutes les questions sensibles sur la table.
Le courage du cardinal qui est considéré comme un homme de Ouattara est à saluer. La RTI, la télévision d'Etat, a censuré ses propos dans son grand journal de 20 h GMT de ce lundi, 31 août. Cela dit, censure des Ouattaristes ou pas, le message de l'homme de Dieu est bien passé, toute la Côte d'Ivoire l'a entendu, y compris Alassane Ouattara, lui-même, depuis son lieu de villégiature en France. A lui de prendre ses responsabilités, la violence sur les personnes et les biens à cause de son 3e mandat commençant à prendre des proportions inquiétantes. Voici l'intégralité de la déclaration du cardinal de Côte d'Ivoire.

Après l’arrestation et la détention arbitraires de Pulchérie-Edith Gbalet, qui avait appelé à des manifestations pacifiques contre le 3è mandat illégal, après avoir laissé des enfants drogués attaquer à l’arme blanche des femmes et des jeunes qui marchaient, les mains nues, à Bonoua, Gagnoa, Divo, Yopougon, etc., le dictateur-imposteur veut éliminer physiquement Martin Bléou “soit par empoisonnement, soit, en provoquant un accident de la circulation, soit encore, à l’arme à feu”, si l’on en croit une note écrite par ce dernier, le 28 août 2020, et prenant à témoin la communauté nationale et internationale.

Guillaume Soro, exclu de la liste pour le scrutin présidentiel du 31 octobre en Côte d'Ivoire, en appelle à Emmanuel Macron afin qu'il prenne position contre Alassane Ouattara, le président sortant qui brigue un troisième mandat alors que la constitution ivoirienne limite à deux le nombre de mandats. Voici la lettre qu'il vient de faire parvenir au chef de l'Etat français.

Autant les Africains peuvent désapprouver la politique que mena Barack Obama sur leur continent pendant ses deux mandats (aucune sanction contre les dictateurs qui sont au pouvoir depuis 3 ou 4 décennies, feu vert donné à l’OTAN pour assassiner Mu'ammar al Kadhafi et déstabiliser la Libye, permis de tuer délivré au voyou, Nicolas Sarkozy, pour installer un imposteur dans le fauteuil présidentiel en Côte d’Ivoire, pressions exercées sur les présidents africains pour que soit légalisé le mariage des personnes de même sexe, etc.), autant, ils reconnaîtraient facilement que le candidat Obama avait une “audace d’espérer”, la conviction qu'il pouvait être le premier Noir à diriger la première puissance mondiale, la foi capable de braver les obstacles de toutes sortes.

‘Bernard Cardinal Yago, passionné de Dieu et de l’homme’, est le titre d’un ouvrage de feu Lebry Léon-Francis. Passionné de Dieu, le prêtre ou l’évêque est aussi passionné des hommes, ce qui signifie qu’il ne peut pas ne pas rejoindre ceux-ci dans leurs luttes pour plus de justice et de liberté, qu’il ne peut pas s’enfermer dans la sacristie car “L'Eglise, ou elle est en sortie ou ce n'est pas l'Eglise. Ou bien elle est en annonce ou bien elle n'est pas l'Eglise. Si l'Eglise ne sort pas, elle se corrompt, elle se dénature. Elle devient une autre chose” (cf. François, ‘Sans Jésus nous ne pouvons rien faire.

Alassane Ouattara est désormais « surveillé » par ses homologues de la CEDEAO, qui refusent son jusqu'au boutisme au Mali. Ils ont fini par comprendre que sa position au Mali était définie par rapport aux questions de politique intérieure en Côte d'Ivoire. Ses propositions ne passent donc plus comme une lettre à la poste. Il commence même à être vertement combattu.

Alassane Ouattara a peur. Car les Ivoiriens ont découvert son jeu. Les Africains de l'Ouest aussi. Un jeu, excessivement, dangereux, qui avait produit en décembre 1999, son premier coup d'état en Côte d'Ivoire. Mais, bien qu'il ait confisqué toutes les manettes du pouvoir des institutions de la sous-région entre ses seules mains, il ne va pas s'en sortir cette fois-ci.

Le 11 août 2020, celui qui se fait appeler “l’âne du Christ” a produit un texte qui, tout en appelant à juste titre à l’unité et au dialogue pour parvenir à des décisions consensuelles avant la participation à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020, n’en laisse pas moins perplexe à cause de quelques âneries que j’y ai dénichées. Ces âneries, je les exposerai et je dirai pourquoi elles sont des positions irrecevables.

Quelques jours, seulement, après avoir gagné l'élection présidentielle avec plus de 80% des voix, le président de Biolorussie, Alexandre Loukachenko, est prêt à jeter l'éponge. Lundi, 17 août, il a déclaré vouloir quitter le pouvoir après la tenue d’un référendum constitutionnel et d’un nouveau scrutin présidentiel, pour mettre fin aux manifestations qui ont suivi sa réélection contestée, le 9 août. Qui l'eût cru pour ce dictateur (très haut de gamme) d'une République tellement fermée qu'on se demande même où se trouve la Biolorussie ? Le principal protecteur d'Alexandre Loukachenko n'est autre que le président russe, Vladimir Poutine. Mais, chose curieuse : son soutien à l'endroit du président de Biolorussie est plus que tiède, ce qui est interprété comme la volonté du Kremlin de tourner la page dans ce pays. Ce vent qui est en train de tourner en Biolorussie devrait donner du courage aux Ivoiriens qui luttent contre le 3e mandat du président ivoirien, Alassane Ouattara, installé au pouvoir, contre la volonté des Ivoiriens, par la France de Nicolas Sarkozy. Rien ne pouvant résister à un peuple (qui sait ce qu'il veut), la France sera obligée de retirer son poulain si les Ivoiriens multiplient les signes qui montrent leur colère contre le 3e mandat de leur président : marches, blocages de villes, manifestations visant à paralyser le fonctionnement de l'économie et des institutions, etc. sont les seules armes (démocratiques) susceptibles de le faire plier. La France qui compte énormément d'intérêts en Côte d'Ivoire, serait obligée de dire à son poulain « STOP » et l'élection présidentielle se tiendrait alors sans Ouattara (le fourbe).

Samedi, 15 août, de 14h30 à 19h30 (heure de Paris), les Ivoiriens de la région parisienne ainsi que les Africains de la diaspora, ont battu le pavé parisien, pour dire NON au 3e mandat que le président, Alassane Ouattara, voudrait s'octroyer au grand mépris de la constitution dont il est le garant. Ils étaient plus de 10.000 personnes à effectuer le trajet entre la Place Trocadéro et l'avenue Raymond Poincaré, siège de l'ambassade de Côte d'Ivoire à Paris.

La situation socio-politique en Côte d'Ivoire commence à devenir, insoutenable, intenable. Pourtant, on n'est qu'au début du commencement de la crise. Bientôt, celle-ci va bloquer tout le pays et personne ne pourra plus travailler. Seule décision attendue de Ouattara, le retrait de sa candidature. Il est temps que ses amis et soutiens le lui disent. S'il maintient son investiture le 22 août, cela voudra dire qu'il n'a strictement rien compris à la situation qui prévaut en Côte d'Ivoire, pays qu'il dit avoir présidé pendant 10 ans en tant qu'ex-Burkinabé.

“J’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 et de transférer le pouvoir à une jeune génération.” Ces propos tenus devant les députés et sénateurs ivoiriens réunis à Yamoussoukro le 5 mars 2020 et pour lesquels il reçut immédiatement les chaleureuses félicitations d’Emmanuel Macron, Dramane Ouattara les a reniés le 6 août, veille de la fête nationale. Ce qui indigne ici, ce n’est pas seulement le non-respect de l’engagement pris par Ouattara mais le viol de sa propre Constitution. Ainsi, après le PDCI qui a choisi Bédié pour défendre ses couleurs à la prochaine élection, après le FPI (tendance Assoa Adou) qui a fait de Gbagbo un candidat unique bien que le nom de ce dernier ne figure plus sur la liste électorale provisoire et bien que son procès à la CPI ne soit pas terminé, Dramane Ouattara devient le candidat naturel du RDR, ce qui veut dire que nous aurons droit à un remake de 2020, comme si notre pays disparaîtrait sans ce trio.

Avant même qu'il n'accède au pouvoir, Alassane Ouattara disposait déjà d'un savoir-faire incontesté en matière de déstabilisation politique : coup d'état militaire de fin décembre 1999 qui a chassé Henri Konan Bédié du pouvoir, attaque massive des Forces nouvelles à partir du Nord du pays pour prendre Abidjan en septembre 2002 (cette attaque avait été stoppée dans la zone de Bouaké consacrant la partition en deux de la Côte d'Ivoire pendant plusieurs années). Le financier de toutes ces coûteuses opérations militaires, était Alassane Ouattara. Cette fois, et en connaissance de cause, il a entrepris de mettre les officiers supérieurs de son côté pour éviter tout coup d'état militaire, qui n'est plus une hypothèse d'école, aujourd'hui.

Alassane Ouattara aime-t-il la Côte d'Ivoire comme il aurait aimé le Burkina Faso s'il avait été président là bas ? Les actes qu'il pose tous les jours contre la grande majorité des Ivoiriens sont loin de le montrer. Après avoir annoncé urbi et orbi, en mars dernier, que jamais, au grand jamais, il ne se présenterait plus à une élection présidentielle, et surtout, pas à celle d’octobre 2020, une décision saluée en guise de leçon à l'endroit d'autres présidents africains, par son ami, le président français, Emmanuel Macron, le voilà qui, comme à son habitude, revient sur sa décision et annonce briguer un troisième mandat auquel il n'a pas droit. La constitution le lui interdit formellement. La thèse du « sacrifice » de son fils, Amadou Gon Coulibaly, mort sur l'autel des ambitions de Ouattara (son père) doit interroger de plus en plus. Car tout laisse penser que c'est lui qui l'a tué en maquillant sa disparition de cette manière. Ne voulant pas quitter le pouvoir, Ouattara aurait monté un scenario qui a laissé penser à la mort naturelle du candidat du RHDP alors qu'il était suivi, à Paris, par les meilleurs cardiologues du monde, ceux-là mêmes qui maintiennent Ouattara en vie, avec un cœur très affaibli, grâce à leur savoir-faire depuis son premier mandat où il venait toutes les trois semaines les rencontrer à l'hôpital parisien du Val de Grâce. Car il faut le répéter : le cœur de Ouattara est bien moins solide que celui de son ancien premier ministre. Mais, le voilà, qui s'organise pour un 3e mandat, puis, un 4e en 2025. Aurait-il trompé les Burkinabé de cette manière ? Que non !

Quand sortit la chanson “Président, on dit quoi ?” dans laquelle Yodé et Siro font le triste constat que, sur “plus de 60 ethnies que compte notre pays, “depuis le rez-de-chaussée jusqu’au dernier étage, du gardien au directeur, ce sont seulement les Bakayoko ou bien les Coulibaly qui mangent”, il se trouva des gens pour pousser des cris d’orfraie ou pour appeler le gouvernement à porter plainte pour diffamation. Qui sait si d’autres ne s’apprêtaient pas à lancer une fatwa contre les deux “impertinents” ? Une chose est sûre : les plus hargneux étaient ceux qui se sont récemment ralliés à Monsieur Ouattara après l’avoir traité de tous les noms d’oiseaux et sans avoir jamais démontré que les choses qu’ils critiquaient n’existent plus.

Laurent Gbagbo a « toujours figuré sur la liste électorale, comme en atteste la capture d’écran du site en ligne de la CEI », mais au terme de la révision du listing électoral, il « a vu son nom tout simplement retiré de la liste électorale provisoire remise aux partis politiques par la CEI », a indiqué Me Habiba Touré, son avocat. Le président Alassane Ouattara perd-il la tête ? Sa gestion politique du pays est tellement catastrophique qu'il ne s'y retrouve plus lui-même et montre qu'il ne sait plus ce qu'il fait et ignore exactement où il va. C'est grave pour la Côte d'Ivoire. Ouattara récolte ce qu'il a semé : le mensonge, la manipulation, la mauvaise foi, la haine d'un pays qui l'a accueilli pour lui donner le pouvoir suprême alors qu'il n'était pas apte à se présenter à l'élection présidentielle.

La non-réponse d'Alassane Ouattara, mercredi, 29 juillet, à la demande des militants du RHDP, dans leur grande majorité, de se représenter pour un troisième mandat consécutif, a été une douche froide pour beaucoup d'entre eux. Une telle hésitation n'est pas bon signe alors qu'ils avaient besoin d'un Oui massif de leur champion. Mais à la décharge de Ouattara, les choses sont loin d'être simples d'autant qu'il continue de peser le pour et le contre avant de décider. Une décision qui sera grave de conséquences quel que soit son choix.

Pour avoir géré le pouvoir avec le RDR pendant 7 ans (2011-2018), le PDCI est comptable des crimes économiques et crimes contre l’humanité perpétrés par Alassane Ouattara. Jamais, il ne remit en cause le F CFA qui profite plus à la France qu’aux 14 pays africains qui l’utilisent, ni la présence du 43e BIMA à Port-Bouët. Il jubila quand la France bombarda et détruisit la résidence présidentielle construite par Félix Houphouët dont il aime pourtant se réclamer. Son président affirme avoir “ressenti un profond sentiment de soulagement” quand Laurent Gbagbo fut capturé et avoir appelé Soro Kigbafori pour “le féliciter du travail bien fait”. Plus tard, il fera remarquer que l’ancien président “est bien là où il est “. Il faisait ainsi allusion à la Haye où Laurent Gbagbo avait été déporté illégalement et injustement. Après l’accession de la Côte d’Ivoire à cette pseudo-indépendance qui, en six décennies, n’enrichit que les esclaves de la France et leurs proches, le PDCI ne s’est plus battu, n’est plus allé au charbon, n’est plus descendu dans la rue pour défendre les intérêts des Ivoiriens. Accusé de mener une opposition de salon, c’est-à-dire, de se comporter comme des petits bourgeois critiquant un régime sanguinaire et autoritaire, un verre de whisky dans la main et un cigare cubain dans la bouche, il ne trouva aucun inconvénient à travailler avec tous les pouvoirs qui lui succédèrent. Enfin, il quitta le RHDP, non parce qu’il tolérait de moins en moins la martyrisation du peuple ivoirien par Ouattara mais parce que ce dernier refusa de le porter au pouvoir en 2020.