Centrafrique

Le PK5 est le quartier musulman de Bangui. Il compte plus de 100 000 habitants. C'est le poumon économique de la Centrafrique où transitent tous les produits en provenance du Cameroun voisin, l'une des principales sources d'approvisionnement du pays. 

La prison centrale de Ngaragba située dans le 7ème arrondissement de la ville de Bangui a été conçue en 1947 pour accueillir 400 détenus. Elle en abrite actuellement 700. Voire plus. 

Le groupe armé 3R  (Retour, Réclamation et Réhabilitation ) qui, à l'origine, s'est constitué dans le but de protéger la minorité peule contre l'attitude hostile des populations sédentaires et les attaques des milices chrétiennes (anti-balakas ) fait régulièrement la une des médias, à défaut de susciter les commentaires d'une classe politique centrafricaine plutôt muette et prudente  sur le sujet.  

La  paix en Centrafrique passe par la réconciliation entre les communautés chrétiennes et musulmanes, entre les victimes et les membres de milices qui ont commis des exactions et des crimes.

Voilà donc la Russie qui prend pied en plein cœur de l'Afrique où le président, Faustin Archange Touadéra, vient d'autoriser l'ouverture (officiellement) d'une « antenne du ministère russe de la Défense » à Bangui. En réalité, il s'agit d'une structure qui va, rapidement, muter en base militaire primaire avec des objectifs de défense assignés à ce type de structure. Dépêché en Centrafrique, spécialement, à cet effet, le général, Oleg Polguev, est arrivé, fin août, à la tête d'une importante délégation d'officiers supérieurs russes.

La Centrafrique connaît une situation d'insécurité alimentaire particulièrement tragique. Les chiffres de la FAO,  de l'UNICEF et du PAM parlent d'eux-mêmes. Près de 2 millions de personnes sont en situation alimentaire grave (soit ? 40% de la population ), 4 enfants sur 10 souffrent de malnutrition chronique. A l'exception de la capitale Bangui et de la région de l'Ouham, toutes les régions sont concernées. 

Les choses sont claires pour tout le monde en Centrafrique. Après avoir bénéficié du soutien de la France, au deuxième tour de la présidentielle de 2016, Faustin Archange Touadéra lui a tourné le dos et signé un accord avec la Russie qui englobe l'aspect « Sécurité et Protection personnelle ». Un bon camouflet pour Paris. Mais, très mauvais communicant, le président centrafricain a laissé tout dire sur les raisons de cette volte-face tandis que ses détracteurs montraient son ingratitude envers ceux qui l'avaient aidé à devenir chef de l'Etat. Depuis l'arrivée de la Russie, le Centrafrique est devenu un pays où la France rase les murs. Ou presque. Bref, pour les autorités, le Centrafrique n'est pas la chasse gardée de Paris.
Ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, Geneviève Darrieussecq est donc arrivée ce jour, à Bangui, sur un terrain bien (bien) miné. Officiellement, elle vient superviser le transfert d'autorité à la tête de la Mission EUTM-RCA (European Union Training Mission – RCA) entre le général français, Eric Peltier et le général portugais, Paulo Neves de Abreu). Mais, nul doute qu'elle parlera de la présence russe et de la future présidentielle dans le pays où le repositionnement de la France n'est plus évident. En dehors de sa consoeur, la ministre de la Défense, Marie-Noëlle Koyara, elle s'entretiendra avec Faustin-Archange Touadéra, à ce sujet, dans l'espace que voudra bien lui affecter le conseiller russe en sécurité du président, qui tient son agenda des audiences.

Les églises protestantes évangéliques gagnent du terrain en Centrafrique. Elles multiplient les lieux de cultes, courtisent les dirigeants politiques et les classes moyennes, ne se contentant plus uniquement d'être présentes auprès des populations les plus vulnérables. Si certaines d'entre elles ne regroupent que quelques dizaines d'adeptes, d'autres attirent des foules considérables.

Le premier tour des élections présidentielles doit se tenir le 27 décembre prochain. Depuis plusieurs semaines, les candidatures se multiplient.

La tenue des élections présidentielles centrafricaines est  prévue pour le 27 décembre prochain, sauf imprévu. La liste des candidats s'allonge au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'échéance. C'est a priori un bon signe pour la démocratie. Cependant, on ne peut qu'être surpris de la médiocrité du discours politique et du flou artistique qui entoure les programmes. Il est peut-être encore trop tôt pour en dire plus.

Le Musée des arts et traditions populaires installé dans l'ancienne résidence du premier président de la République centrafricaine, Barthélémy Boganda, inauguré en 1966, a été vandalisé lors des violents affrontements de 2013 à Bangui ("la bataille de Bangui "), qui ont opposé miliciens anti-balakas et sélékas. Depuis cette date, on ne connaît toujours pas de date pour sa réfection. Le gouvernement centrafricain ne considère-t-il pas la culture comme une priorité de son action ?

La Centrafrique a accédé à l'indépendance le13 août 1960. C'était hier au regard de l'histoire du monde... La Centrafrique à 60 ans est une jeune nation au destin tragique.
L'opinion publique ne retient, la plupart du temps, de ces soixante années que les facéties de Jean-Bedel Bokassa et son incroyable sacre, "l'affaire des diamants", les nombreux coups d'état qui ont jalonné l'histoire de ce pays d'un peu plus de 4 millions d'habitants, situé au coeur du continent. 

Le Conseil de sécurité des Nations-Unies a adopté, mardi, 4 août, une résolution visant à prolonger d'un an les sanctions contre la République centrafricaine (RCA). Le gouvernement n'aura donc pas réussi à enlever les sanctions qui pèsent sur le fonctionnement des institutions, notamment, l'équipement en bonne et due forme de l'armée. Les Nations-Unies justifient une telle décision par l'incapacité manifeste du gouvernement à réduire l'activité des 14 milices qui écument près de 80% de la superficie du pays. A quoi a donc servi la présence de « l'alliée » russe (et ses mercenaires) dont la mission principale semble être l'exploitation des ressources naturelles du pays ? A-t-on livré le pays aux Russes sans contrepartie comme cela semble être le cas ? Cette question est posée car on ne voit pas la contrepartie de la présence russe en RCA.

Une des conséquences des violences perpétrées  par les milices depuis 2013 est la mise en danger du système éducatif. 

L'ex-président centrafricain, François Bozizé, chassé du pouvoir par des rebelles en 2013, a annoncé, samedi, 25 juillet, sa candidature à l'élection de décembre 2020, devant les militants de son parti réunis en congrès à Bangui. Une très bonne nouvelle pour ces militants du parti Kwa na Kwa (KNK, le travail rien que le travail), qui semblait orphelins, il y a quelques années, du fait de la persistance de son exil involontaire en Ouganda. Son retour non souhaité et combattu par le pouvoir en place, rend à coup sûr la présidentielle indécise dans la mesure où François Bozizé, ancien président de la République, dispose d'un savoir-faire électoral que personne ne conteste.

De religion musulmane dans un pays majoritairement chrétien et animiste, les Peuls centrafricains ( Peuls-Mboro ) ne représentent que 6 % de la population. Eleveurs ou gardiens de bétail, ils sont installés dans les pâturages à l'Ouest du pays ou nomades dans la région de Bambari.

Le combat mené par la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation en Centrafrique) contre les milices rebelles est un combat juste et légitime pour la paix, la protection des droits humains et la restauration de l'Etat. 

La Centrafrique compte quelques 15.000 pygmées vivant en communautés semi-nomades en forêt ou sédentarisés hors de leur habitat traditionnel, en lisière de forêt. Sa constitution est censée, depuis 2016, les protéger au titre des " populations autochtones".

La promulgation du Code de l'enfant par le président de la République centrafricaine le 15 juin 2020  mérite d'être saluée. Ce nouveau code vient compléter très heureusement les dispositions du Code de la famille et du Code pénal.

Dans son dernier rapport remis au Conseil de Sécurité à la mi-juin, le secrétaire général des Nations-Unies se dit préoccupé par la poursuite des confrontations entre les milices et leurs conséquences, en Centrafrique.