Christine Lagarde

Le dictateur a rencontré la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, le 19 septembre, à New York, en marge de la 72e Assemblée Générale des Nations-Unies. Au regard de la grave situation de l'économie congolaise, elle aidera le Congo (c'est sa mission), mais ne pourra pas faire des miracles que lui demande son « ami » Sassou-Nguesso. Car elle-même doit rendre des comptes à sa hiérarchie. Pour que le programme de redressement (à venir) ait une chance de réussir, l'opposition demande à être associée, d'une manière ou d'une autre, dans le processus de son aboutissement. D'autre part, le FMI va conclure un programme avec le Congo. Mais de quel Congo s'agit-il ? Car il y a le Congo de Sassou-Nguesso qui a ruiné le pays et l'autre Congo constitué par l'opposition qui représente la grande majorité de la population. Sans dialogue et consensus entre ces deux Congo, ce sera un coup d'épée dans l'eau. C'est à ce niveau où Christine Lagarde est priée de ne pas faire du Strauss-Kahn, si elle ne veut pas que son nom soit traîné dans la boue par les opposants congolais demain et après-demain.

Il n'y a pas si longtemps, Sassou-Nguesso niait toute crise dans le département du Pool. Quand on lui faisait le reproche de s'occuper des lointaines crises en Libye et en Centrafrique alors que son propre pays était en train de brûler avec des réfugiés qui se comptaient en plusieurs dizaines de milliers, il bottait, simplement, en touche. Eh bien, ce même Sassou est en train d'encourager la tenue d'un dialogue (express) avec ceux qu'il qualifiait hier de simples « bandits ». Pourquoi ce virage à 180° ?

Christine Lagarde, la patronne (française) du Fonds monétaire international (FMI) est-elle en train de payer les erreurs (volontaires ?) de son prédécesseur à ce même poste, Dominique Strauss-Kahn, dans les relations entre le FMI et le Congo-Brazzaville ? Toujours est-il que pour exiger un véritable programme digne de ce nom et dénué de tout soupçon de favoritisme à l'endroit de Brazzaville, la diaspora congolaise est vent debout pour exiger des conditionnalités sans lesquelles ce futur programme ne serait pas viable. Pour se faire entendre, elle va entreprendre une série de manifestations, à Paris et à Washington, pour pousser à la signature d'un accord utile, non pas pour le (seul) clan présidentiel, mais pour (tout) le peuple congolais.

La dette publique du Congo-Brazzaville par rapport au PIB n'est pas de 77% comme l'indiquaient, de façon mensongère, les autorités de Brazzaville, mais, de 117%. C'est le FMI qui vient de le faire savoir, très officiellement, critiquant, par la même occasion, le pouvoir de Brazzaville d'avoir cherché à l'induire en erreur en lui indiquant un déficit très loin de la réalité, pour bénéficier d'un accord qui n'aurait pas correspondu à la réalité de la situation du pays.

Après le Sommet de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) du 23 décembre, à Yaoundé, pendant lequel la zone avait frôlé une dévaluation du F CFA, la patronne du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, entreprend une autre tournée, en Afrique, quelques semaines plus tard, comme pour signifier l'urgence des réformes.

Afriqueeduction.com l'avait annoncé, hier, à 12h47 : Le Sommet de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) n'allait pas déboucher sur une dévaluation du F CFA, mais sur le retour des pays de cette zone dans les fourches caudines du Fonds monétaire international (FMI). C'est fait. Paul Biya, le président camerounais, qui a convoqué ce Sommet extraordinaire, invite ses cinq homologues à vite conclure des programmes (bilatéraux) avec le FMI. Mais il y a un problème : certains chefs d'Etat (mal élus) étant sur un siège éjectable, sur le plan politique national, il leur sera très difficile de bien suivre le processus d'application de ce qu'ils auront signé avec Christine Lagarde.

La Française, Christine Lagarde, vient d'être reconduite comme directrice générale du Fonds monétaire international, ce vendredi 19 février.