Colonisation

Emmanuel Macron est prêt à remettre à l'Algérie une copie des archives de la période coloniale française (1830-1962), réclamée depuis des années par Alger. Le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, en visite, en France, l'a annoncé, jeudi, 7 décembre, à Paris, saluant une "percée" pour le dossier sensible de la "mémoire" franco-algérienne. Une seule phrase à l'endroit du président français, Emmanuel Macron : "Continuez  Monsieur le Président" !

Lors de son récent séjour, à Ouagadougou, on avait senti la volonté du jeune président de ne pas assumer (financièrement) le très lourd passé français en Afrique, pendant son dialogue avec les étudiants de l'Université Professeur Joseph Ki-Zerbo. Emmanuel Macron a du mal à se défaire de son encombrant manteau d'ancien banquier d'affaire, qui sait encaisser et a horreur de décaisser. Bien qu'il ait tenu des propos encourageants pendant la campagne, à Alger, sur le colonisation, la réalité semble l'avoir rattrapé : il est sur la même longueur d'onde que ses prédécesseurs en matière d'esclavage, de la colonisation, de la néo-colonisation, et du refus de la nécessaire réparation qui devrait aller avec. Voilà pourquoi à Ouaga, dans l'amphithéâtre financé par le Frère Guide Kadhafi (assassiné par un de ses prédécesseurs), Emmanuel Macron avait beaucoup insisté sur le fait qu'il était de la même génération que le millier d'étudiants sélectionnés pour l'écouter, et que tous, jeunes, devaient regarder de l'avant et ne pas s'occuper de ce qui s'était passé avant. Il pensait beaucoup à la question des réparations qu'il ne souhaite pas aborder. En lieu et place du chèque (ou de la série des chèques attendus), le jeune président français prône, uniquement, une "réconciliation des mémoires", rejetant "déni" et "repentance" pour la colonisation. Il l'a dit, dans un entretien à la chaîne Trace TV, dimanche, 3 décembre. Le président, Emmanuel Macron, doit savoir que son point de vue, non seulement, est inacceptable pour toute la communauté noire qui a subi ces affres de l'esclavage, de la colonisation et de la néo-colonisation, mais, ce point de vue est purement et simplement une insulte à l'endroit des Noirs d'Afrique.

La reconnaissance des crimes contre l'humanité, pendant l'esclavage, la colonisation et la néo-colonisation, est la seule et unique façon de laver à l'eau pure, les très mauvaises relations actuelles que la France entretient avec ses anciennes colonies d'Afrique. On n'a jamais voulu savoir pourquoi l'image de la France en Afrique est aussi mauvaise ? On n'explique pas le désintérêt toujours croissant des Africains à l'endroit de la France, jadis, considérée comme la « mère patrie » ? Aujourd'hui, on n'est pas mécontent en Afrique que les Chinois prennent tout, et commencent, à y enseigner leur langue (à la place du français) et à utiliser leur monnaie (le yuan) dans des transactions commerciales en lieu et place du F CFA dont les Africains veulent se débarrasser. Bref, rien ne va plus entre Paris et ses anciennes possessions d'Afrique. Pendant la campagne présidentielle, le candidat, Emmanuel Macron, avait trouvé la bonne approche pour faire revenir la France dans le cœur des Africains. A Alger, il avait évoqué la possibilité de la repentance des crimes coloniaux, avant que le ciel ne lui tombe sur la tête une fois de retour à Paris. Pourtant, c'est la voie à suivre s'il veut retrouver une (vraie) place pour la France en Afrique. Egal à lui-même, le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, l'y incite fortement.

Le débat sur la colonisation française comme crime contre l'humanité a surgi dans la campagne présidentielle française. Les Franco-Africains suivent les propos de chaque candidat avec une attention particulière. Avec comme élément de sanction, le bulletin de vote. La France ne voulant pas assumer son passé horrible, il est temps de l'y aider en votant contre les candidats à la présidentielle qui refusent de reconnaître le caractère criminel de la colonisation.