Congo-Brazzaville

Général d'armée, le seul du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso a été, platement, battu, dans le département du Pool, lui et son armée, par des va-nu-pieds qu'il qualifie, lui-même, de « bandits ». Plus d'un an, après y avoir envoyé les soldats les plus aguerris de son armée, avec un armement des plus sophistiqués, il a, lamentablement, échoué dans la traque du pasteur Ntumi et a, au contraire, endeuillé les familles de soldats dont beaucoup sont morts pour cette cause injustifiable. Dans son discours du 14 août, soir, prononcé avant le 20 heures de Télé Congo, il s'est borné à demander à Ntumi de se rendre afin d'être jugé pour ses actes. Un lamentable aveu d'échec venant d'un général 5 étoiles alors que Ntumi n'a que sa bible dans la main et la prière (la parole) comme arme. Lassées par une telle incompétence sans nom, les femmes proches du dictateur montent, aujourd'hui, au créneau pour lui demander de mettre fin à cette situation horrible.

Le dictateur a reconduit Clément Mouamba comme nous l'avions annoncé, juste après sa démission. Pour le bien du Congo, il n'a pas changé son nom juste pour déjuger son groupe de presse préféré (Afrique Education) dont il ne rate aucune lecture sur le Congo. Clément Mouamba a formé un gouvernement de 35 membres, mardi, 22 août. Dans la douleur car il y a de nombreux partants qui voulaient rester. Sassou, lui, a l'esprit ailleurs : son fils, Denis Christel, est aux prises, en région parisienne, avec les juges du Parquet financier.

Le dictateur a porté, samedi, 19 août, à la tête de la très monocolore Assemblée nationale, un fidèle parmi les fidèles, Isidore Mvouba. Elu du département du Pool où il conteste la popularité aux deux rejetons de Bernard Kolelas, celui qu'on appelle « Le Chinois » fait partie des dirigeants qui aident à la consolidation de la dictature de Sassou-Nguesso, depuis des lustres, sans toutefois, être très controversé comme peuvent l'être les membres du clan présidentiel. A l'heure de la négociation d'un programme avec le Fonds monétaire international, Isidore Mvouba sera sollicité chaque fois (et cela risque d'être trop souvent le cas) qu'il faudra aller au front pour éteindre les incendies. Il sera, avant tout, un homme de missions.

Le dictateur devrait former son nouveau gouvernement (pile ou face) dont l'ambition est de mener à bien les difficiles réformes économiques que va édicter le Fonds monétaire international (FMI). Ce gouvernement est annoncé, dans les tout prochains jours, tandis que le programme avec le FMI doit démarrer courant octobre, ou avant la fin de l'année, si les négociations sont, particulièrement, difficiles comme on peut le prévoir. Sauf à vouloir démentir (inutilement) afriqueeducation.com, Clément Mouamba, ayant l'avantage de bien connaître l'ampleur du désastre, est bien parti pour se succéder à lui-même.

Le Congo-Brazzaville fête, ce mardi, 15 août, le 57e anniversaire de son indépendance, à Brazzaville. Un défilé sobre, sans excès, à l'image des caisses publiques de l'Etat. Pour la première fois, depuis de très très longues années, le défilé a eu lieu sans la présence d'au moins, un chef d'Etat étranger. Aux côtés du couple présidentiel, il n'y avait que le président du sénat, le président de l'Assemblée nationale et le premier ministre chef du gouvernement. C'est vraiment la preuve que le Congo-Brazzaville est en « faillite ».

Ami politique d'André Okombi Salissa, candidat à l'élection présidentielle de mars 2016, Jacques Banangazala aurait été ministre si Okombi avait été élu président de la République. Sassou-Nguesso qui s'est déclaré gagnant de cette élection avec seulement 8% des voix, avait très mal pris qu'Okombi se présente contre lui, après avoir été 15 ans sous ses ordres comme son ministre. Résultat, Okombi a été jeté en prison, mais aussi, les principaux responsables de son équipe de campagne dont Jacques Banangazala qui la dirigeait dans le département de la Cuvette-Ouest dont il est originaire. Emprisonné dans une cellule infestée de cafards et de rats, il ne manque que des serpents pour lui régler son compte, sauf, si sa pneumonie qu'il a chopée en cellule (avec un risque de contamination d'autres prisonniers) ne l'emporte avant. Informé de la situation, Sassou n'aurait rien voulu savoir. Les amis de Jacques Banangazala ont peur qu'il ne finisse comme un certain Marcel Ntsourou, ancien colonel de son état, tué par le dictateur, après qu'il lui eut rendu beaucoup de bons et de loyaux services, parfois, contre ses propres parents.

La dette publique du Congo-Brazzaville par rapport au PIB n'est pas de 77% comme l'indiquaient, de façon mensongère, les autorités de Brazzaville, mais, de 117%. C'est le FMI qui vient de le faire savoir, très officiellement, critiquant, par la même occasion, le pouvoir de Brazzaville d'avoir cherché à l'induire en erreur en lui indiquant un déficit très loin de la réalité, pour bénéficier d'un accord qui n'aurait pas correspondu à la réalité de la situation du pays.

Alors que le taux d'endettement du pays par rapport au PIB (richesse nationale) doit être de 70%, au maximum, dans les pays membres de la CEMAC, celui du Congo-Brazzaville annoncé par les autorités de Brazzaville, s'élevait à 77%, au moment du Sommet du 23 décembre 2016, à Yaoundé, entre les chefs d'Etat des pays membres de la BEAC, le ministre français de l'Economie de l'époque, Michel Sapin, et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Mais, ce qu'on ignorait, en ce moment, c'est que ce chiffre de 77% était faux. En effet, en pleine négociation pour l'octroi de nouveaux financements internationaux, le FMI découvre que le Congo-Brazzaville n'est pas endetté de (seulement) 77% de son PIB, mais, de 120%, ce qui le met, résolument, en situation de faillite.

Le président, Denis Sassou-Nguesso, a-t-il encore besoin de bomber le torse ? Si oui, contre qui ? Aucun Congolais n'est (réellement) fait à sa pointure. Telle le vent du désert, sa furie a tout balayé sur son passage. Ceux des opposants qui ont essayé de le contrarier, ont, sans ménagement, été jetés en prison. Devant le silence et l'indifférence des Congolais, ils peuvent y moisir à moins de bénéficier de la magnanimité du dictateur. Après le vote d'une nouvelle constitution, en octobre 2015, la victoire plus que contestée à l'élection présidentielle de mars 2016, voilà le « raz-de-marée » aux législatives de juillet 2017. C'est du grand art qui mérite d'être enseigné dans les universités : comment être dirigeant impopulaire et tenir tête à tout le monde. Une sacrée performance digne du leader nord-coréen Kim Jung-un qui n'est pas à la portée du premier venu.

Le dictateur parvient toujours à ses fins. Après avoir modifié la constitution en octobre 2015, comme il le souhaitait, il a obtenu son élection, lors de la présidentielle de mars 2016, dès le premier tour, en proclamant les résultats à 2 heures du matin, après avoir pris le soin de mettre 5.000 militaires dans Brazzaville, dans tous les coins de rue. Le 16 juillet 2017, le hold up de la présidentielle a été consacré par une victoire à la soviétique qui s'annonce aux législatives. Il a tout, Sassou-Nguesso, sauf, la paix intérieure, sauf la paix tout court car le Pool brûle !
Mais, il faut dire la vérité à l'opposition congolaise : chaque pays a les dirigeants qu'il mérite. Les Congolais, contrairement, aux Burkinabé, attendent la libération de leur pays par (François Hollande hier) et par Emmanuel Macron aujourd'hui. D'autre part, c'est le pays où chaque opposant croit être le meilleur pour devenir président de la République. Cherchez la raison de la longévité de Sassou : elle est là. Ce dernier ne le sait que trop bien au point qu'il n'existe pas un seul dirigeant français digne de ce nom, qui ne fasse pas ami ami avec lui. Il a tout le monde dans sa main. Dès lors, que faire, que dire, sinon, de pester loin du Congo, comme cet opposant dont nous publions le texte.

Seul et unique chef d'Etat africain, à avoir présidé aux destinées de son pays (pendant sept ans), qui a quitté le pouvoir, en mai 2006, et y est revenu, en mai 2016, après avoir gagné, très démocratiquement, le scrutin, qui fut, d'ailleurs, âprement, disputé, Azali Assoumani fait la Une du numéro double 454-455 d'Afrique Education de juillet-août 2017. Sur quatre pages, il décrit l'oeuvre entreprise depuis un an dans la simplicité langagière qui l'a, toujours, caractérisé. Le magazine projette, aussi, ses phares sur la très multicolore Assemblée nationale française voulue par le jeune président, Emmanuel Macron, au sein de laquelle l'Afrique est, plutôt, très bien représentée. Congo-Brazzaville, Pays de la CEDEAO en crise, Zone Franc et ses interrogations sur son éventuelle dévaluation ou sa survie comme monnaie (africaine), etc., le lecteur a de quoi lire.

Sur instruction du dictateur, le premier ministre, Clément Mouamba, a saisi le Coordonnateur humanitaire du Système des Nations-Unies, représentant résident du PNUD, à Brazzaville, pour un « Appel à l'aide humanitaire d'urgence en faveur des populations déplacées du département du Pool ». Montant sollicité : 21 millions de dollars (environ 20 milliards de F CFA). Mieux vaut tard que jamais car la situation dans le Pool est de l'ordre de l'urgence signalée.

Le dictateur a envoyé, en catastrophe, son ministre des Affaires étrangères, Jean Claude Gakosso, à Cotonou, pour porter un message de sympathie et de prompt rétablissement au chef de l'Etat, Patrice Talon, après ses deux opérations subies à Paris. Le président congolais n'a agi ni au hasard, ni par simple humanisme. Il sait d'où il vient. Surtout, il sait où il va.

Le général, Joao Lourenço, l'actuel ministre angolais de la Défense et futur président de la République en lieu et place de Ingénieur, José Eduardo dos Santos, vient de passer un (très) bref séjour, à Brazzaville. Ni vu ni connu. Ce séjour préparé en haut lieu par les deux chefs d'Etat qui entretiennent de très bonnes relations, a été passé sous silence, dans les médias, à la demande du dictateur. Joao Lourenço qui devrait accéder au pouvoir avant la fin de cette année, s'est fait adouber par son aîné du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, qui ambitionne d'étendre ses tentacules jusqu'à Luanda.

Le dictateur fait le dos rond depuis que le Qatar est cité comme Etat finançant directement le terrorisme international. Alors que plusieurs pays africains dont l'Egypte, la Mauritanie et les Comores ont rompu sans tarder leurs relations diplomatiques avec l'émirat gazier, mais aussi, le Gabon, le Tchad, le Sénégal et Djibouti, qui les ont suspendues, parfois, en rappelant leur ambassadeur pour consultations, Denis Sassou-Nguesso, lui, est resté de marbre. Son indifférence rappelle son implication supposée dans le crash du DC10 d'UTA pour lequel certains Congolais le rendent responsable.

La situation au Congo-Brazzaville se dégrade dangereusement. Dans sa course contre la montre, Denis Sassou-Nguesso a programmé la tenue des élections législatives en juillet prochain. Une véritable blague quand on observe la tension qui gagne le pays. Et si les combats dans Brazzaville rendaient la tenue des élections impossible ? Cette information donnée par afriqueeducation.com, il y a quelques jours, est en train de se confirmer.

Le dictateur est, sérieusement, gêné aux entournures. Rien ne marche plus pour lui en ce moment : dans le Pool où il a pensé envoyer, fin avril, une expédition punitive pour en finir avec le pasteur Ntoumi, c'est un véritable désastre pour ses soldats et miliciens : 200 tués rien que le 1er mai. Parfois du fait de sa propre aviation. A Paris, Okemba Jean Dominique qu'il a envoyé pour rencontrer le candidat, Emmanuel Macron (futur chef de l'Etat français), a trouvé portes closes. Seule bouffée d'air frais pour le dictateur : le retour, à Brazzaville, d'Antoinette après un séjour médical réussi à Paris. Cela suffira-t-il à lui remonter le moral alors que Brazzaville commence à être sous la menace des Ntoumi Boys ?

Denis Sassou-Nguesso est (très) silencieux ces derniers temps. Totalement muet. Il sait pourquoi. Ses dernières cartes jetées dans la bataille du Pool où il essaie d'en finir avec les FALC (Forces d'autodéfense pour la libération du Congo) tournent à un véritable massacre de ses propres troupes : sans exagérer, on compte, déjà, près de 200 soldats tués non seulement par les combattants de Ntoumi, mais aussi, par les hélicoptères du dictateur qui ont bombardé, par erreur, hier, les soldats venus de Brazzaville, provoquant un bain de sang. L'état-major, comme d'habitude, ne fera aucune déclaration.

Denis Sassou-Nguesso a fait ses comptes : il ne se retrouve pas dans cette élection présidentielle française dont le deuxième tour se tiendra le 7 mai prochain. Son candidat rêvé, François Fillon, a été balayé au premier tour. Mais comme il sait très bien être entreprenant quand il le faut, il cherche à se positionner. Maintenant qu'il est encore temps. Le chargé de cette mission n'est autre que l'incontournable, Jean Dominique Okemba, qui vient d'atterrir, à Paris, ce samedi matin à ce sujet. Objectif : rencontrer Emmanuel Macron pour lui parler "bien".

Ce n'est pas, seulement, 18 soldats que le dictateur a perdus dans les combats, mardi, 18 avril. Selon un dernier décompte reconnu par la force publique, ce sont, pas moins de, 90 soldats du régime que les FALC (Forces d'autodéfense pour la libération du Congo) du pasteur Ntumi ont mis hors d'état de nuire, malgré une présence massive d'hélicoptères et d'avions de combat, pour les appuyer au sol. On peut d'ores et déjà dire que Sassou a perdu la guerre du Pool contre Ntumi. Prochain objectif : Le Palais de Mpila de Brazzaville ?