Congo-Brazzaville

Alors que le « Congo-Brazzaville est un pays en crise » comme l'a souligné, l'ancien candidat à la présidentielle, André Okombi Salissa, dans le numéro 447 d'Afrique Education (actuellement chez les marchands de journaux), le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, préfère s'occuper des crises des pays voisins. Il en est, par exemple, de celles du Centrafrique et de la République démocratique du Congo. Alors que chez lui, au Congo-Brazzaville, un département, le Pool, est en feu et ce, depuis plusieurs mois.

André Okombi Salissa fait la couverture du numéro 447 d'Afrique Education sous le titre : « Le Congo-Brazzaville est en crise ». Dans cette interview exclusive, il dresse l'état de la situation politique au Congo et annonce la couleur des actions politiques à venir. Une interview à lire absolument car elle redonne espoir.

Réuni, le 8 novembre, à Addis Abeba, en Ethiopie, les chefs d'Etat présents ont désigné le président congolais, Denis Sassou N'Guesso, président du Comité de Haut niveau de l'Union africaine (UA), chargé de réconcilier et pacifier la Libye de feu le colonel Kadhafi. Après avoir évincé le leader libyen de la manière dont tout le monde sait, l'Occident est en panne de solution, ayant été incapable, depuis 2011, de faire un service après vente (démocratique) minimum, raison officielle de l'assassinat du colonel.

C'est la première avancée (démocratique) à mettre à l'actif de Clément Mouamba, premier ministre chef du gouvernement. L'opposition dispose, déjà, d'un cadre juridique légal dans lequel elle peut s'organiser et travailler. Pendant ce temps, il est de plus en plus question de remaniement, Denis Sassou Nguesso appréciant peu la paresse et l'inefficacité de certains de ses ministres

Elle est née à peine, il y a cinq ans. Confiée à une parente du patron du régime en place, la compagnie ECAIR (Equatorial Congo Airlines) a bénéficié de tous les avantages et de toutes les sollicitudes. Le soutien du pouvoir a même fait à ce qu'elle bénéficie d'un crédit de la sous-région, à travers la BDEAC (Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale), un avantage dont n'ont jamais bénéficié les autres compagnies de la sous-région, dont le mauvais fonctionnement n'a rien à envier à la gestion familiale d'ECAIR. Malheureusement (ou heureusement car c'est selon), ces coups de pouce n'ont pas suffi à faire décoller ECAIR.

Le FPDD, l'Association de développement démocratique et des droits de l'homme, s'insurge contre la manipulation du pouvoir de Brazzaville. Pour cette organisation, c'est Sassou-Nguesso qui tue dans le Pool et fait croire que c'est N'Tumi qui extermine ses propres parents. Cette mise au point vise à lever les doutes et à restituer la vérité.

Pour ne vexer personne, on ne citera aucun nom. Ainsi, l'honneur (l'ego) de chacun restera sauf. Mais quelle peine d'être Congolais. Une véritable malédiction frappe-t-elle ce peuple ? Parce qu'ils portent de beaux costumes, les opposants congolais se croient, tous, aptes pour succéder à Denis Sassou-Nguesso. Ce dernier ne le sait que trop bien et les prend, volontiers, quand il veut, à leur propre jeu. Résultat : il quittera le pouvoir quand il (ou Dieu) le voudra.

Plus de 50 morts à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC). A cause du processus électoral conflictuel qui oppose le pouvoir de Joseph Kabila à l'opposition dont le major s'appelle Etienne Tshisekedi. On ne doit pas se poser la question de savoir pourquoi on en est arrivé à une telle situation. Les RDCongolais doivent se mordre plutôt la langue et se demander : par quelle bêtise se sont-ils retrouvés devant Sassou-Nguesso comme facilitateur (?) alors qu'il est le premier ennemi de l'alternance politique en Afrique centrale ? A partir de cette question, ils pourront gérer avec moins de confusion, la suite du processus.

Sassou-Nguesso est tiraillé entre sa volonté d'aller, absolument, à New York, assister à la 71e Assemblée nationale des Nations-Unies, et le refus de ses services de sécurité, qui lui annoncent l'imminence d'un coup d'état militaire s'il quittait le pays. La décision de l'homme des masses n'est pas facile à prendre.

A quand la fin de l'instinct bestial et destructeur du dictateur Sassou-Nguesso ? Plus il prend de l'âge, plus il redouble de méchanceté. Alors qu'il ne fait qu'accumuler les années de pouvoir (33 ans exactement), la sagesse, au même moment, est la chose qui lui ferait le plus grand bien. On dirait qu'il n'est pas à l'aise quand il ne voit pas le sang couler. Son souffre-douleur, depuis quelque temps, est sans conteste, le pasteur Ntoumi, qu'il veut mort ou vif.

Cette fois, Sassou-Nguesso avait bien préparé son coup pour mettre la main sur le pasteur Ntoumi, mort ou vif. Non seulement, il a mis les mercenaires de Miskine dans l'opération, mais, pour la première fois, il a fait aussi appel aux experts israéliens. Malheureusement pour lui, Ntoumi, une fois de plus, est demeuré invisible et introuvable.

Sassou-Nguesso a lu et relu le rapport sur les droits de l'homme au Congo que vient de produire Me Maurice Massengo-Tiassé où il est accusé de pires exactions qui intéressent au plus haut point, la communauté internationale. Publié dans le dernier numéro d'Afrique Education, actuellement, chez les marchands de journaux, ce rapport, qui est, déjà, à la Cour pénale internationale (CPI), sera examiné, mardi, 13 septembre, à Genève, par la Commission des droits de l'homme des Nations-Unies. Depuis qu'il a appris son existence, le dictateur a perdu le sommeil et ne sait par quel bout y répondre. La décision inattendue de rouvrir la radioTV Forum des droits de l'homme, après une fermeture arbitraire de 11 mois, montre qu'il ne sait pas à quelle sauce il va être mangé.

Le tribunal de Brazzaville a rejeté, jeudi, 18 août, la demande de mise en liberté provisoire du général, Jean-Marie Michel Mokoko, candidat malheureux à la présidentielle du 20 mars, inculpé et détenu, depuis mi-juin, pour "atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat".

Les amis de Guy Brice Parfait Kolelas nous écrivent pour remettre les pendules à l'heure. Leur leader n'a jamais été celui qui est, actuellement, dépeint, dans les réseaux sociaux. Il n'a guère changé de voie et reste bien ancré dans l'opposition. Votre site quotidien, www.afriqueeducation.com, en prend acte.

Denis Sassou Nguesso est à Madingou, un terrain où il n'est pas le bienvenu, pour passer la fête de l'indépendance. Il le sait. Mais n'y peut rien. Il n'est plus maître de son destin, 92% de Congolais considérant qu'il n'est pas leur président de la République.

Ce n'est un secret pour personne que l'IDC-FROCAD a été, totalement, sabordé par le dictateur, qui y a introduit des « sous-marins », les uns plus invisibles que les autres. Toutefois, l'opposition garde le cap, malgré ces trahisons. Sans jeu de mots, le dictateur est, presque, par terre : il est incapable de payer les dettes du Congo, ne paie plus les salaires des fonctionnaires depuis deux à trois mois, et fait face à des forces de défense et de sécurité de plus en plus divisées. L'opposition saura-t-elle en tirer profit en évitant les erreurs passées ? C'est le souhait de certains Congolais de la diaspora.

Pour les militants de l'UPC (Unis pour le Congo), le parti dont Paulin Makaya est le président, la justice congolaise démontre, par son verdict, de ce jour, sa capacité de nuisance dans le pays. Mais, il y a aussi, et surtout, que le dictateur veut avoir quelques cartes (de négociation) en main, avant le fameux dialogue en préparation.

C'est comme si le dictateur était atteint d'une maladie contagieuse. Personne n'en veut à Kinshasa où il a offert ses bons offices.

Plus de vingt années de litige, et ce n'est pas fini : la justice française a validé, jeudi, 30 juin, la saisie d'avoirs, en France, du Congo, un rebondissement, de plus, dans le conflit qui oppose Brazzaville à un homme d'affaires libanais, Mohsen Hojeij.

Ils sont les seuls à crier au scandale que tous les autres partis politiques français observent sans dire mot, alors que si le dixième des événements qui se déroulent, au Congo-Brazzaville, se passaient ailleurs, il y aurait un tollé général dans les médias et dans les états majors des partis politiques. François Hollande et Jean-Marc Ayrault doivent vraiment être très mal à l'aise d'être, ainsi, rattrapés par la realpolitik au point d'oublier les valeurs du socialisme qu'ils portent en eux depuis des décennies. Le dictateur les a-t-il, définitivement, domptés, comme le pensent les Congolais ?