Cyril Ramaphosa

« Qui crache en l'air retombe sur son visage », disent les saintes écritures. Le futur ancien président sud-africain, Jacob Zuma, aura été la honte, non seulement, de l'Afrique du Sud, le pays de Nelson Mandela, mais aussi, de toute l'Afrique, au regard de ce que ce grand pays représente pour les Africains. Quand il a succédé à Thabo Mbeki dont le comportement comme homme politique et d'Etat fut, en somme, respectable, il s'est mis à se comporter comme ces présidents (francophones) d'Afrique dont la plupart ont fait de leurs pays des républiques bananières. Sans jeu de mots, Zuma est passible de détournements de fonds massifs directs et indirects, de corruption à grande échelle, de favoritisme haut de gamme, de volonté démesurée de s'enrichir lui-même ainsi que sa famille dans un pays où la justice est indépendante, de tentative d'assujettissement de cette justice aux ordres du pouvoir, etc. Bref, Zuma aura été, tout au long de son mandat, un très (très) mauvais choix pour l'ANC, ce grand et sympathique parti politique. Mais, comme chaque chose a une fin, voilà arrivée la fin de partie pour ce grand corrompu dont la vraie place est dans la cellule d'une Prison VIP de Pretoria ou de Johannesburg. Les Sud-Africains en décideront. Pour le moment, place à Cyril Ramaphosa.

Il n'y avait pas une autre façon de recoller les morceaux au sein de l'ANC que Jacob Zuma laisse en lambeaux à cause de son goût pour la corruption et l'affairisme. Vainqueur du scrutin qui fait de lui le nouveau président de l'ANC, et futur président de l'Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, aura du pain sur la planche. Les huit ans de Zuma passés à la tête de l'ANC en ont fait un parti quelconque, que les autres partis, plus petits, défient, aujourd'hui, sans crainte, avec, parfois, des victoires qui laissent pantois. Maintenant que sa page dans le parti se tourne, Jacob Zuma est quelqu'un à très vite oublier, ce qui ne fait que montrer l'ampleur de la tâche qui attend son successeur.

Le pouvoir pour le pouvoir. On y est en Afrique du Sud avec les Zuma. En 2012, l'ex-épouse de l'actuel chef de l'Etat sud-africain, Nkosazana Dlamini-Zuma, avait remué ciel et terre, pour se faire élire présidente de la Commission de l'Union africaine (UA). Le Gabonais, Jean Ping, qui voulait un deuxième et dernier mandat à la tête de l'organisation continentale, en avait fait les frais. Jacob Zuma et son ex-épouse avaient activé leurs réseaux (jusqu'en Afrique centrale dont le candidat était Ping) pour obtenir des suffrages, qui ont, finalement, permis à Nkosazana de se faire élire. Au très grand mécontentement du Gabonais et de ses soutiens en Afrique francophone. L'ex-épouse de Zuma y avait fait un premier mandat, qu'elle avait terminé avec grande peine. Et pour cause, l'UA ne l'intéressait plus. C'est la succession de son ex-époux, comme président de l'Afrique du Sud, qui faisait, désormais, partie de ses plans. Jacob Zuma dont Cyril Ramaphosa était le candidat naturel à la succession en tant que son vice-président, a compté pour du beurre dans cette stratégie de pouvoir du clan Zuma. Mais surprise, c'est Ramaphosa qui, contre toute attente, fait la course en tête et risque d'être, dans quelques jours, le président de l'ANC, c'est-à-dire, le futur successeur de Jacob Zuma, à la tête de l'Afrique du Sud. Qui a dit que Dieu n'est pas juste ?

Jamais la rupture n'aura semblé aussi proche. A deux mois de son verdict, le duel pour la succession du président sud-africain, Jacob Zuma, n'en finit plus de déchirer le Congrès national africain (ANC), au point d'avoir fait émerger un "troisième homme". Un troisième prétendant se propose aux militants du parti, c'est leur trésorier, Zweli Mkhize, qui dit proposer sa candidature pour éviter l'éclatement de l'ANC.

Le président sud-africain, Jacob Zuma, est persona non grata au Congrès, cette semaine, du Parti communiste, un des alliés de la coalition gouvernementale, a indiqué, ce mardi, 11 juillet, la direction de cette formation politique, témoignant de l'effritement du soutien au chef de l'Etat embourbé dans une litanie de scandales.

Plusieurs chefs de l'opposition et des militants de la société civile sud-africaines ont annoncé, ce jeudi, 20 avril, leur rassemblement au sein du "Mouvement de la Liberté", une nouvelle organisation qui appelle à des manifestations contre le président Jacob Zuma. Jusqu'à sa démission. Le mouvement compte des appuis cachés dont les plus illustres sont le vice-président, Cyril Ramaphosa et l'ancien président, Thabo Mbeki. Tous en ont marre de Zuma.