Destitution

Donald Trump a commis un abus de pouvoir pour son profit politique personnel et doit être destitué car "le bien et la vérité comptent", a assuré, jeudi, 23 janvier, l'accusation, au troisième jour du procès historique du président américain devant le Sénat. Pour les démocrates, en effet, Trump est un faussaire qui n'a plus le droit de diriger une grande nation comme l'Amérique. Après avoir usé du faux pour battre Hillary Clinton, il compte utiliser les mêmes méthodes pour s'octroyer un deuxième mandat. Trop c'est trop, rétorquent les démocrates, qui sont prêts à tout pour le renvoyer de la Maison Blanche.

C'est comme si Donald Trump sentait le vent tourner. Sa destitution n'est plus une hypothèse d'école et une fois la procédure lancée (même si elle n'aboutissait pas vite) pourrait, sérieusement, hypothéquer ses chances de réélection. Qui ne sont plus intactes. Alors, il va au clash. Et pour la première fois, « Joe l'endormi » comme il l'avait qualifié il y a quelques semaines, donne de la voix, pour lui répondre. Doucement et sûrement, les Américains, à commencer par les républicains qui aiment vraiment leur pays, vont, progressivement, se rendre compte que le président qu'ils adorent et qu'ils ont élu, n'est en fait qu'un anti-national, un homme d'affaire qui est capable de pactiser avec le diable, l'ennemi, pour faire passer ses propres intérêts. Et non ceux de l'Amérique ! Avec l'histoire de l'Ukraine, on est dans une sorte de répétition, qui explique la victoire surprise de Trump en 2016. Personne n'y croyait. Sauf ses amis et alliés russes. Et lui-même Trump. Une insulte à la démocratie américaine. Une souillure à la fierté de cette superpuissance mondiale.

Les paris sont ouverts en Afrique du Sud, entre ceux qui pensent que Jacob Zuma terminera son mandat de président de la République, en 2019, et ceux qui croient à sa destitution. Pour cette deuxième catégorie de parieurs, la justice vient d'ouvrir une brèche en annonçant la réouverture d'un dossier compromettant, qui pourrait déboucher sur une procédure de destitution.

Ca ne badine plus dans les pays émergents. Pour parvenir au stade de pays industrialisés, comme ceux du G 7 (Etats-Unis, Allemagne, Japon, France, Grande Bretagne, Italie et Canada), ils doivent effectuer de profondes réformes de gouvernance, et passer à la case « sacrifices », quand c'est nécessaire. Hier, c'était la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, qui a payé son laxisme, dans les affaires pétrolières, par une destitution devenue mémorable. Aujourd'hui, c'est à la présidente sud-coréenne, Park Geun-hye de payer ses faiblesses à l'endroit d'une amie, en quittant, tout simplement, son poste.