Dialogue

D’abord, sa candidature était anticonstitutionnelle ; ensuite, 8% fut le taux de participation à cette fausse élection au cours de laquelle il ne se priva même pas de tricher et de bourrer les urnes. Quelques jours plus tard, comme s’il fallait afficher plus de cruauté et d’arbitraire, il fit encercler les domiciles de certains opposants, fit enlever d’autres pour les faire torturer dans des lieux secrets avant de se faire proclamer vainqueur par un Conseil constitutionnel godillot. Et c’est cet homme allergique au respect de la loi qui ose appeler au dialogue ! Et c’est avec ce sosie d’Arnaud du Tilh qui fit croire pendant 8 ans qu’il était Martin Guerre tenu pour mort (cf. Pierre Lunel, ‘Les plus grands escrocs de l’Histoire’, Editions First, 2015) que les adeptes d’un certain ordre constitutionnel voudraient que nous discutions ! Mais ces derniers, où étaient-ils quand Ouattara violait la Constitution ivoirienne et reniait sa promesse de ne pas briguer un troisième mandat ? Que lui dirent-ils à ce moment-là ?

 

Les évêques catholiques de Côte d’Ivoire ont fait une déclaration après leur 105e Assemblée plénière tenue, à Katiola, du 16 au 22 janvier 2017. Qu’ils soient remerciés d’avoir rappelé que “certains de nos compatriotes [environ 300 pro-Gbagbo] sont, encore, injustement, détenus en prison” et que, sans l’élargissement de ces prisonniers politiques, la paix et la réconciliation dans notre pays ne seront que comédie et escroquerie morale.

Le dictateur ne passe plus la nuit hors du Congo-Brazzaville. Cela veut tout dire. Il sait qu'il ne fait plus l'unanimité dans son camp politique et dans son armée. Mais, grâce à ses réseaux, il plie sans rompre.

C'est une grande première au Congo car il n'y a pas si longtemps, le camp présidentiel bottait en touche quand on lui évoquait le mot « Dialogue » qu'il souhaitait, par ailleurs, enlever du vocabulaire politique national. Aujourd'hui, beaucoup d'eau a coulé sous le pont. Au PCT et au gouvernement, on reconnaît, en privé, que le dictateur n'est plus que l'ombre de lui-même. Et qu'il vaut mieux, vite, s'asseoir et parler. En frères sœurs.

Le bateau « Sénégal » conduit par le capitaine, Macky Sall, est en train de, fortement, tanguer. Risque-t-il de chavirer ? On espère que Non ! Pour éviter une catastrophe, le capitaine du bateau veut initier un Dialogue pour établir un programme consensuel avec tous les partis y compris de l'opposition. Pourquoi un tel programme quatre ans après l'arrivée au pouvoir de Macky Sall ? Ca questionne. Ca débat. Ca critique. Heureusement dans la paix.

Est-il vrai que le Gabon s'achemine, dans quelques mois, vers une présidentielle que d'aucuns considéraient, hier, comme étant de tous les dangers pour le titulaire du poste ? Aujourd'hui, il n'en est rien et ce serait même bénéfique pour le pouvoir actuel d'organiser une présidentielle anticipée.

Au moins, cinq personnes ont été tuées et neuf blessées, entre hier et aujourd'hui, 2 décembre, soir, au cours de violences distinctes, à Bujumbura, et dans sa province. Seule solution pour sortir de cette impasse, organiser un dialogue et une nouvelle présidentielle à laquelle Pierre Nkurunziza ne serait plus candidat.

Pierre Nkurunziza pensait qu'en se faisant réélire pour un troisième mandat controversé, il avait fait l'essentiel. Erreur ! C'est maintenant que ses ennuis commencent. A moins qu'il arrête tout, qu'il reconnaisse s'être trompé, et qu'il quitte le pouvoir. En est-il capable ?

Face à des tueries qui continuent de plus belle à Bujumbura, l'Union européenne élève le ton. Le problème est que Nkurunziza s'en moque éperdument. Il se dit "illuminé".

Joseph Kabila a décidé de convoquer un dialogue avec l'opposition. Opposant historique, Etienne Tshisekedi est prêt à rentrer au pays si un médiateur consensuel est désigné pour diriger les pourparlers. Kabila est-il en train de sauver son pays d'inévitables troubles ?