Ellen Johnson Sirleaf

La légende du football, George Weah, est, officiellement, devenue président du Liberia, ce lundi, 22 janvier, en prêtant serment devant des dizaines de milliers de partisans en liesse et de chefs d'Etat africains. C'est la première passation de pouvoirs entre deux présidents élus dans ce pays depuis 1944. George Weah se donne comme priorité la lutte contre la corruption.

La présidente, pour huit jours encore, du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, a été exclue de son parti, le Parti de l'Unité, pour avoir soutenu l'adversaire de son vice-président, pour sa succession. Joseph Boakai explique son échec par le lâchage de la présidente. Cela dit, il faut reconnaître que cette dernière a de la suite dans les idées. En effet, il y a dix ans, le véritable vainqueur de l'élection présidentielle était George Weah. Mais, grâce à une série de manipulations dont George Weah ne fit nullement cas, la candidate de la communauté internationale (Sirleaf venait du PNUD) fut déclarée élue et Weah, qui venait du milieu du football et était accusé d'être un amateur en politique, avait accepté d'entrer au sénat où il s'est forgé une étoffe d'homme d'Etat. Au terme de son deuxième et dernier mandat, Ellen Johnson Sirleaf s'est, tout simplement, rappelé que la logique voudrait qu'elle renvoie le pouvoir à celui qui l'aurait pu le détenir, il y a dix ans. Une attitude que le parti de l'Unité n'a pas accepté, d'où son exclusion à huit jours de la passation des pouvoirs à son successeur. Il s'agirait beaucoup plus d'une attitude de colère et d'aigreur de Boakai et ses amis qu'autre chose.

Tir groupé de plusieurs partis politiques contre George Weah qui, il n'y a pas longtemps (et le score du premier tour l'a montré), était à deux doigts de gagner la présidentielle. Après avoir obtenu le report du deuxième tour, le candidat arrivé troisième à cette élection et d'autres dont le vice-président sortant et candidat au second tour, Joseph Boakai, cherchent, maintenant, à coaliser leurs forces pour barrer la voie à l'ancien international de football que soutiendrait, discrètement, la présidente sortante, Ellen Johnson Sirleaf.

Vingt candidats se sont lancés, lundi, 31 juillet, dans le marathon électoral en vue de la succession de la présidente, Ellen Johnson Sirleaf, qui a accepté de quitter son poste, au terme de deux mandats successifs, sans modifier la constitution pour s'accrocher au pouvoir. Parmi les incontournables de cette présidentielle, l'ancien Ballon d'Or et actuel sénateur, George Oppong Weah, mais aussi, l'ancien chef de guerre, Prince Johnson, et l'ancien mannequin, MacDella Cooper.

Les chefs d'Etat membres de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) ont entrepris un bras de fer avec leur homologue de Gambie, Yahya Jammeh, battu, logiquement, à l'élection présidentielle de décembre dernier. Alors que, malgré sa défaite, il a décidé de rester en place tant que la Cour suprême qu'il a saisie ne confirme pas la victoire d'Adama Barrow, la CEDEAO, elle, annonce l'investiture de ce dernier, le 19 janvier. Et par mesure de sécurité, la présidente en exercice de la CEDEAO, Ellen Johnson Sirleaf, a annoncé que Barrow résidera, désormais, à Dakar, jusqu'à son investiture, sous la bienveillante protection du Sénégalais, Macky Sall.

Les dirigeants ouest-africains dépêchés à Banjul pour tenter de convaincre Yahya Jammeh de reconnaître sa défaite à l'élection présidentielle et céder le pouvoir ne sont pas, encore, parvenus à un accord en ce sens. Au mieux, Jammeh souhaiterait un partage du pouvoir. Et rien n'indique qu'il va partir comme le lui demande la CEDEAO.