Erdogan

On savait, depuis plusieurs mois, que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, ne pouvait passer un weekend, avec son homologue français, Emmanuel Macron. Tant les relations entre les deux chefs d'Etat sont exécrables, et le mot est faible. Mais, on ignorait à quel point les deux se haïssaient cordialement. Un nouveau point de cette escalade haineuse vient d'être franchie. Ce vendredi, 14 août, en effet, le gouvernement turc a accusé la France de se comporter « comme un caïd », et d'accentuer les tensions en Méditerranée orientale, après le renforcement de la présence militaire française dans cette zone où Ankara et Athènes s’opposent, mais où Ankara vient de découvrir un important gisement de gaz qui devrait faire de la Turquie un futur pays exportateur de gaz, comme la Russie. La France soutient la Grèce dans ce conflit qui l'oppose à la Turquie, mais, en Afrique, ils se font face.
Ce jeudi, 10 septembre, en Corse, où il préside un Sommet des pays du Sud de la Méditerranée, le président français, très amer, a réaffirmé que « la Turquie n'est plus un partenaire » et demandé de « la clarté et la fermeté de l'Europe envers le président Erdogan », qui, visiblement, menace les intérêts de la France en Méditerranée orientale.

Le président, Recep Tayyip Erdogan, va intervenir, militairement, en Libye, où son armée, après un vote au parlement, ira soutenir le gouvernement légal de Tripoli, face à l'homme fort de l'Est libyen, le maréchal, Khalifa Haftar. La Libye est un cas typique de la méchanceté de l'Occident à l'endroit des pays du monde qui lui résistent. Voilà un pays qui ne demandait rien à personne, et qui donnait, parfois, autant à certains pays africains que les pays dits développés. Parfois plus. Enervé de voir un dirigeant africain, en l'occurrence, le frère guide Mu'ammar al Kadhafi, qui avait une vision panafricaine aux antipodes des objectifs des Occidentaux sur l'Afrique, les pays de l'OTAN (Organisation du Traité Atlantique Nord) l'ont, carrément, assassiné, et, complètement, détruit son pays, qui est, aujourd'hui, totalement, méconnaissable. Sans autre forme de procès. La France qui a été la tête de pont (pensante) de cette affreuse déstabilisation, voit, aujourd'hui, les limites de sa puissance, maintenant, où tout le monde prône la réconciliation et la reconstruction de ce pays jadis très prospère. Paris ne sait plus sur quel pied danser. Sa diplomatie et son armée sont d'une efficacité nulle en Libye. Le Qatar qui avait été le premier à répondre à l'appel de cette déstabilisation initiée par Nicolas Sarkozy, alors président français, a disparu des radars, même si, de temps en temps, Doha fait semblant de soutenir Sarraj. Du bout des lèvres. La vérité est que, quand il fallait détruire et tuer, le Qatar était présent et très actif. Maintenant où il faut réparer, le Qatar est aux abonnés absents. Son émir est d'une discrétion vaticane. Quant au grand « visionnaire », Nicolas Sarkozy, il évite même de parler de la Libye et de Kadhafi dans ses rares interventions publiques. En aurait-il honte ? Quand ira-t-il à Tripoli demander pardon aux Libyens ? Face au désordre ambiant que connaît ce pays, en cette fin de 2019, le président turc à qui l'Occident ne cesse de donner des leçons (des leçons qu'il botte heureusement en touche), va intervenir en Libye. Pays où la France, est aujourd'hui incapable de faire quoi que ce soit, son armée n'ayant plus aucune capacité à y être déployée, du fait de sa présence au Sahel, en Syrie et sur d'autres théâtres du monde. Quand on veut jouer aux impérialistes, il faut en avoir les moyens !