Financement du terrorisme

L'ex-président, Omar el-Béchir, va être interrogé sur des affaires de «blanchiment d'argent et de financement du terrorisme», selon l'agence de presse officielle du Soudan. Pour l'heure, on n'en sait pas plus : s'agit-il de quels terroristes qu'il finançait ? Dans quels pays ? Sous quelles formes ? On sait que l'Union africaine avait pris fait et cause pour cet ancien président que les Occidentaux voulaient (et veulent toujours) traduire auprès de la Cour pénale internationale (CPI). A moins que cette accusation soit une manœuvre venant de ses ennemis (qui sont nombreux de par le monde), Omar el-Béchir, bras financier du terrorisme international, donnerait beaucoup d'arguments à ceux qui pensent qu'il n'a, jamais, été un chef d'Etat recommandable. Mais, c'est quoi un chef d'Etat recommandable ?
Cela dit, il faut savoir ce qu'on entend par soutenir le terrorisme quand on sait que les principaux alliés de Washington, au Moyen-Orient comme l'Arabie Saoudite et le Qatar, par exemple, sont, aussi, considérés comme de grands soutiens des mouvements terroristes dont la plupart déstabilise le Sahel africain. Mais Washington ne les a jamais mis sur sa liste noire de pays qui soutiennent le terrorisme. Une politique de deux poids deux mesures ?

La famille des Saoud ne fait pas les choses à moitié. Après avoir rompu les relations diplomatiques entre l'Arabie Saoudite et le Qatar avec effet immédiat, Riyad vient d'interdire tout port de maillot (quel qu'il soit et quelle qu'en soit la discipline sportive) contenant la mention « Qatar ». Conséquence immédiate : les maillots du FC Barcelone et du Paris Saint-Germain sont retirés des rayons des magasins. Les publicités mentionnant le Qatar ne sont plus diffusées. Le Paris Saint-Germain, club emblématique de l'émir du Qatar, est, aussi, persona non grata dans le royaume.

Le général-président, Mohamed Ould Abdel Aziz, a pris la bonne décision en rompant, avec effet immédiat, ses relations diplomatiques avec le Qatar. Il est conséquent avec lui-même car la Mauritanie vit, très mal, l'activité des djihadistes dans le Nord du pays et dans les pays voisins, notamment, le Mali et le Niger. Une fois ce pas franchi, on attend que les présidents Ibrahim Boubacar Keita du Mali, Mahamadou Issoufou du Niger, Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso, Macky Sall du Sénégal, Alassane Ouattara de la Côte d'Ivoire, Idriss Déby Itno du Tchad, Muhammadu Buhari du Nigeria, et tous les autres présidents africains dont la main est au-dessous de celle du Qatar qui leur donne quelques financements, rompent, à leur tour, les relations diplomatiques avec Doha. Au nom de la lutte contre le djihadisme que finance, largement, le Qatar et qui provoque tant de dégâts dans leurs pays.