Gabon

Le "dialogue politique" pouvoir-opposition, voulu par le président du Gabon, Bongo Ondimba Ali, s'ouvrira le 28 mars. Il espère que sortiront, à cette occasion, des propositions qui permettront au pays de repartir d'un bon pied.

Le calendrier politique s'est accéléré, mardi, 28 février, au Gabon, avec la fin des préparatifs du "dialogue politique" voulu par le président, Bongo Ondimba Ali, après sa réélection contestée, en 2016, une main tendue que refuse une partie de l'opposition.

Chacun pour tous et tous pour chacun. Voilà la devise des Lions indomptables qui les a conduits au succès du 5 février.

Etats de droit vraiment ? Beaucoup de pays africains s'affichent comme tels. Il s'agit de la partie visible de l'iceberg. Car, la réalité est dans la partie immergée : la dictature sinon la démocratie « façon façon ». Pour la première fois, le parlement européen a décidé de mettre les pieds dans le plat. A Strasbourg, les députés européens viennent de prendre une résolution pour dénoncer l'organisation de la présidentielle au Gabon, en août 2016, et le refus du pouvoir rdcongolais de respecter la loi fondamentale en organisant les élections dans les délais constitutionnels. C'est une première dans l'histoire franco-africaine de cette institution, même si cette initiative n'a que valeur symbolique. Pas de quoi fouetter la panthère et le léopard, qui ne vont rien s'interdire dans leur forêt équatoriale où ils sont les rois incontestés.

L'ancien ministre de l'Economie tout puissant du président, Bongo Ondimba Ali, a été emprisonné pour corruption présumée, une première dans cet Etat pétrolier frappé par une crise économique et politique où le ministre du Pétrole vient, aussi, d'être destitué.

On peut haïr BOA (Bongo Ondimba Ali) à cause de la succession des erreurs et des fautes politiques qu'il a commises, malgré les conseils qui lui étaient prodigués, tout au long de son premier mandat. Mais, on ne peut que l'applaudir quand il se rattrape par une action symbolique qui se veut d'éclat. Contre toute attente, il a décidé de baptiser, le 9 janvier, le nouveau stade de Port Gentil de 20.000 places où va se jouer la Coupe d'Afrique des nations, « Complexe Michel Essonghe » du nom de son conseiller politique, fidèle parmi les plus fidèles de ses collaborateurs du Palais du Bord de Mer.

Dans deux semaines, le Gabon accueillera la plus grande fête sportive du continent, la CAN (Coupe d'Afrique des nations) de football. Mais pour qu'elle soit, réellement, une fête populaire, il faut que l'environnement le permette et que les populations aient le cœur à cette fête. Tel n'est pas le cas dans le Gabon post-électoral actuel où on compte deux présidents : un président proclamé par la Cour constitutionnelle et un autre, auto-proclamé, qui draine une masse importante de Gabonais derrière lui, et qui lui reconnaît la qualité de « président élu ».

Le Sommet extraordinaire de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) tenu, à Yaoundé, vendredi, 23 décembre, aura permis à Bongo Ondimba Ali (BOA) de faire d'une pierre deux coups : y participer aux côtés de ses cinq autres homologues, et, revoir, son « papa » Paul Biya dont il a ignoré les sages conseils, ces dernières années, avec les conséquences qu'on sait, aujourd'hui, sur la vie politique au Gabon.

BOA (Bongo Ondimba Ali) va sabler le champagne, ce soir, à Libreville, en bon musulman qui ne doit boire ni l'alcool ni consommer le porc. Mais l'occasion étant trop belle, il ne refusera pas de trinquer avec les camarades. Le putsch fomenté à Nairobi, au Kenya, où se réunissaient les Pays ACP et l'Europe, a été étouffé. Meurtris par cet échec, les Européens vont changer de fusil d'épaule. A Strasbourg.

Le président chinois, Xi Jinping, a invité son homologue gabonais, Bongo Ondimba Ali (BOA), à effectuer une visite d'Etat, en Chine, pour éviter une banqueroute générale de son pays. Ce serait très fâcheux pour le Gabon, même si, à Pékin, on n'oublie pas que le chef de l'Etat gabonais s'était comporté de façon très inamicale à l'endroit de la Chine, au lendemain de son arrivée au pouvoir, en 2009, en annulant une série de contrats que le Gabon avait signés.

On ne reprochera pas à Bongo Ondimba Ali (BOA) de chercher à (re)devenir un chef d'Etat tout à fait présentable sur le plan international. Le Sommet de la CEEAC de ce 30 novembre 2016 a été organisé à cet effet. Mais c'est raté. BOA devra chercher d'autres solutions pour être bien vu, l'élection du 27 août ayant laissé de profondes traces.

Président de la CAF (Confédération africaine de football), le Camerounais, Issa Hayatou, aura des sueurs froides jusqu'au coup de sifflet final, marquant la fin de la CAN 2017, le 5 février, à Libreville. Son énième démenti de la délocalisation de cette épreuve dans un pays du Maghreb, lui rappelle que les amoureux du ballon rond ne croient pas trop dans son choix d'organiser (coûte que vaille) la plus grande fête africaine de football sur la terre gabonaise. Non pas parce que le Gabon ne le mérite pas (loin de là), mais, parce que ce pays, en toute honnêteté, a d'autres chats à fouetter.

Un accord à l'amiable ou une gestion commune (?) entre pays frères du Gabon et de la Guinée équatoriale des richesses pétrolières, gazières et autres, contenues sur l'Ile de Mbanié est, désormais, acquis. Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a, en effet, présidé, mardi, 15 novembre, à Marrakech, au Maroc, une cérémonie de signature d'un accord entre les deux pays, allant dans ce sens. Les deux parties vont,maintenant, se retrouver devant la CIJ (Cour internationale de Justice) de La Haye.

Les autorités françaises sont au courant des risques qu'encourt l'ambassadeur du Gabon en France. Les autorités gabonaises aussi. Mais pas la majorité des Gabonais et des Gabonaises. Après avoir échappé à un lynchage en règle, pendant l'été dernier, sauvé in extremis par la police française, Germain Ngoyo Moussavou est, toujours, dans le collimateur de certains Gabonais de France. Il n'a pas peur de le dire ni d'accuser Jean Ping d'en être le principal instigateur.

Décidément, Bongo Ondimba Ali (BOA) n'arrêtera pas d'étonner les Gabonais. En mal. Par une imprévoyance qui, souvent, caractérise sa gouvernance. Comme pour se donner un peu d'air, il se met, subitement, à arrêter les journalistes. Ces derniers sont-ils à l'origine des maux dont souffre le pays du patriarche ?

Comment sauver le « soldat BOA »  (Bongo Ondimba Ali) ? La question est dans la bouche de beaucoup de chefs d'Etat africains. Mais la solution reste un sérieux caste tête chinois. Résultat : deux mois après l'élection présidentielle, le Gabon n'arrive pas à se relever. Pour être objectif, il est beaucoup plus proche de la descente aux enfers.

Le président de la CAF, Issa Hayatou, continue de faire confiance à Bongo Ondimba Ali (BOA). Un peu trop de l'avis de beaucoup d'observateurs. En effet, BOA qui sait parler, ne cesse de lui marteler que la CAN va bien se passer. Mais contrôle-t-il, encore, le peuple gabonais depuis sa fraude électorale du 27 août ? Le président de la CAF croit-il que les différentes épreuves se dérouleront dans la joie et la paix sociale (retrouvée) alors que plusieurs secteurs de la vie nationale seront en grève dont l'éducation nationale et l'université ? Alors que la jeunesse chômeuse des mapanes venait d'appeler à ne pas se rendre au stade de Franceville soutenir le Gabon parce que certains internationaux avaient appelé à soutenir BOA  à la présidentielle ? Issa Hayatou prend, donc, un sérieux risque. Mais un risque calculé parce que l'Algérie et le Maroc, les deux frères ennemis du Maghreb, sont en embuscade, prêts à remplacer un Gabon défaillant.

Samedi, 15 octobre 2016, Jean Ping, qui se considère comme le « président élu » du Gabon, contrairement, à Bongo Ondimba Ali, qui est le président installé par la Cour constitutionnelle (aux ordres), a créé, à Libreville, la «Coalition pour la Nouvelle République». Objectif : sortir, définitivement, le Gabon des griffes de ses fossoyeurs actuels. C'est un deuxième pas vers la constitution d'un gouvernement parallèle.

La compétition en vue de l'élection du futur président de la Commission de l'Union africaine (UA) risque de connaître deux candidats issus de la même sous-région. En dehors du candidat équato-guinéen dont l'élection ne s'est pas faite en juillet, à Kigali, on comptera, aussi, un candidat tchadien, ce qui risque de mettre la solidarité des pays de la CEMAC à rude épreuve.

Dans toute démocratie qui se respecte, celui qui gagne les élections, dirige le pays. Ce n'est pas le cas au Gabon qui tourne, fortement, au ralenti, à cause d'un président (battu mais) reconnu par les institutions dont la Cour constitutionnelle qui l'a installé, et un deuxième président, véritable vainqueur de la présidentielle, et reconnu comme tel par le peuple gabonais dans sa majorité, surtout, l'opposition et la société civile. Une situation qui relève du casse-tête chinois.