Gabon

Président « élu » du Gabon mais non reconnu par la Cour constitutionnelle, Jean Ping vient de lancer le Conseil gabonais de la résistance. Il s'agit de la première étape en vue de la constitution d'un gouvernement parallèle. Après le coup d'état « militaro-électoral » perpétré par la Cour constitutionnelle gabonaise, Jean Ping, comme c'était prévisible, est tiraillé par des avis contraires de ses partisans. Entre ceux qui veulent dialoguer avec le pouvoir, ceux qui appellent, ouvertement, à la constitution d'un gouvernement bis du Gabon, et ceux qui ne disent rien, la synthèse n'est pas facile à trouver. Dans sa déclaration du 7 octobre, l'enfant d'Omboué sort, enfin, du coma post-électoral dans lequel il s'était, volontairement, plongé.

On ne change pas une équipe qui gagne. A trois mois de la CAN 2017 qui va être organisée au Gabon, Bongo Ondimba Ali (BOA) a retiré le portefeuille des Sports à son titulaire, Blaise Louembé, pour le confier à une bleue en la matière, Nicole Assele. Une sanction qui devrait interpeller la CAF (Confédération africaine de football).

Le parti de gauche, Europe Ecologie Les Verts (EELV), est égal à lui-même. Ses positions ne sont jamais mi-figue mi-raison. Elles sont, toujours, entières et assumées. Sa dernière sortie invite, ni plus ni moins, l'Elysée, Matignon et le Quai d'Orsay, à ne point reconnaître la « victoire » (entre guillemets) de Bongo Ondimba Ali (BOA). Parce que c'est un affreux fraudeur.

Entre Nicolas Sarkozy et Bongo Ondimba Ali (BOA), ce n'est plus l'entente parfaite comme avant. Il y a quelques mois, l'ancien président français avait même reçu Jean Ping, à Paris, alors que les relations entre les deux hommes n'étaient pas bonnes à cause des positions de chacun pendant le conflit libyen, qui avait conduit à l'assassinat du colonel Kadhafi.

Pour sauver sa peau (car l'exil ne s'est pas encore éloigné) ou ce qui peut encore l'être, Bongo Ondimba Ali (BOA) vient de sacrifier ce qu'il avait de plus cher au monde : les deux caciques de sa légion étrangère qui faisaient la pluie et le beau temps dans son cabinet : Maixent Accrombessi et Liban Soleiman.

Comme annoncé, le gouvernement de Franck Emmanuel Issoze-Ngondet est en place. La moitié des ministres de l'équipe de Daniel Ona Ondo ont été éconduits tandis que la nouvelle équipe compte 30% de femmes, mais, notons-le, à des postes secondaires. Il n'y a pas eu débauchage de taille dans l'équipe de Jean Ping comme on le craignait. Résultat : l'ouverture annoncée n'est qu'une toute petite ouverture.

Jean Ping est le président « élu » du Gabon, mais, privé du Palais du Bord de Mer. Bongo Ondimba Ali (BOA) a été reconnu par la Cour constitutionnelle comme vainqueur de l'élection présidentielle du 27 août 2016. Le Gabon a, donc, deux présidents : un président de fait et un président de droit.

Considéré comme le « président élu » du Gabon, Jean Ping n'est pas prêt de baisser les bras. Au contraire, il est plus que mobilisé pour affaiblir Bongo Ondimba Ali (BOA), ce qui ne peut que lui permettre de reprendre du poil de la bête. Il dispose pour cela de plusieurs cartes en main.

Le communiqué de la CPI (Cour pénale internationale) est tombé, il y a quelques heures, comme un couperet. Prenant tout le monde de court, à Libreville, où BOA (Bongo Ondimba Ali) et son nouveau premier ministre, Franck Emmanuel Issoze-Ngondet, ont, plutôt, la tête dans les négociations en vue de la formation d'un gouvernement d'ouverture. Les tueries (du 31 août au 1er septembre et les jours suivants) s'invitent, maintenant, dans le débat post-électoral. Principale interlocutrice, Fatou Bensouda, en personne.

C'est la surprise du chef : le patron de la diplomatie gabonaise, Franck Emmanuel Issoze-Ngondet, a été nommé premier ministre chef du gouvernement du Gabon, ce mercredi, 28 septembre. Il est chargé de mettre sur pied le gouvernement d'ouverture annoncé par Bongo Ondimba Ali (BOA).

Stupeur à Paris ! Un militaire bleu blanc rouge (français) aurait participé au bombardement du QG de Jean Ping où l'opposition parle de carnage, sans preuves pour l'instant, Bongo Ondimba Ali (BOA) ayant eu l'intelligence de soutirer les corps après le décès des personnes concernées. Cette affaire ne fait que commencer et n'est pas faite pour faciliter les affaires de BOA.

Quand Bongo Ondimba Ali (BOA), sous la pression de son directeur de cabinet, le Béninois, Maixent Accrombessi, décida d'accrocher l'organisation de la CAN-2017, au Gabon, c'était pour des besoins d'enrichissement personnel. A l'époque, ce couple (infernal) entendait faire main basse sur les fonds destinés à son organisation, comme ce fut le cas en 2012. Mais rien ne s'est passé comme prévu. Non seulement, les cours du pétrole sont en chute libre, mais plus grave, aujourd'hui, jour d'investiture précipitée, on se demande si le tirage au sort aura bien lieu, le 19 octobre prochain, à Libreville. Et si la CAN se jouera bien au Gabon début 2017.

Six cents personnes se sont réunies, ce mardi, 27 septembre, en catastrophe, au Palais du Bord de Mer de Libreville, pour investir le nouveau président réélu du Gabon, Bongo Ondimba Ali (BOA). Six cents invités triés sur le volet sur un lieu hautement protégé, loin de la ferveur des militants.

Pas d'invité étranger. Rien que les amis de Bongo Ondimba Ali (BOA) présents à Libreville pourront assister à son investiture, mardi, 27 septembre, au Palais du Bord de Mer. Soit quatre jours après la proclamation de sa victoire par la Cour constitutionnelle. Les entrées du Palais seront filtrées, ne sait-on jamais. La phobie du coup d'état a gagné les émergents du Palais du Bord de Mer.

Le président du Sénégal, Macky Sall, ne va pas se faire que des amis au Gabon, pays qu'il devra éviter, à tout prix, pendant quelque temps. Et pour cause, les félicitations qu'il s'est empressé d'adresser, hier, à Bongo Ondimba Ali (BOA) passent très mal, pas seulement, dans le camp de Jean Ping, mais, au Gabon, en général. Pour les Gabonais, c'est comme si le président sénégalais ne souhaitait pas que le Gabon devienne, comme le Sénégal, un pays démocratique.

La conseillère spéciale du président « élu », Jean Ping, demande une protection des responsables de l'opposition, au Gabon, par un vote rapide du Conseil de sécurité, et se dit disponible pour négocier sous l'égide de la communauté internationale, des conditions du départ du pouvoir de Bongo Ondimba Ali (BOA). Pour que démarre, enfin, la ré-construction du Gabon. Elle se confie à afriqueeducation.com

Question à mille dollars : Qui a gagné l'élection présidentielle du Gabon ? On a l'impression que celui qui a été déclaré vainqueur, se la joue modeste. Est-ce parce qu'il sait qu'il a triché avant de bénéficier du favoritisme de la Cour constitutionnelle ?

Le Gabon ne va connaître aucun répit. Bongo Ondimba Ali (BOA) n'aura pas le droit de souffler, après avoir laissé tellement d'énergie dans la tricherie électorale. Jean Ping qui se considère comme le président « élu » par les Gabonais et perçu comme tel par la communauté internationale, s'organise pour occuper le terrain qui, on doit le reconnaître, lui est favorable.

Bongo Ondimba Ali (BOA) a été déclaré élu par la Cour constitutionnelle de sa belle-mère. Cela était prévu. Maintenant, on fait quoi ? A Jean Ping, nouveau chef de l'opposition et ses amis, d'accroître la pression, en organisant, par tous les moyens, la reconquête du pouvoir qui vient de leur être volé, au vu et au su de toute la communauté internationale.

Il avait dit pendant la campagne électorale : « Moi ou Personne » comme futur président du Gabon. Comme un jeu d'enfant, il a mis sa menace à exécution en privant le peuple gabonais d'une victoire limpide, sans bavure, pendant l'élection présidentielle du 27 août. Conclusion : ceux qui veulent à tout prix une alternance à la tête de l'Etat du Gabon, n'ont qu'à s'organiser autrement. Bongo Ondimba Ali (BOA), lui, occupe le fauteuil par la seule force des armes.