Gabon

Sur instruction du Palais du Bord de Mer, le président de la CENAP (Commission électorale nationale autonome et permanente), René Aboghé Ella, a fermé le bureau de vote de Genève, capitale européenne des Nations-Unies, où vivent beaucoup de Gabonais ainsi que leurs familles. C'est la panique générale dans le camp de Bongo Ondimba Ali (BOA).

La présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, ne pouvait pas être neutre. C'était trop lui demander. Bongo Ondimba Ali (BOA) est, tout simplement, son beau fils : ses deux enfants (à elle) et BOA ont le même père. Il faut, donc, une certaine (indulgence) à son endroit.

C'est demain, samedi, 27 août, qu'aura lieu l'élection présidentielle tant attendue au Gabon. Pour la première fois, depuis l'indépendance, le pays du patriarche Ondimba est en passe de vivre une palpitante alternance, à la tête de l'Etat, à cause de la calamiteuse gouvernance de son fils.

Donné vainqueur depuis plusieurs mois, Bongo Ondimba Ali (BOA), en l'espace d'une semaine, s'est laissé doubler par l'un de ses principaux challengers, Jean Ping. Convaincu de la forte avance de ce dernier qui a réussi à rallier trois des principaux candidats à cette présidentielle, BOA utilise, désormais, tous les moyens pour tenter de rattraper son retard. C'est, malheureusement, trop tard pour lui.

Les Camerounais sont, littéralement, assaillis par des « messages » de campagne en faveur de Bongo Ondimba Ali (BOA) depuis quelques jours. C'est comme s'ils allaient voter le 27 août prochain. Alors que non. Les quelque 1.000 Gabonais qu'on compte sur les listes électorales au Cameroun, ne justifient, en rien, une telle folie dépensière. De l'avis général, c'est parce que BOA ne sait plus à quel saint se vouer.

Quand on observait les mines des « émergents », pendant la tournée dite «républicaine » et les mêmes mines des mêmes « émergents » depuis l'accord historique qui consacre la candidature unique de Jean Ping pour l'opposition, la crainte de la défaite annoncée de Bongo Ondimba Ali (BOA), l'homme politique le plus impopulaire de toute la classe politique du Gabon, se lit aisément, sur les visages. Même s'il ne le dit pas, BOA se sait, déjà, vaincu par Jean Ping, dans sa tête. Le reste n'est que mise en scène et déroulement du calendrier électoral.

La haine que Bongo Ondimba Ali (BOA) voue à Jean Ping alors que même la nature aurait voulu les voir réunis, ne date pas d'aujourd'hui. Sans trop écrire sur leurs relations, voici quelques deux faits qui montrent que le candidat des émergents ne récolte que s'il a semé (de mal) par le passé.

En ce jour de commémoration du 56e anniversaire de leur indépendance, les Gabonais et les Gabonaises se sont réveillés avec beaucoup d'optimisme. Encore quelques jours, et un vent nouveau soufflera sur l'ensemble du territoire national. Ils pourront alors regarder les autres Africains de la sous-région dans les yeux en leur disant : fiers d'être les héritiers de Léon Mba et du patriarche Ondimba, après la fermeture de la fâcheuse parenthèse 2009-2016.

Jean Ping étant devenu le candidat unique de l'opposition, les candidats, Guy Nzouba Ndama et Casimir Oyé Mba, en attendant le ralliement d'autres candidats, vont se mettre à son service pour permettre une alternance à la tête de l'Etat que les Gabonais attendent de tous leurs vœux.

Alors qu'il devrait être la personne qui rassure tout le monde et crédibilise l'élection présidentielle, le président de la CENAP (Commission électorale nationale autonome et permanente), René Aboghé Ella, déçoit, fortement, par son parti pris systématique en faveur de Bongo Ondimba Ali (BOA). Il sait avoir failli mais se dit couvert par le Palais du Bord de Mer. L'opposition et la société civile demandent sa démission immédiate, ce qui est inquiétant pour l'issue de la présidentielle.

Quand on vous dit que Bongo Ondimba Ali (BOA) est impopulaire. Malgré les moyens colossaux mis dans sa campagne de communication, ne l'aiment, au Gabon, que ceux qui mangent directement ou indirectement dans sa main. Le flop (il n'y a pas un autre mot) qui a caractérisé son meeting « géant » du Stade de l'Amitié, samedi, 13 août, à Libreville, le montre, aisément.

Contrairement à ce que fait croire la majorité présidentielle, ce n'est pas l'assurance tout risque du côté de son candidat. Inquiétudes et inconnus hantent, beaucoup, les esprits des faussaires du Palais du Bord de Mer. On se rend compte que Bongo Ondimba Ali (BOA) est d'une impopularité que seuls les médias d'Etat et la distribution des billets de banque, ne pourront pas effacer.

Paulette Ayo Mba Akolly a-t-elle voulu plaire à Bongo Ondimba Ali (Ali), comme tout le monde pense, qu'elle ne s'y serait pas faite prendre de cette façon. En effet, la fille du premier président du Gabon nommée, il y a deux mois, par BOA, lui-même, présidente de la Cour d'appel, après le refus catégorique des magistrats gabonais d'avaliser la promotion d'une autre inconditionnelle de BOA, a, d'ores et déjà, perdu toute crédibilité, aux yeux des Gabonais.

Après sept ans de sommeil profond, Bongo Ondimba Ali (BOA) se rappelle, à deux semaines de l'élection présidentielle du 27 août, que Port-Gentil, la cité pétrolière, compte pour le Gabon et les Gabonais, et que pendant sa campagne présidentielle d'août 2009, il avait distillé des promesses aux Port-Gentillais, qu'il feint, aujourd'hui, d'ignorer. On va lui rafraîchir sa mémoire de BOA.

Après le président du Bénin, Patrice Talon, c'est François Hollande que le député démissionnaire du PDG, Bertrand Zibi Abeghe, vient d'interpeller dans une lettre datée 5 août. Ici, aussi, c'est le « Problème Accrombessi » qui est au centre de la correspondance adressée au président français. Un cas décidément gênant pour la majorité présidentielle et qui pourrait être à l'origine de l'embrasement du pays.

Bien que la vérité tarde à triompher dans l'histoire des faux actes de naissance du chef de l'Etat, le plus compétent des magistrats du Gabon, Jean de Dieu Moukagni Iwangou, est loin de s'avouer vaincu. Il n'a, jamais, perdu espoir de faire invalider la candidature de « l'usurpateur ». Au Palais du Bord de Mer, on retient son souffle.

C'est inhabituel qu'un président étranger soit, vigoureusement, interpellé sur un sujet qui, au premier abord, ne le concerne pas, directement. Mais, à y regarder de plus près, le député du PDG, Bertrand Zibi Abeghe, qui a démissionné, avec fracas, devant le président du PDG et président sortant et candidat à sa succession, Bongo Ondimba Ali (BOA), lors de sa tournée, dans sa circonscription, à Minvoul, n'agit pas de façon isolée. Il serait, aussi, inexact de considérer son geste comme anecdotique. Car le « Problème Accrombessi » qu'il pose au président béninois, Patrice Talon, est au cœur de la crise profonde qui secoue le Gabon et qui pourrait l'entraîner, dans une guerre civile.

Personne ne sait dans quel état sera le Gabon au soir du 27 août 2016, date de l'élection présidentielle à un tour. Toutefois, pour ne pas être pris de court, Bongo Ondimba Ali (BOA) a pris des dispositions pour ne pas souffrir.

A quatre semaines de l'élection présidentielle, le climat politique au Gabon devient électrique. Malgré la répression qui s'abat sur l'opposition et la très forte main mise du pouvoir sur toutes les institutions du pays, l'opposition fait face. Admirablement. Conséquence : Bongo Ondimba Ali (BOA) ne sait plus à quel saint se vouer. Il admet, désormais, la crise avant et après la présidentielle du 27 août 2016. Une sorte d'appel au secours ? Le clash n'est plus à exclure et BOA ne contrôle plus, réellement, la situation, même si ses militaires et policiers continuent de quadriller le pays.

Le parti politique français, EELV (Europe Ecologie Les Verts) dénonce la répression pré-électorale qui s'abat sur l'opposition et la société civile gabonaises et appelle à une élection réellement libre et transparente, le 27 août prochain, dans ce pays.