Guinée Bissau

Le président élu de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, a confirmé, mercredi, 26 février, dans un communiqué de presse, qu'il prendra ses fonctions, jeudi, 27 février, en tant que président de la République. La Cour suprême qui doit statuer en dernier recours sur la validité de sa victoire n'est pas de cet avis, tout comme la CEDEAO qui a demandé un recomptage des voix.

Evidemment, quand on est sponsorisé par un dictateur inamovible comme le Congolais, Denis Sassou-Nguesso, on ne peut que crier victoire trop tôt. Le candidat, Umaro Sissoco Embalo, a, donc, tiré plus vite que Lucky Luke. Conséquence, la CEDEAO, qui supervise, depuis de longues années, le processus visant à restabiliser le processus politique et démocratique en Guinée-Bissau, impose aux deux parties de remettre la balle à terre, en procédant au ré-comptage des bulletins de vote, en sa présence, seule façon crédible de départager les deux camps. Il faut ajouter que Sassou-Nguesso ne peut soutenir un candidat et lui conseiller d'être transparent. Cela n'existe pas dans son ADN ; lui-même Sassou n'a, jamais, gagné une élection présidentielle à la régulière. Comment en serait-il autrement pour son poulain Embalo qui, sans attendre le verdict de la Cour suprême, avait couru, à Brazzaville, remercier Sassou à haute voix, avant de dire Merci à ses propres électeurs en Guinée Bissau ?

Neuf chefs d'Etat membres de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), se sont retrouvés, samedi, 14 avril, à Lomé, autour de leur homologue, Faure Essozimna Gnassingbé, président du Togo et président en exercice de cette organisation, pour trouver une solution définitive à la lancinante question bissau-guinéenne. C'est un problème récurrent qui perturbe le fonctionnement institutionnel de ce pays depuis trois ans et qui peinait à trouver une solution digne de ce nom. Pendant sa présidence en exercice, le Togolais, Faure Gnassingbé, y est parvenu grâce à l'efficacité de sa diplomatie dont les va et vient entre Lomé et Bissau, ont fini par porter les fruits salués par tous. D'où la convocation du Sommet extraordinaire ce 14 avril, à Lomé, qui a permis aux chefs d'Etat d'acter les décisions de sortie de crise dont la mise en place sera co-assurée, non seulement, par le président de la Guinée et médiateur de la CEDEAO pour la Guinée Bissau, Alpha Condé, mais aussi, par Faure Gnassingbé, en tant que président en exercice de la CEDEAO et par José Mario Vaz, lui-même, président de la Guinée Bissau. A Lomé, les chefs d'Etat, au vu de ce résultat inespéré, ont poussé un ouf de soulagement et adressé bien des éloges mérités à leur homologue, Faure Gnassingbé.

Le président de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, et président du Togo, Faure Essozimna GNASSINGBE et le président de la République de Guinée, Alpha CONDE, Médiateur de la CEDEAO pour la Guinée-Bissau et Président en exercice de l’Union africaine, ont dépêché les 17 et 18 janvier 2018, à Bissau, le président du Conseil des Ministres de la CEDEAO, Professeur Robert DUSSEY, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l'Intégration africaine du Togo et le Ministre d'Etat Secrétaire Général de la Présidence de la Guinée, Naby Youssouf Kiridi BANGOURA. Objectif : apporter un message des deux Chefs d'Etat à leur homologue de la Guinée Bissau, José Mario VAZ, dans le cadre du suivi des engagements pris par les autorités bissau-guinéennes, lors de la 52e Session ordinaire de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de la CEDEAO, le 16 décembre 2017, à Abuja, quant à la recherche d'une stratégie de mise en oeuvre de l'Accord de Conakry pour une sortie rapide de la crise à Bissau.

Le parti au pouvoir en Guinée-Bissau a rejeté, samedi, 19 novembre, le nouveau premier ministre désigné par le chef de l'Etat, José Mario Vaz, qui a, en revanche, reçu le soutien du président de l'Assemblée nationale, Cipriano Cassama.