Henri Konan Bédié

Apprendre que “le mot d’ordre de désobéissance civile lancé par Bédié est et demeure en vigueur” (Valentin Kouassi, président de la Jeunesse du Parti démocratique de Côte d’Ivoire) et que, pour le président du PDCI, “il n’est pas possible de continuer le dialogue politique sans la libération des militants incarcérés, la levée du blocus autour des résidences de certains et le retour sécurisé de ceux qui ont été forcés de fuir à l’étranger”, a probablement mis du baume dans le cœur de ceux qui pensaient que le CNT (Conseil national de transition) était mort et que ses initiateurs étaient sur le point de reconnaître Ouattara comme vainqueur de la fausse élection du 31 octobre 2020. Peut-on pour autant affirmer que la méfiance et la suspicion ont complètement disparu ? Rien n’est moins sûr au regard de certains propos du numéro 1 du PDCI.

 

Ce n'est pas Afrique Education qui a inventé le chiffre de 8%. Validé par les Occidentaux (la France en tête et repris par la presse française), ce taux est celui du nombre de votants ivoiriens, et non les 53% de la CEI (aux ordres) que préside Ibrahime Coulibaly. De la pure rigolade car personne ne sait où il est parti chercher ces 53%. Autrement dit, « le menteur d'Abidjan » n'a pas grand monde qui le soutient en Côte d'Ivoire même s'il jure que si l'opposition unie avait permis le vote, il aurait obtenu beaucoup plus de votants. Peut-être. Mais, la réalité d'aujourd'hui est que pas grand-monde l'a élu.

 

C'est vendredi, 20 novembre, que les Ivoiriens (mais aussi les amis de la Côte d'Ivoire) se donnent rendez-vous, à Abidjan, pour MARCHER sur le palais présidentiel où continue de se réfugier l'ancien président Ouattara alors qu'il n'a plus le droit d'y être depuis le 31 octobre. Après avoir effectué ses deux mandats de 5 ans, la constitution lui impose de passer la main. L'opposition unie et l'armée que le peuple ivoirien a appelées pour le faire partir, n'ayant pas été à la hauteur, le peuple entend se charger lui-même de cette question.

 

 

La désobéissance civile de ce lundi, 16 novembre, a connu un grand succès sur l'ensemble du territoire où beaucoup d'activités étaient paralysées. Plus la peine de vous conter les voitures brûlées, les routes barrées par des arbres coupés et l'incendie de certains édifices publics. En effet, ceci fait partie du lot quotidien de la désobéissance civile. Ce qui est, par contre, nouveau alors que le bras de fer durcit entre l'ancien président Ouattara et le président du Conseil national de transition (CNT) et du PDCI, Henri Konan Bédié, c'est la fermeté de ce dernier conformément aux vœux des militants de l'opposition qui ont juré d'en découdre avec « le menteur d'Abidjan » dont ils ont marre. Voilà pourquoi le président du CNT et du PDCI a cru bon réunir, en sa résidence, cet après-midi, l'opposition unie pour la remobiliser et lui donner de nouvelles consignes. Pour le président du CNT et du PDCI, la désobéissance civile (en marche) effraie le pouvoir, et le fera s'asseoir à la table de négociations sous l'égide de facilitateurs neutres et crédibles.

 

« Le menteur d'Abidjan » sait tellement mentir qu'à l'écouter, on pourrait penser, réellement, qu'il appelle, de tout cœur, son « aîné », Henri Konan Bédié, à un dialogue « franc » et c'est ce dernier qui refuse. Que nenni ! « Le menteur suprême » ment tellement qu'il oublie que la Côte d'Ivoire a toujours observé ses faits et gestes. Dans le communiqué ci-dessous signé du professeur, Niamkey Koffi, secrétaire exécutif par intérim du PDCI (le titulaire de la fonction le professeur Maurice Kakou Guikahué ayant été mis en prison par Ouattara), le lecteur peut, aisément, se faire sa propre religion sur la personne du « menteur permanent » et sa façon de concevoir des relations.

 

D’abord, sa candidature était anticonstitutionnelle ; ensuite, 8% fut le taux de participation à cette fausse élection au cours de laquelle il ne se priva même pas de tricher et de bourrer les urnes. Quelques jours plus tard, comme s’il fallait afficher plus de cruauté et d’arbitraire, il fit encercler les domiciles de certains opposants, fit enlever d’autres pour les faire torturer dans des lieux secrets avant de se faire proclamer vainqueur par un Conseil constitutionnel godillot. Et c’est cet homme allergique au respect de la loi qui ose appeler au dialogue ! Et c’est avec ce sosie d’Arnaud du Tilh qui fit croire pendant 8 ans qu’il était Martin Guerre tenu pour mort (cf. Pierre Lunel, ‘Les plus grands escrocs de l’Histoire’, Editions First, 2015) que les adeptes d’un certain ordre constitutionnel voudraient que nous discutions ! Mais ces derniers, où étaient-ils quand Ouattara violait la Constitution ivoirienne et reniait sa promesse de ne pas briguer un troisième mandat ? Que lui dirent-ils à ce moment-là ?

 

« Je voudrais rappeler que la Côte d’Ivoire revient de loin, après la crise post-électorale de 2010 - 2011, et nous ne pouvons accepter de la voir reculer. C’est pourquoi, je demande à la plateforme politique qui a choisi d’agir en dehors de l’ordre constitutionnel de mettre un terme définitif à ses initiatives ». Voilà la substance du message lu hier, lundi, 9 novembre, au journal de 20 h GMT de la télévision ivoirienne par le « menteur permanent », quelques heures après la validation de sa fraude électorale par le Conseil constitutionnel (à ses ordres).

 

Selon nos informations, 300 chefs traditionnels baoulé venus traduire leur solidarité au président du Conseil national de transition (CNT) et président du PDCI, Henri Konan Bédié, ce samedi, 7 novembre, en sa résidence, à Cocody, ont été, brutalement, refoulés par les éléments de la police au niveau de St-Jean. Cet ordre de dispersion a été donné par le « menteur d'Abidjan », qui, au passage, avec sa mémoire courte, a vite oublié que c'est grâce à un autre grand chef baoulé, Félix Houphouët-Boigny, qu'il a été, généreusement, invité et accueilli en Côte d'Ivoire, comme un fils adoptif des Baoulé. Maintenant, il les insulte.

Devrait-on être étonné par les mensonges du président-sortant dont le procureur, Adou Richard, disait, hier, vendredi, 6 novembre, pendant sa conférence de presse, que le président Bédié n'était ni aux arrêts, ni en résidence surveillée. Si tel est le cas, pourquoi alors empêcher les chefs traditionnels de rendre visite à leur distingué parent Henri Konan Bédié ?

Toujours est-il que le peuple baoulé attire, publiquement, au vu et au su de tout le monde, la sonnette d'alarme pour dire que la Côte d'Ivoire va très mal. La guerre intercommunautaire attisée par Ouattara n'est plus loin. Sa Majesté, Nanan Kassi Anvo, roi des Baoulé a, directement, interpellé Alassane Ouattara afin qu'il lève, sans délai, le blocus qui empêche le président Bédié d'être libre de ses mouvements. Voici l'intégralité du message du roi des Baoulé au « menteur permanent ».

 

Il est grand temps que les Ivoiriens apprennent à prendre leur destin en main.Trop c'est trop. Ce qui arrive dans leur pays est tristement désolant. Les choses ne peuvent plus continuer ainsi. Ils accueillent un étranger à qui ils donnent le gîte et le couvert et dès que celui-ci se sent bien installé, il commence à mener la vie dure à ceux qui l'ont accueilli. Les Ivoiriens ont-ils compris qu'ils n'ont rien à attendre de la CEDEAO, de l'Union africaine, des Nations-Unies, de l'Union européenne, de la France, mais seulement d'eux-mêmes ?

« Le menteur d'Abidjan » ambitionnait de devenir (sans le dire à haute voix) un président à vie. Il voulait mourir au pouvoir. Il s'est organisé pour cela. Ayant été surpris par la détermination de l'opposition unie, il utilise, maintenant, la violence illégitime de l'Etat pour tenter de passer en force. C'est peine perdue car tout le pays, actuellement, est dressé contre lui. Réunis, mardi, 3 novembre, dans la résidence du président, Henri Konan Bédié, les leaders de l'opposition ont été malmenés comme il n'est pas permis par les forces de défense et de sécurité envoyés par « le menteur d'Abidjan ». Dans cette note, les avocats du président Henri Konan Bédié et des leaders de l'opposition, expliquent la façon dont cette intervention s'est faite au détriment des principes élémentaires de liberté et de droits de l'homme.

Le Collectif des avocats de SEM Henri Konan BEDIE et des leaders de l’opposition politique ivoirienne engage Monsieur le Procureur Général près la Cour d’Appel d’Abidjan, en sa qualité de surveillant de la police judiciaire et Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan, en sa qualité de directeur de la police judiciaire, à mettre un terme, sans délai, à ces actes illégaux d’officiers de police judiciaire placés sous leur autorité.

Et surtout, surtout, de ne pas déporter Henri Konan Bédié à Korhogo ou Séguéla, comme cela se prépare, ou nulle part ailleurs.

L'opposition unie représentée par le président, Henri Konan Bédié, et le premier ministre, Pascal Affi N'Guessan, a remis, ce jour, sa feuille de route de la transition, au représentant du secrétaire général des Nations-Unies en Afrique de l'Ouest, le Ghanéen, Mohamed Ibn Chambas. Il ne reste plus qu'elle se concerte pour désigner qui va faire quoi pendant cette période qui va durer 30 mois.

La Côte d'Ivoire est là où « le menteur d'Abidjan » (Ouattara) voulait la conduire, c'est-à-dire, dans l'impasse. Rien ne va plus dans le pays : les écoles et les universités sont fermées. Chaque parent garde, précieusement, ses enfants à la maison pour éviter les balles perdues. Dans plusieurs localités du pays, la vie fonctionne au ralenti. La circulation n'est plus assurée entre les différentes localités à cause des barrages érigés un peu partout. Le pays se « rwandalise » en ce sens que les machettes deviennent l'arme de prédilection pour tuer. Rien que dans la journée de mercredi, 21 octobre, on a compté 10 morts par balles ou par découpe avec les coupe-coupes à Dabou, localité située à une quarantaine de kilomètres d'Abidjan. Partout sur le territoire, on brûle les voitures, on pille les commerces, on brûle les pneus pour interdire les véhicules de circuler, on érige les barrières, bref, le menteur chronique (Ouattara) a, exactement, ce qu'il cherchait. C'est dans ce climat invivable (qu'on ne souhaite à personne dans aucun autre pays) qu'il fait mine de reculer en voulant reformer la Commission électorale indépendante. Même si, il y a encore trois jours, il disait qu'il n'en serait jamais rien. Il se moquait même de Bédié et d'Affi de n'être pas allés aux élections parce qu'ils étaient fauchés c'est-à-dire sans le sou. Cela voudrait dire que Ouattara n'a rien compris. Comme élève, il a 0/20. Mais, il peut s'améliorer. Et comment ? En retirant sa candidature de cette élection car la constitution lui interdit de se présenter, en convoquant un dialogue pour reporter les élections, en organisant le retour des exilés dont Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, en dissolvant la Cour constitutionnelle. Il a déjà commencé à modifier la Commission électorale. Ce n'est pas suffisant mais on note qu'il y a un début.
Les deux candidats à l'élection présidentielle, Henri Konan Bédié et Pascal Affi N'Guessan, ont fait une mise au point, ce jeudi, 22 octobre, afin de clarifier la position de l'opposition vis-à-vis de cette situation et des différentes démarches que semble entreprendre la CEDEAO, ainsi que, les gesticulations du gouvernement depuis deux jours. La position des deux candidats a été rendue publique par le secrétaire exécutif en chef du PDCI, le professeur agrégé de cardiologie, Maurice Kakou Guikahué. Voici l'intégralité de son propos :

« Incendier ma maison ne m'empêchera pas de continuer à dire NON à la forfaiture et au 3e mandat illégal de Ouattara ». Telle est la déclaration toute de sagesse du porte-parole de la désobéissance civile et candidat à l'élection présidentielle, Pascal Affi N'Guessan, après l'incendie par les loubards du « menteur d'Abidjan » (Ouattara) de sa résidence située à Bongouanou, samedi, 17 octobre. En même temps, la résidence du député-maire FPI de Bongouanou, Gilbert Amalamam, et le restaurant de Tehoua Ama Marie, vice-présidente du PDCI, ont été incendis en même temps que les commerces, les bureaux et l'Institut d'enseignement général et technique de Bongouanou. Bref, de la désolation dans la ville.

Afrique Education l'avait annoncé fin septembre : KKB rejoint Henri Konan Bédié. Le candidat indépendant ayant décidé de se faire investir le 4 octobre (malgré les rumeurs persistantes des retrouvailles avec le père), nous avions choisi de déprogrammer l'article qui annonçait cette fin de dissidence. Parfois, ce n'est pas avantageux d'avoir raison trop tôt. Aujourd'hui, on peut dire sans risque de se tromper que la dissidence du candidat indépendant est terminée. L'enfant prodige revient au bercail retrouver « son père » et sa « maison ». Un bonheur pour l'opposition.

La RTI (Radio télévision ivoirienne), cette télévision d'Etat qui ne « rassemble » pas contrairement à sa devise a, complètement, passé sous silence, le voyage du président, Henri Konan Bédié, à Accra où il est allé rencontrer, à la demande « pressante » (rappelons-le) du « menteur d'Abidjan » (Alassane Ouattara), le président du Ghana et président en exercice de la CEDEAO, Nana Akufo-Addo, et le roi des Ashanti, Otumfuo Nana Osei Tutu II. Un tel black out sur cette information qui est sur la bouche de tous les Ivoiriens, n'étonne pas dans la République du « rattrapage ethnique » des Ouattara où le ministre de la Communication porte-parole du gouvernement, le directeur général de la RTI et la directrice de l'information de la RTI, sont tous des parents (musulmans) du chef de l'Etat.

Le président, Henri Konan Bédié, au nom de l'opposition ivoirienne unie, avait appelé Antonio Guterres, secrétaire général des Nations-Unies, à se saisir du dossier ivoirien, lors du giga-meeting de samedi, 10 octobre 2020. Quarante huit heures plus tard, à peine, soit, lundi, 12 octobre 2020, le chef de l'Etat du Ghana, président en exercice de la CEDEAO, a dépêché un jet spécial pour chercher le président Bédié et sa délégation pour les conduire à Accra. Pourquoi ?

Le chef de l'Etat ghanéen, Nana Akufo-Addo, président en exercice de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), s'est rendu, dimanche, 11 octobre, à Bamako, où il a expliqué avoir « bon espoir » que les autorités de transition maliennes respecteront leurs engagements. Au Mali, comme on sait, le danger est derrière nous : il n'y a plus d'urgence à courir de ce côté car la transition est, désormais, sur les rails. Là où le feu couve sous les cendres et nécessite une intervention rapide et plus que vigoureuse de la CEDEAO, c'est en Côte d'Ivoire où une périlleuse élection est programmée pour le 31 octobre. Le tenant du pouvoir, Alassane Ouattara dit le « menteur d'Abidjan », veut à tout prix l'organiser pour passer en force et obtenir un 3e mandat que lui interdit la constitution, tandis que l'opposition unie derrière l'ancien président, Henri Konan Bédié, a lancé la désobéissance civile pour l'en empêcher, tant qu'il n'organisera pas une table ronde pour remettre à plat les conditions dans lesquelles cette présidentielle est appelée à se tenir. C'est donc dire qu'il y a, ici, un dialogue de sourds, qui nécessiterait une intervention urgente du président en exercice de la CEDEAO, Nana Akufo-Addo. Mais, on ne l'entend pas. C'est comme s'il évitait de s'attaquer au problème ivoirien à moins qu'il n'attende que plusieurs centaines de morts puissent être comptabilisés avant de réagir. Ou alors, attend-il la survenue d'un coup d'état militaire (comme au Mali d'où il vient) pour imposer des sanctions à la junte qui aura mis toutes les parties ivoiriennes au conflit d'accord. Il faut noter qu'il y a déjà eu une trentaine de morts au lendemain de l'annonce, le 6 août, de la candidature du « menteur d'Abidjan » pour un 3e mandat jugé anticonstitutionnel.

La Côte d'Ivoire est dans l'impasse. Quoi qu'on dise, Alassane Ouattara est coincé. Convoquée pour le 31 octobre, l'élection présidentielle (à laquelle il est candidat) n'aura, sans doute, pas lieu. Et pour cause, l'opposition a engagé, samedi, 10 octobre, ses militants lors d'un giga-meeting tenu au Stade Félix Houphouët-Boigny, à mettre en œuvre, sur toute l'étendue du territoire, la désobéissance civile dont le but est d'empêcher le « menteur d'Abidjan » de briguer un 3e mandat anticonstitutionnel. De son côté, Alassane Ouattara s'est engagé à organiser une élection dans la paix, la sécurité et la totale transparence. C'est donc un dialogue de sourds. Conséquence, la Côte d'Ivoire entre dans une période trouble, incertaine où tout, absolument, tout peut arriver à cause de l'entêtement d'un couple présidentiel qui a du mal à abandonner la jouissance du pouvoir qu'il a occupé (sans partage) pendant dix ans. Le 10 octobre, le président, Henri Konan Bédié, qui a permis, à deux reprises, à Alassane Ouattara de gagner l'élection présidentielle (en 2010 et en 2015), a expliqué pourquoi la présidentielle du 31 octobre ne se tiendra pas. Il a demandé au secrétaire général des Nations-Unies de se saisir du dossier ivoirien avant qu'il ne soit trop tard. Ancien président de la République et patron de la plateforme de l'opposition, il sait de quoi il parle.

Le giga-meeting du 10 octobre d'Abidjan a connu un succès éclatant. Au point où les participants qui venaient de l'intérieur du pays et qui ont été bloqués dans les faubourgs d'Abidjan pour réduire le nombre de participants au meeting (les organisateurs voulaient atteindre le million de personnes), étaient aussi nombreux que ceux qui avaient rempli le stade (gradins et gazon) ainsi que les alentours du stade. Au lieu d'accompagner cette vague, les responsables des forces de défense et de sécurité ont plutôt demandé à leurs troupes de stopper les militants de l'opposition par la force et parfois par le mensonge : en prétextant par exemple que le stade était déjà archi-plein, alors que ses abords étaient aménagés pour contenir plus de 500.000 personnes.

Les Ouattaristes et autres partisans du « menteur d'Abidjan » en ont eu pour leurs frais. Après avoir dit tout et son contraire sur l'absence, dimanche, 20 septembre, à la Maison du PDCI, à Cocody, du candidat du FPI, Pascal Affi N'Guessan, ils ont dû avaler leur langue après avoir vu que les deux chefs de l'opposition vibraient au même diapason. En effet, le Grand Pascal (à l'inverse du petit Alassane tricheur et faussaire) est resté égal à lui-même, sans dévier de sa ligne de conduite qui est de faire partir, par tous les moyens légaux, y compris par la désobéissance civile et la paralysie du pays, « le menteur d'Abidjan » comme l'a, justement et opportunément, demandé Henri Konan Bédié, dimanche, 20 septembre. Un mot d'ordre qui donne des insomnies à Ouattara.

Le professeur agrégé de cardiologie, secrétaire exécutif en chef du PDCI et coordonnateur de la cérémonie d'investiture du 12 septembre, Maurice Kakou Guikahué, avait annoncé plus de 400.000 personnes, Place Jean-Paul 2 de Yamoussoukro, pour introniser le candidat du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié. Résultat des courses, on n'a pas eu 400.000 personnes, mais, 500.000 militants fous de joie, qui ont rempli les 4 carrés que compte cette (très) grande place de la ville, déjouant les pronostics les plus optimistes qui étaient avancés. L'atmosphère était bon enfant. Le candidat du peuple comme certains militants le qualifient, déjà, était aux petits soins. On s'en occupait comme on s'occupe du pape François lors d'une grande office religieuse. Tenez : pendant ses 30 minutes de discours, son épouse, Henriette Bédié Konan, se chargeait, toutes les 5 minutes, d'essuyer la sueur qui se dégageait de son visage. Un spectacle qui était beau à voir et qui montre une femme qui aime son homme et prend soin de lui même en public. Il faut dire que la chaleur était étouffante même avec la climatisation dans la tribune officielle. Un collaborateur se tenait à quelques centimètres du « Vieux » pour récupérer chaque page de discours lue. Avant de venir prendre place dans le fauteuil jaune, symbole de l'intronisation, un autre collaborateur s'est chargé d'enlever le masque du très vénéré candidat du PDCI. Dès qu'il a fini de lire son discours, c'est un autre membre de l'équipe qui s'est chargé de retirer ses lunettes. Bref, le « Vieux » n'a fait que lire son texte. Et rien d'autre. Il ne s'occupait même pas de sa propre personne. On peut dire que sur cette terre, seules deux personnes bénéficient d'une telle attention : le pape François à Rome, au Vatican, et Henri Konan Bédié, à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire.
Le sphinx de Daoukro a donné les grandes lignes de sa vision politique de la Côte d'Ivoire qu'il veut bâtir. Il fut victime d'un coup d'état militaire, le 24 décembre 1999, organisé et financé par Alassane Ouattara, qui agissait dans l'ombre au travers d'une bande de militaires appelée « les jeunes gens ». Une fois le forfait réalisé et que Bédié, pour avoir eu la vie sauve, fut accueilli, à Lomé, par le Sage Eyadèma, avant de se rendre en France, « le menteur d'Abidjan » installa le général, Robert Gueï (qu'on alla sortir de son village) pour diriger la transition. Ce fut le début de la déstabilisation de la Côte d'Ivoire qui se poursuit jusqu'à ce jour. La rancoeur est dans tous les cœurs. Sauf dans celui du bourreau (Ouattara) qui, une fois installé au pouvoir, en 2011, a roulé tout le monde dans la farine. Un menteur né qui se moque du coran et des imams de Côte d'Ivoire.
Mais, cette fois, « Le menteur d'Abidjan » est coincé. Après s'être lancé pour un 3e mandat (il peut encore retirer sa candidature), il est conscient qu'il ne pourra jamais gagner cette élection du moment où Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et quelques autres, ont annoncé soutenir la candidature de Bédié. Au bas mot, ce dernier fera un Coup KO d'au moins 70%. C'est d'ailleurs pourquoi le professeur agrégé de cardiologie, Maurice Kacou Guikahué, qui n'est pas « mathématicien », certes, mais, il est plus que « mathématicien » car il sait faire battre les cœurs et sait donner la vie, et donc, peut aussi, savoir compter. Fort de tout ce bagage intellectuel qui n'est pas à la portée de ceux qui osent le critiquer, il a affirmé que le 31 octobre, il n'y aura pas match en Côte d'Ivoire. A moins que « le menteur d'Abidjan » veuille faire mentir les urnes en les bourrant (comme il semble vouloir procéder), mais en ce moment, il aura pris l'option de brûler la Côte d'Ivoire. Toute la Côte d'Ivoire. Y compris les biens de ses protecteurs français. Car les Ivoiriens ne se laisseront pas (plus) faire. Trop c'est trop pour un seul individu qui ne sait pas respecter l'accueil et l'hospitalité dont il a fait l'objet.
Le sphinx de Daoukro a prononcé un discours-programme qu'il va appliquer à la Côte d'Ivoire où on note quelques maîtres-mots : la réconciliation, la paix, la sécurité, le gouvernement de large ouverture, le développement, la santé, l'éducation, l'emploi des jeunes et des moins-jeunes, les infrastructures, la prospérité pour tous. Voici l'intégration de son texte.