Investi le 12 septembre

Le professeur agrégé de cardiologie, secrétaire exécutif en chef du PDCI et coordonnateur de la cérémonie d'investiture du 12 septembre, Maurice Kakou Guikahué, avait annoncé plus de 400.000 personnes, Place Jean-Paul 2 de Yamoussoukro, pour introniser le candidat du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié. Résultat des courses, on n'a pas eu 400.000 personnes, mais, 500.000 militants fous de joie, qui ont rempli les 4 carrés que compte cette (très) grande place de la ville, déjouant les pronostics les plus optimistes qui étaient avancés. L'atmosphère était bon enfant. Le candidat du peuple comme certains militants le qualifient, déjà, était aux petits soins. On s'en occupait comme on s'occupe du pape François lors d'une grande office religieuse. Tenez : pendant ses 30 minutes de discours, son épouse, Henriette Bédié Konan, se chargeait, toutes les 5 minutes, d'essuyer la sueur qui se dégageait de son visage. Un spectacle qui était beau à voir et qui montre une femme qui aime son homme et prend soin de lui même en public. Il faut dire que la chaleur était étouffante même avec la climatisation dans la tribune officielle. Un collaborateur se tenait à quelques centimètres du « Vieux » pour récupérer chaque page de discours lue. Avant de venir prendre place dans le fauteuil jaune, symbole de l'intronisation, un autre collaborateur s'est chargé d'enlever le masque du très vénéré candidat du PDCI. Dès qu'il a fini de lire son discours, c'est un autre membre de l'équipe qui s'est chargé de retirer ses lunettes. Bref, le « Vieux » n'a fait que lire son texte. Et rien d'autre. Il ne s'occupait même pas de sa propre personne. On peut dire que sur cette terre, seules deux personnes bénéficient d'une telle attention : le pape François à Rome, au Vatican, et Henri Konan Bédié, à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire.
Le sphinx de Daoukro a donné les grandes lignes de sa vision politique de la Côte d'Ivoire qu'il veut bâtir. Il fut victime d'un coup d'état militaire, le 24 décembre 1999, organisé et financé par Alassane Ouattara, qui agissait dans l'ombre au travers d'une bande de militaires appelée « les jeunes gens ». Une fois le forfait réalisé et que Bédié, pour avoir eu la vie sauve, fut accueilli, à Lomé, par le Sage Eyadèma, avant de se rendre en France, « le menteur d'Abidjan » installa le général, Robert Gueï (qu'on alla sortir de son village) pour diriger la transition. Ce fut le début de la déstabilisation de la Côte d'Ivoire qui se poursuit jusqu'à ce jour. La rancoeur est dans tous les cœurs. Sauf dans celui du bourreau (Ouattara) qui, une fois installé au pouvoir, en 2011, a roulé tout le monde dans la farine. Un menteur né qui se moque du coran et des imams de Côte d'Ivoire.
Mais, cette fois, « Le menteur d'Abidjan » est coincé. Après s'être lancé pour un 3e mandat (il peut encore retirer sa candidature), il est conscient qu'il ne pourra jamais gagner cette élection du moment où Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et quelques autres, ont annoncé soutenir la candidature de Bédié. Au bas mot, ce dernier fera un Coup KO d'au moins 70%. C'est d'ailleurs pourquoi le professeur agrégé de cardiologie, Maurice Kacou Guikahué, qui n'est pas « mathématicien », certes, mais, il est plus que « mathématicien » car il sait faire battre les cœurs et sait donner la vie, et donc, peut aussi, savoir compter. Fort de tout ce bagage intellectuel qui n'est pas à la portée de ceux qui osent le critiquer, il a affirmé que le 31 octobre, il n'y aura pas match en Côte d'Ivoire. A moins que « le menteur d'Abidjan » veuille faire mentir les urnes en les bourrant (comme il semble vouloir procéder), mais en ce moment, il aura pris l'option de brûler la Côte d'Ivoire. Toute la Côte d'Ivoire. Y compris les biens de ses protecteurs français. Car les Ivoiriens ne se laisseront pas (plus) faire. Trop c'est trop pour un seul individu qui ne sait pas respecter l'accueil et l'hospitalité dont il a fait l'objet.
Le sphinx de Daoukro a prononcé un discours-programme qu'il va appliquer à la Côte d'Ivoire où on note quelques maîtres-mots : la réconciliation, la paix, la sécurité, le gouvernement de large ouverture, le développement, la santé, l'éducation, l'emploi des jeunes et des moins-jeunes, les infrastructures, la prospérité pour tous. Voici l'intégration de son texte.