Laurent Gbagbo.

C'est vendredi, 20 novembre, que les Ivoiriens (mais aussi les amis de la Côte d'Ivoire) se donnent rendez-vous, à Abidjan, pour MARCHER sur le palais présidentiel où continue de se réfugier l'ancien président Ouattara alors qu'il n'a plus le droit d'y être depuis le 31 octobre. Après avoir effectué ses deux mandats de 5 ans, la constitution lui impose de passer la main. L'opposition unie et l'armée que le peuple ivoirien a appelées pour le faire partir, n'ayant pas été à la hauteur, le peuple entend se charger lui-même de cette question.

 

 

D’abord, sa candidature était anticonstitutionnelle ; ensuite, 8% fut le taux de participation à cette fausse élection au cours de laquelle il ne se priva même pas de tricher et de bourrer les urnes. Quelques jours plus tard, comme s’il fallait afficher plus de cruauté et d’arbitraire, il fit encercler les domiciles de certains opposants, fit enlever d’autres pour les faire torturer dans des lieux secrets avant de se faire proclamer vainqueur par un Conseil constitutionnel godillot. Et c’est cet homme allergique au respect de la loi qui ose appeler au dialogue ! Et c’est avec ce sosie d’Arnaud du Tilh qui fit croire pendant 8 ans qu’il était Martin Guerre tenu pour mort (cf. Pierre Lunel, ‘Les plus grands escrocs de l’Histoire’, Editions First, 2015) que les adeptes d’un certain ordre constitutionnel voudraient que nous discutions ! Mais ces derniers, où étaient-ils quand Ouattara violait la Constitution ivoirienne et reniait sa promesse de ne pas briguer un troisième mandat ? Que lui dirent-ils à ce moment-là ?

 

Laurent Gbagbo a « toujours figuré sur la liste électorale, comme en atteste la capture d’écran du site en ligne de la CEI », mais au terme de la révision du listing électoral, il « a vu son nom tout simplement retiré de la liste électorale provisoire remise aux partis politiques par la CEI », a indiqué Me Habiba Touré, son avocat. Le président Alassane Ouattara perd-il la tête ? Sa gestion politique du pays est tellement catastrophique qu'il ne s'y retrouve plus lui-même et montre qu'il ne sait plus ce qu'il fait et ignore exactement où il va. C'est grave pour la Côte d'Ivoire. Ouattara récolte ce qu'il a semé : le mensonge, la manipulation, la mauvaise foi, la haine d'un pays qui l'a accueilli pour lui donner le pouvoir suprême alors qu'il n'était pas apte à se présenter à l'élection présidentielle.

Lorsque je pris connaissance du décès, à presque 90 ans, d’Albert Tévoédjrè, je repensai, tout d’abord, à son engagement au sein de la puissante Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF), qui se battait pour la décolonisation du continent africain. Tévoédjrè joua un important rôle dans ce mouvement. Par exemple, c’est sous sa présidence que la FEANF organisa, en 1954, à Toulouse, les journées dites anticolonialistes. Ces journées, qui rencontrèrent un franc succès auprès des participants, n’avaient pas d’autre but que de faire comprendre à la France qu’il était temps qu’elle se retire de ses colonies et qu’elle laisse les Africains se prendre en charge.

Certaines personnes, y compris dans le camp des supporters de Laurent Gbagbo, ne se contentent plus de s’enthousiasmer pour « le travail abattu » par Dramane Ouattara depuis qu’il a été installé dans le fauteuil présidentiel par le voyou et assassin Nicolas Sarkozy. Elles estiment, aussi, qu’on doit lui dire merci. Ont-elles raison ?

Y a-t-il une différence entre un menteur compulsif et un mythomane ? Oui mais on peut trouver des gens à la fois menteurs et mythomanes comme nous le verrons plus loin. Le menteur compulsif raconte de gros mensonges tandis que le mythomane s’invente constamment une fausse vie, de fausses origines, de faux exploits, une fausse majorité, de faux satisfecit, etc. Il dira, par exemple, que son bilan est inattaquable, que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international sont contents de sa gestion, qu’il a réalisé ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’a réussi à faire, etc. Les gens qui sont autour de lui savent que tout cela n’est que mensonge mais ce mensonge est important pour lui car il lui permet de fuir une réalité qu’il refuse d’admettre ou d’affronter : une haine de soi et un manque de confiance en soi car le mythomane ne s’accepte pas tel qu’il est.

Quelqu’un, après avoir lu mon post sur “le FPI fait quoi si Gbagbo n’est pas libéré en 2019 ?”, m’a interpellé, ce que je ne trouve pas anormal car, pour moi, tout amoureux de la démocratie devrait accepter d’être contredit ou critiqué, pourvu que ce qu’il a écrit ou dit soit bien compris et que la critique qui lui est adressée soit fondée et argumentée. Mon interlocuteur estime que mon post est politiquement incorrect, que je laisse entendre comme Affi N’Guessan qu’il faut tourner la page Laurent Gbagbo, qu’il est important d’attendre Gbagbo parce qu’il est un maillon essentiel de la réconciliation en Côte d’Ivoire et donc qu’il n’y a ni plan B ni plan C. 

Il veut la réconciliation mais considère toujours le 19 septembre 2002 comme la naissance d’un nouvel espoir. Un Forum de réconciliation nationale, où la parole ne fut jamais autant libérée, fut organisé pendant 2 mois (du 9 octobre au 18 décembre 2001). Il s’agissait, pour la Côte d'Ivoire, de “porter, sans complaisance, un regard critique sur son passé pour se projeter dans l’avenir” (discours de Laurent Gbagbo à l’ouverture du Forum).

Après la libération des prisonniers politiques (Soul to Soul, chez qui on saisit des tonnes d’armes, en faisait-il partie ?), certaines personnes n’ont pas tardé à affirmer que ladite libération était le fruit de notre résistance, intransigeance et détermination. Certes, nous avons toujours soutenu que nos frères ne méritaient pas d’être incarcérés pour leurs opinions ou pour leur appartenance au parti de Laurent Gbagbo; certes, nous n’avons jamais cessé d’exiger leur libération (bravo à chacun de nous pour cette constance!) mais, il ne me semble ni vrai, ni honnête de nous attribuer la fin des souffrances de nos camarades, même si nous nous réjouissons tous qu’ils soient, enfin, sortis (dans quel état ?) de cet enfer car, si nous étions, aussi, combatifs que cela, si nous étions aussi déterminés, aussi intransigeants que nous le prétendons, Simone Ehivet, Moïse Lida Kouassi, Assoa Adou, et les autres n’auraient pas attendu 7 ans (je dis bien 7 ans) avant de recouvrer la liberté.

La victoire de Donald Trump est-elle synonyme de non-interventionnisme (politique et militaire) en Afrique comme sous l'ère du démocrate Barack Obama ? On le croit fermement en Afrique.