Le menteur d'Abidjan

« Incendier ma maison ne m'empêchera pas de continuer à dire NON à la forfaiture et au 3e mandat illégal de Ouattara ». Telle est la déclaration toute de sagesse du porte-parole de la désobéissance civile et candidat à l'élection présidentielle, Pascal Affi N'Guessan, après l'incendie par les loubards du « menteur d'Abidjan » (Ouattara) de sa résidence située à Bongouanou, samedi, 17 octobre. En même temps, la résidence du député-maire FPI de Bongouanou, Gilbert Amalamam, et le restaurant de Tehoua Ama Marie, vice-présidente du PDCI, ont été incendis en même temps que les commerces, les bureaux et l'Institut d'enseignement général et technique de Bongouanou. Bref, de la désolation dans la ville.

Si lors de ces nombreuses visites à l'intérieur du pays, Alassane Ouattara a souvent annoncé un Coup KO et donné une image de sérénité, eh bien, c'est une bien belle fausse impression. Son inquiétude grandit à mesure que la date de l'ouverture officielle de la campagne approche et que le mot d'ordre de désobéissance civile de l'opposition monte en puissance. Le giga-meeting du 10 octobre a fini par le convaincre que ses jours à la tête de la Côte d'Ivoire étaient comptés : Un million de personnes étaient attendues dont les 2/3 ont été bloquées par les policiers et gendarmes dans leurs cars dans les environs d'Abidjan. Après avoir vu cette démonstration de force (après celle de Yamoussoukro lors de l'investiture de Bédié il y a quelques semaines), il a, très rapidement, dépêché son directeur de cabinet voir le président ghanéen et président en exercice de la CEDEAO, Nana Akufo-Addo, qui rentrait de Bamako. Objectif : ouvrir une négociation avant l'organisation de la présidentielle. D'autre part, Ouattara a demandé à Akufo-Addo d'intervenir en sa faveur auprès du roi des Ashanti, Otumfuo Nana Osei Tutu II, pour qu'il parle à Henri Konan Bédié. Les Ashanti sont une communauté peuplant le Ghana et la Côte d'Ivoire, à laquelle appartient Henri Konan Bédié. Pour la petite histoire, le roi Otumfuo a accédé au trône en 1999 au moment où le président Bédié, lui, perdait le pouvoir à Abidjan, en décembre de la même année, victime d'un coup d'état militaire fomenté par Alassane Ouattara en personne. Le roi le sait sans doute très bien.

Afrique Education vous dit depuis plusieurs jours que la peur a changé de camp et que « le menteur d'Abidjan » (Alassane Ouattara) et sa très intrigante et affairiste épouse, Dominique ex-Folloroux, ont, véritablement, perdu le sommeil. Au sens propre comme au sens figuré. Ce que Ouattara avait planifié comme « promenade de santé » pendant son dernier déjeuner avec son ami, Emmanuel Macron, devient un noeud de plus en plus difficile à défaire.

La plateforme de l’opposition, Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), qui soutient le président, Laurent Gbagbo, a lancé, au lendemain du rejet de sa candidature à la présidentielle d'octobre, un appel pressant au peuple ivoirien à la mobilisation afin de faire barrage (par tous les moyens) à la forfaiture et à la dictature du « menteur d'Abidjan ». Le Pr Georges-Armand Ouegnin, président de EDS, Dr Assoa Adou, secrétaire général du FPI et l'incontournable vice-présidente du parti, Simone Ehivet Gbagbo, ont tenu une conférence de presse au siège du parti pour crier leur colère et lancé l'appel à la mobilisation générale contre la dictature en place.
Il faudrait quand même souligner la méchanceté de l'actuel chef de l'Etat qui a refusé un passeport diplomatique et même un simple passeport ordinaire à son prédécesseur, qui, lui, quand il était chef d'Etat, avait, généreusement, octroyé un passeport diplomatique non seulement à lui, Ouattara « le menteur d'Abidjan », mais aussi, à sa "mère". Ceux qui soutiennent cet individu actuellement perché au pouvoir à Abidjan, doivent savoir qu'il est un homme sans cœur. Il est capable de tuer père, mère, femme(s), enfants, neveux, nièces, oncles, tantes, beaux-parents, etc. pour garder le pouvoir. Malheureusement pour lui, ce ne sera plus possible cette fois car il ne sera pas le prochain président de la Côte d'Ivoire. C'en est fini de l'i-n-f-a-n-t-i-l-i-s-a-t-i-o-n du grand peuple de Côte d'Ivoire par le couple Ouattara.
On imagine à peine croyable que dans ce contexte, « le menteur d'Abidjan » a osé proposé au président, Laurent Gbagbo, de rester neutre (sans donner un mot d'ordre) pendant cette élection (à laquelle il a été exclu par ses manœuvres) pour pouvoir revenir en homme libre en Côte d'Ivoire, au lendemain de la présidentielle. Ce marché (que Gbagbo a rejeté immédiatement) est tellement insultant qu'il a le mérite de montrer le degré de considération de Ouattara envers les Ivoiriens qui l'avaient pourtant généreusement accueilli. Pour « le menteur d'Abidjan », les Ivoiriens ne méritent aucun respect. Ils ne sont que des sous-hommes.

Quand les historiens de cette présidentielle écriront l'histoire de la Côte d'Ivoire, ils se rendront compte de la méchanceté, de la roublardise, de la manipulation, du mensonge perpétuel que Ouattara usait pour infantiliser le grand peuple de Côte d'Ivoire. Il sera déjà tard car le forfait aura été commis. Ouattara fait en Côte d'Ivoire ce qu'il n'aurait jamais essayé de faire dans son pays d'origine, le Burkina Faso. Il s'est tout permis dans ce pays (qui l'a généreusement accueilli et qu'il a finalement asservi). Il va, aujourd'hui, jusqu'à décider qui va l'affronter à la prochaine présidentielle et comment, sans que personne ne lui dise « Stop ». C'est pourquoi il continuera dans les prochains jours à défier le peuple de Côte d'Ivoire jusqu'à ce que quelqu'un lui dise « Ca suffit ». Ce moment n'est plus loin. Car le pays commence à bouger du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest, et « le menteur d'Abidjan » commence à avoir peur, peur d'y laisser sa peau et celle de sa femme, abandonnant du coup leur immense fortune amassée sur le dos des Ivoiriens. Cet individu redoute l'issue qui lui semble réservée parce qu'il est allé trop loin dans le conditionnement du peuple ivoirien qui n'a que trop souffert et qui, comme un esclave ayant tellement enduré de son maître, finit par avoir raison de lui.
Le professeur, Mamadou Koulibaly, est un grand combattant. Dire que « le menteur d'Abidjan » le craint est une litote. C'est l'un des rares sinon le seul en Côte d'Ivoire à pouvoir contrarier, scientifiquement, les chiffres faux que Ouattara aligne comme succès économiques. Candidat à l'élection présidentielle en 2015, il ne l'est plus cette fois parce que Ouattara en a décidé autrement. Pas le Conseil constitutionnel, mais, Alassane Ouattara. Nous publions sa révolte ci-dessous, après qu'il ait été écarté de cette compétition qu'il prépare depuis cinq ans. Mais Mamadou dit que la lutte continue et elle va continuer jusqu'à la victoire finale, qui est proche. Car le mal ne triomphe jamais devant le bien.

Le Conseil constitutionnel (aux ordres de Ouattara comme l'a souvent indiqué Afrique Education) vient de rejeter 40 candidats à l'élection présidentielle du 31 octobre sur les 44 postulants. Parmi les candidats retenus, on compte Alassane Ouattara (RHDP), Henri Konan Bédié (PDCI-RDA), Pascal Affi N'Guessan (FPI) et Kouadio Konan Bertin (Indépendant). De confession musulmane (un élément à prendre en compte en Côte d'Ivoire), le président du Conseil constitutionnel, Mamadou Koné, joue à fond le jeu du « menteur d'Abidjan ». Si les choses continuent ainsi, avec un tel Conseil constitutionnel, « le menteur d'Abidjan » (qui a tout verrouillé avec son épouse) ne fera que conduire ses trois compétiteurs à l'abattoir. Avec le risque que la Côte d'Ivoire brûle par la suite.

Du 9 au 12 septembre, le président, Alassane Ouattara, a effectué une tournée républicaine dans la région du Moronou, qui compte trois départements. Il a multiplié des promesses dans le domaine de l'électrification, des forages d'eau, du bitumage des routes pour permettre l'écoulement des produits vivriers et de rente, des activités des femmes génératrices de revenus et de l'emploi des jeunes. Pendant quatre jours, la région a vibré au diapason de Ouattara et de son épouse. Omniprésente, comme à chaque occasion, cette dernière s'est chargée de la distribution des enveloppes. Cela dit, partout où il est passé, « le menteur d'Abidjan » comme on l'appelle, déjà, de plus en plus, a fait campagne pour sa réélection à ce 3e mandat qu'il sollicite et dont la majorité des Ivoiriens ne veut pas.

C'est ce samedi, 12 septembre, que le PDCI-RDA va investir, à Yamoussoukro, son président national, Henri Konan Bédié, pour la présidentielle du 31 octobre. Le professeur agrégé de cardiologie et secrétaire exécutif en chef du parti, Maurice Kakou Guikahué, a annoncé plus de 400.000 participants, soit, 5 fois plus de personnes qui avaient assisté à l'investiture du « menteur d'Abidjan » le 6 août, au stade Félix Houphouët-Boigny de la capitale économique. Précisons que la moitié de celles-ci étaient des étrangers à qui la direction du RHDP avait donné de 2.000 à 4.000 F CFA, par personne, pour y être physiquement. C'est une litote de chercher à démontrer que Ouattara n'a pas droit à un 3e mandat, même si la Côte d'Ivoire a changé de constitution. Le père de cette constitution, le professeur, Ouraga Obou, chef des experts qui l'ont rédigée, en 2016, a affirmé que le président sortant n'avait pas droit à un 3e mandat. Toute la Côte d'Ivoire a entendu. C'est d'un. De deux, après avoir roulé son aîné Bédié dans la farine, en refusant de respecter le pacte qui liait les deux hommes, « le menteur d'Abidjan » s'emploie, aujourd'hui, à l'exclure de l'élection, grâce au concours du Conseil constitutionnel aux ordres. C'est de la même manière que Ouattara a exclu deux autres grands rivaux (Laurent Gbagbo et Guillaume Soro) en se servant, cette fois, de la Commission électorale indépendante (CEI). D'où cette question de fond : pourquoi veut-il entraîner la Côte d'Ivoire vers des troubles irréversibles qui risquent de provoquer plus de morts que lors du contentieux électoral de 2010 ? Celui-ci avait provoqué 3.000 morts qu'il a fait attribuer à Laurent Gbagbo. Cette fois, il sera seul à assumer les milliers de morts qui s'en suivront. Voici ci-dessous, la réplique des avocats du candidat Henri Konan Bédié qui relèvent l'entourloupe utilisée par « le menteur d'Abidjan » afin de disqualifier son aîné de l'élection présidentielle.

Grand corrupteur devant l'éternel, « le menteur d'Abidjan » (Alassane Ouattara) avait convoqué, fin juillet - début août, les généraux, en catimini, pour offrir, à chacun, la rondelette somme de 100 millions de F CFA (150.000 euros). Pour boucher leurs yeux, leurs oreilles et leurs bouches. « Le menteur d'Abidjan» pense, ainsi, avoir acheté leur silence. Il a demandé leur concours dans son choix anticonstitutionnel de se succéder à lui-même dans le cadre d'un 3e mandat, ainsi que, leur concours actif en cas des troubles et des manifestations qu'une telle décision pourrait engendrer. Il a assuré qu'il veillerait qu'aucun d'eux n'ait des ennuis avec la CPI (Cour pénale internationale).

Le 57e Sommet ordinaire de la CEDEAO qui s’est tenu, lundi, 7 septembre, à Niamey, au Niger, a été, de nouveau, l’occasion pour les chefs d’Etat et gouvernement de s'écharper. Du coup, le donneur des leçons en chef (de la démocratie pour les autres), le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, en a pris pour son grade. Une nouvelle fois. Toujours en présence du président bissau-guinéen, Umaro Cissoko Emballo, qui lui avait passé un savon, lors du dernier Sommet en visioconférence, en lui faisant savoir, contre toute attente, qu'il ne pouvait pas se borner à condamner le coup d'état au Mali, comme il le faisait, et ignorer son propre coup d'état qu'il organisait contre la constitution de son pays dont il est le garant, en s'octroyant un 3e mandat qui lui est, formellement, interdit. Le président bissau-guinéen, cette fois, n'a rien dit, laissant le « grand-frère », Muhammadu Buhari, parler à sa place.