Le menteur d'Abidjan.

C'est la première fois, depuis plusieurs années, qu'on voit la Côte d'Ivoire dans cet état. Où rien ne fonctionne car pays bloqué. Pour répondre à l'arrestation des leaders de l'opposition unie et au placement en résidence surveillée du président du Conseil national de transition (CNT) et du PDCI, Henri Konan Bédié, et d'autres responsables de l'opposition, à force d'être moquée dans les réseaux sociaux par les jeunes burkinabé qui affirment que le supplice que l'ancien président Ouattara fait endurer au peuple de Côte d'Ivoire, est, tout simplement, impossible et inimaginable dans leur pays, la jeunesse ivoirienne a décidé de prendre son destin en main, en paralysant purement et simplement, l'ensemble de la Côte d'Ivoire, depuis ce lundi, 9 novembre et ce, jusqu'au départ du « menteur permanent », jure-t-elle. La première journée de blocus connaît un succès total. Il n'y a rien à redire. Même la proclamation de la victoire du « menteur » par le Conseil constitutionnel, ce jour, s'est déroulée dans une indifférence totale, dans une salle quasi-vide (puisque les manifestants avaient menacé d'incendier les voitures de ceux qui s'aventureraient dehors).

Toujours embastillé et en résidence surveillée depuis deux jours (ce qui est illégal et les avocats de l'opposition ont dénoncé cette énième violation de la loi par le « menteur illimité », le président, Henri Konan Bédié, a reçu, mercredi, 4 novembre, vers 17h GMT, les ambassadeurs occidentaux (Union européenne, pays de l'UE, Etats-Unis, Grande-Bretagne et France) en sa résidence, à Cocody. Objectif : lui faire part de la substance de leur échange avec « le menteur permanent » et recueillir le sentiment du président Bédié par rapport aux intentions de ce dernier.

 

Ouattara est devenu fou. Complètement fou au point où personne ne lui parle plus. Selon certaines sources, il n'a confiance qu'en trois personnes : sa femme Dominique Ouattara, son petit-frère, Photocopie, et son premier ministre, Hamed Bakayoko. C'est pourquoi il a refusé l'arrivée d'une mission ministérielle de la CEDEAO sur la prévention des conflits, composée des ministres des Affaires étrangères du Ghana, du Togo et du Sénégal, qui devait atterrir cet après-midi à Abidjan. Tout comme il a zigzagué pour que les présidents du Ghana et du Niger, ne viennent pas en Côte d'Ivoire alors qu'ils étaient annoncés il y a deux jours.

Le président du Ghana et président en exercice de la CEDEAO, Nana Akufo-Addo, est à la manœuvre. Le dossier ivoirien étant plus lourd que ses frêles épaules, il se fait, désormais, assister par son prédécesseur à cette même fonction, le président du Niger, Mahamadou Issoufou. Ce dernier est un modèle en Afrique dans la mesure où il a décidé de quitter le pouvoir à l'issue de son deuxième et dernier mandat. Un mauvais exemple donc pour le « menteur d'Abidjan » qui, lui, cherche à mourir au pouvoir. Tous deux, selon nos informations, sont arrivés hier soir à Abidjan où ils doivent rencontrer les deux camps.

La RTI (Radio télévision ivoirienne), cette télévision d'Etat qui ne « rassemble » pas contrairement à sa devise a, complètement, passé sous silence, le voyage du président, Henri Konan Bédié, à Accra où il est allé rencontrer, à la demande « pressante » (rappelons-le) du « menteur d'Abidjan » (Alassane Ouattara), le président du Ghana et président en exercice de la CEDEAO, Nana Akufo-Addo, et le roi des Ashanti, Otumfuo Nana Osei Tutu II. Un tel black out sur cette information qui est sur la bouche de tous les Ivoiriens, n'étonne pas dans la République du « rattrapage ethnique » des Ouattara où le ministre de la Communication porte-parole du gouvernement, le directeur général de la RTI et la directrice de l'information de la RTI, sont tous des parents (musulmans) du chef de l'Etat.

« Le menteur d'Abidjan » n'organisera pas son hold up électoral en vase clos. Loin des regards de la communauté internationale, en dehors de la CEDEAO complaisante. Un bloc solide est en train de se constituer pour empêcher son passage en force. Ce bloc est composé des trois candidats validés par le Conseil constitutionnel, mais aussi, de tous les autres recalés dont l'ancien président, Laurent Gbagbo, l'ancien premier ministre, Guillaume Soro, les anciens ministres, Albert Mabri Toikeusse et Amon Tanoh. Voyant le mauvais chemin que prend le processus électoral dans le pays, la communauté internationale commence à se faire entendre. C'est ainsi que l'Union européenne a fait part de son inquiétude, ce vendredi, 18 septembre, dans un communiqué qui demande au président, Alassane Ouattara, de bien vouloir faciliter une élection inclusive et transparente.

La parole de l'ex-chef des Forces nouvelles était fortement attendue au lendemain de son exclusion de la liste des candidats à l'élection présidentielle du 31 octobre. Cette parole est venue jeudi, 17 septembre, matin, dans un grand hôtel parisien où l'ancien premier ministre et ancien président de l'Assemblée nationale n'a pas hésité à déverser sa bile sur celui qu'il avait aidé à accéder au pouvoir, par le biais des armes, et qui, aujourd'hui, le lui rend, en lui collant 20 ans de prison et son exclusion de l'élection présidentielle. Pourtant, Soro jure qu'il va bel et bien participer à cette élection dont il demande, par ailleurs, le report pour plus de transparence. Pour obtenir celui-ci, il souhaite l'union de tous les trois candidats sélectionnés pour concourir avec « le menteur d'Abidjan » : Henri Konan Bédié du PDCI, Pascal Affi N'Guessan du FPI et Kouadio Konan Bertin (Indépendant).