Macron

Que le président français se soit rallié à l’idée que Dramane Ouattara voulait partir du pouvoir mais qu’il a décidé de se représenter pour la seconde fois par devoir, qu’il l’ait félicité ensuite pour sa “réélection” ne peut choquer que ceux qui ont déjà oublié que ce dernier fut installé au pouvoir en avril 2011 par le voyou et inculte Nicolas Sarkozy à coups de bombes qui firent des milliers de morts et de blessés graves. C’est l’inverse, c’est-à-dire, la condamnation du viol de la Constitution ivoirienne par celui qui est censé la protéger, qui eût surpris.

 

On savait, depuis plusieurs mois, que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, ne pouvait passer un weekend, avec son homologue français, Emmanuel Macron. Tant les relations entre les deux chefs d'Etat sont exécrables, et le mot est faible. Mais, on ignorait à quel point les deux se haïssaient cordialement. Un nouveau point de cette escalade haineuse vient d'être franchie. Ce vendredi, 14 août, en effet, le gouvernement turc a accusé la France de se comporter « comme un caïd », et d'accentuer les tensions en Méditerranée orientale, après le renforcement de la présence militaire française dans cette zone où Ankara et Athènes s’opposent, mais où Ankara vient de découvrir un important gisement de gaz qui devrait faire de la Turquie un futur pays exportateur de gaz, comme la Russie. La France soutient la Grèce dans ce conflit qui l'oppose à la Turquie, mais, en Afrique, ils se font face.
Ce jeudi, 10 septembre, en Corse, où il préside un Sommet des pays du Sud de la Méditerranée, le président français, très amer, a réaffirmé que « la Turquie n'est plus un partenaire » et demandé de « la clarté et la fermeté de l'Europe envers le président Erdogan », qui, visiblement, menace les intérêts de la France en Méditerranée orientale.

La France renforce d’un cran son dispositif de dépistage du Covid-19, avec des tests obligatoires au plus tard, le 1er août, pour les voyageurs provenant de 16 pays classés « rouge », alors que les autorités avertissent d’une «nette augmentation » de la circulation du coronavirus. Ces 16 pays sont les Etats-Unis, les Emirats arabes unis, Bahreïn, Panama, l'Afrique du Sud, le Koweït, le Qatar, Israël, le Brésil, le Pérou, la Serbie, l'Algérie, la Turquie, Madagascar, l'Inde et Oman. La présence de Madagascar sur cette liste a de quoi étonner. Tentatives d'explications.

Quand Dramane Ouattara annonça, le 5 mars 2020, à Yamoussoukro, qu’il ne briguerait pas un 3e mandat, certaines personnes prirent d’assaut maquis et bars, le soir, pour fêter cela. D’autres comme Adama Bictogo comparèrent Ouattara à Nelson Mandela. Or, tout le monde sait que le premier président noir de l’Afrique du Sud, en plus de ne pas sauter les clôtures des ambassades pour se cacher, s’abstint de persécuter et de jeter en prison ses adversaires blancs. D’autres encore félicitèrent le président reconnu par la communauté internationale pour cette “décision courageuse et salutaire” (Simone Ehivet Gbagbo) pour cet “acte fort” (Pascal Affi N’Guessan), etc.

Les signaux d’un décrochage définitif s’accumulent pour le jeune président. Un peu à la façon d’un François Hollande, Emmanuel Macron se retrouve peu à peu lâché de toutes parts : sondages, opinion publique, partenaires sociaux, et même députés de la majorité : en trois ans, il a perdu 14 députés sur les 314 que comptait son parti, La République en Marche (LAREM). Sa majorité n'est pas encore en danger car il faut 289 députés pour faire passer un texte sans quémander les voix ailleurs. Mais, au rythme où les défections se font (trois départs rien que ces dix derniers jours), il y a lieu de craindre. Aujourd'hui, le jeune président tombe à moins de 25 % d’opinions favorables dans les sondages, comme François Hollande après trois ans de présidence. La défiance envers l'actuel locataire de l'Elysée est quasi unanime. Par rapport à son prédécesseur, elle se double d’une haine tenace, féroce. Car contrairement à Hollande, les Français se persuadent, massivement, d’une quadruple imposture. En effet, Macron, pour devenir président de la République, leur a menti. Il s'est présenté dans la peau d'une personne qu'il n'est pas. En colère, fortement, contre lui (on n'a qu'à voir les Gilets Jaunes et la multiplication des grèves dans tous les secteurs y compris chez les policiers), les Français vont le lui faire payer très (très) cher en avril-mai 2022.

Vive Jair Bolsonaro d'avoir « menti » à Emmanuel Macron sur ses engagements climatiques, lors du Sommet du G20, à Osaka, au Japon. La forêt de l'Amazonie, qui fournit 20% de l'oxygène au monde, est en feu par le fait du président brésilien qui favoriserait, ainsi, les lobbies agricoles, qui l'ont fait élire président de la République. Sauf qu'il s'est mis à dos, en très peu de temps, toute la communauté internationale dans son ensemble, lui, le climatosceptique comme son ami, Donald Trump, qui ne croit pas au réchauffement climatique. Au moment où l'Europe pousse à la non-signature du traité du Mercosur grâce à une forte pression de la France, on se souvient que l'autre forêt, celle du Bassin du Congo, peine à survivre à cause des engagements pris lors du Sommet de Paris, et qui sont restés lettre morte malgré le respect du cahier des charges par les pays d'Afrique centrale. Et si les dirigeants des pays concernés se comportaient comme Jair Bolsonaro ? Cette question s'adresse aux pays du G7 qui refusent de respecter leurs engagements.

La France et l'Allemagne ont dénoncé, dimanche, 30 juin, l'attitude de l'Italie, qui a, vivement, réagi, après l'arrestation de Carola Rackete, la jeune capitaine du navire humanitaire, Sea-Watch, qui a accosté de force, à Lampedusa, pour débarquer 40 migrants secourus deux semaines plus tôt. Parallèlement, un mouvement de soutien à travers l'Europe a, déjà, permis de récolter plus d'un million d'euros pour financer les frais de justice de la jeune femme et la poursuite des opérations de secours de l'ONG.

Ce que je vais vous raconter, ici, n'est pas de la fiction. C'est la réalité pure et simple telle qu'elle devrait être enseignée dans les universités et grandes écoles africaines : en perte de vitesse, dans ce qu'on appelle, aujourd'hui, « village planétaire », la France, après avoir, sans succès, activé tous ses leviers internes pour se relancer, se voit, maintenant, obligée, contrainte forcée d'amorcer le dernier acte de sauvetage de son économie : la recolonisation de ses anciennes possessions, non pas d'Asie (le Vietnam, le Cambodge et le Laos sont des bastions imprenables), ni du Maghreb (l'Algérie, le Maroc et même la Tunisie restent hermétiquement fermées à une telle (re)reconquête), mais, d'Afrique noire.

Personne ne peut dire que le nouveau locataire de l'Elysée est immobile. Après avoir quitté le gouvernement de François Hollande parce qu'il n'allait pas assez loin dans les réformes, en cherchant, toujours, à ménager la chèvre et le choux, Emmanuel Macron doit, montrer, maintenant, qu'il est aux commandes de l'Etat, que, lui fait ce qu'il dit et dit ce qu'il fait. Sauf que, comme le général de Gaulle aimait à le souligner, « la volonté seule ne suffit pas », encore faut-il en avoir la capacité. Les critiques s'abattent, de toutes parts, sur le jeune président français. Qui de son côté veut faire bouger la France. Les solutions aux multiples problèmes, il les cherche, partout, y compris, avec la torche. Il en est de l'immigration, ce serpent des mers, qui n'est que la conséquence (directe) du système colonial et néocolonial de la France, en Afrique. Certains parlent de Françafrique. Macron convoque, lundi, 28 août, un mini-Sommet, à l'Elysée, pour en parler. Un énième Sommet, pour (certainement) tourner en rond. Car le problème essentiel de l'Afrique (et dont de l'immigration) est dans la malgouvernance que la France protège (précieusement) en Afrique car c'est elle qui fait, en partie, son rayonnement à l'international.