Mali

Ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et des Togolais de l’extérieur de la République togolaise, le professeur, Robert Dussey, a effectué, le lundi, 19 octobre 2020, une visite de travail à Bamako au Mali, porteur pour le compte du président de la transition, Bah N'Daw, un message du président, Faure Essozimna Gnassingbé.
  

Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA), organisation qui abrite le syndicat de chefs d'Etat et de gouvernement africains, a levé, vendredi, 9 octobre, la suspension du Mali de l'organisation continentale, imposée le 19 août au lendemain du coup d'état ayant renversé le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta. Cette suspension est automatique en Afrique : dès qu'il y a un coup d'état dans un pays, l'UA ne cherche même pas à savoir ce qui s'est passé. Elle suspend, immédiatement, le pays de ses instances même si le coup d'état effectué est salvateur. En procédant ainsi, les dirigeants africains ont cherché à se protéger en mettant en place ce dispositif de dissuasion. Mais, empêche-t-il réellement un militaire de chasser un président par les armes ? Que non !

« Le président de la République  confirme  la libération de Soumaïla Cissé et Madame Sophie Pétronin.  Les ex-otages sont en route pour Bamako ». Cette information de la libération du chef de l'opposition malienne, Soumaïla Cissé et de l'humanitaire française, Sophie Pétronin, a été rendue publique, jeudi, 8 octobre, par la présidence malienne. Fortement manipulée par le président ivoirien, Alassane Ouattara, au point de lui faire perdre son crédit auprès de la population, la CEDEAO a, ici, la preuve (par neuf) que le CNSP (Comité national pour le salut du peuple) malien n'a pas pris le pouvoir pour se la couler douce. Ni se remplir les poches comme le pouvoir déchu. En l'espace de deux mois, il a débloqué une situation qui avait dépassé le pouvoir (très démocratique) d'Ibrahim Boubacar Keïta, qui bénéficiait des soutiens de ses partenaires français et des Nations-Unies, avec un résultat à peu près nul.

Le CNSP (Comité national pour le salut du peuple) continue de dérouler son programme comme il l'entend, sans la pression de la CEDEAO que manipule à souhait le président ivoirien, Alassane Ouattara. C'est ainsi qu'après plus d'un mois d'internement, l'homme fort du Mali, le colonel, Assimi Goïta, a fait libérer quelques prisonniers devenus encombrants. Ces personnalités politiques et militaires arrêtées suite aux événements du 18 août 2020 ont été libérées, mercredi, 7 octobre, soir. L’annonce de leur libération a été faite par le colonel lui-même dans un communiqué.

Le numéro 490 d'octobre d'Afrique Education a été livré à notre distributeur, les MLP (Messageries lyonnaises de presse), mercredi, 30 septembre. Notre direction des ventes qu'assure la société Pagure Presse a prévu une mise en vente chez les marchands de journaux en date du vendredi, 2 octobre. Mais, en France et ce depuis quelques années, l'éditeur propose, le distributeur dispose. Du coup, le numéro d'octobre 2020 d'Afrique Education est resté bloqué dans les entrepôts des MLP par une grève des travailleurs. Les négociations se sont engagées et samedi, 3 octobre, notre directeur des ventes, Eric Boscher, nous a transmis l'information distribution suivante : « Chers éditeurs, Nous sommes parvenus à un accord. Le mouvement social est terminé. Le travail reprend sur nos 3 sites d'exploitation cette nuit, et se poursuivra demain. Le retard à résorber étant conséquent, nous vous remercions néanmoins de maintenir le décalage de vos livraisons à mardi 6 octobre, à l'exception des hebdomadaires que nous pourrons réceptionner dès demain » (fin du courrier de la direction commerciale des MLP).
Au final, le numéro 490 d'octobre 2020 d'Afrique Education sera mis en vente mardi, 6 octobre.
La presse écrite en France connaît un véritable tremblement de terre. La presse panafricaine, quant à elle, vit un tsunami, qui a tué presque tous les titres qui existaient avant la survenue du coronavirus. Ne continuent de paraître que les magazines les plus résistants. A condition d'adopter une périodicité réaliste si on opte pour la version papier. Conséquence, même les hebdomadaires papier d'hier sont devenus des mensuels aujourd'hui.
Afrique Education, de son côté, avait anticipé la difficulté en abandonnant, opportunément, la périodicité bimensuelle en 2016 au profit de la périodicité mensuelle. Ce changement a été compensé par l'érection du site quotidien d'information www.afriqueeducation.com
Ces dispositions d'avant-garde ont (grâce à Dieu) permis à votre magazine préféré de survoler les difficultés provoquées par le coronavirus et d'être encore debout, prêt à affronter tête haute poitrine bombée l'année 2021, avec professionnalisme et responsabilité.
Nous vous invitons à savourer le contenu du numéro 490, surtout, les dossiers sur le Mali, le Congo-Brazzaville, et la Côte d'Ivoire, pays où l'élection va, par la force des choses, être reportée de plusieurs mois. Au moins.

La pression était à son maximum, exercée, spécialement, par le chef de l'Etat de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, qui, à travers une telle fermeté entend décourager toute possibilité de coup d'état dans son propre pays. Mais, faut-il être absolument le président de transition au Mali pour peser sur la transition ? Que non ! Les militaires reconnaissent d'ailleurs le colonel Bah N'Daw comme l'un des leurs. Le Mali sera un pays dirigé sous une forme collégiale avec comme principale force d'inspiration, le CNSP (Comité national pour le salut du peuple) qui a permis sa libération.

Ce n'est pas à chaque sommet que la Côte d'Ivoire et la Guinée recevront les leçons de démocratie des autres pays membres. Le président, Umaro Embalo, de Guinée Bissau avait, le premier, en visioconférence, invité le « menteur d'Abidjan » à mettre la pédale douce dans sa façon de condamner le putsch militaire qui avait eu raison du fragile pouvoir d'Ibrahim Boubacar Keita du Mali. Le culot du nouveau président bissau-guinéen en avait surpris plus d'un. Quelques jours après, à Niamey, c'est le grand Muhammadu Buhari du Nigeria, qui mettait les pieds dans le plat en demandant à ses homologues de respecter la limitation des mandats prônée par leur constitution. Une fois de plus, « le menteur d'Abidjan » encaissa le coup, tout seul, parce que pressentant la leçon, Alpha Condé avait, lui, préféré se faire représenter à ce sommet par son ministre des Affaires étrangères. A Accra, le 15 septembre, le très effacé président du Ghana, Nana Akufo-Addo, qui ne veut fâcher personne, n'a pas été digne de la réputation du Ghana, pays qui compte des baroudeurs comme son prédécesseur, Jerry Rawlings.Toutefois, l'utilité de la CEDEAO est posée au moment où cette institution s'éloigne des attentes des peuples d'Afrique de l'Ouest, en n'en faisant qu'à la tête des chefs d'Etat dont beaucoup affichent un comportement réprimandable.

Alassane Ouattara est désormais « surveillé » par ses homologues de la CEDEAO, qui refusent son jusqu'au boutisme au Mali. Ils ont fini par comprendre que sa position au Mali était définie par rapport aux questions de politique intérieure en Côte d'Ivoire. Ses propositions ne passent donc plus comme une lettre à la poste. Il commence même à être vertement combattu.

Au Mali, depuis le 18 août, le pouvoir n'est plus entre les mains d'IBK (Ibrahim Boubacar Keïta) dont la mal-gouvernance était dénoncée par tout le peuple malien y compris par les députés de sa propre majorité. Son incompétence est symbolisée par deux chiffres : 7 ans de pouvoir, 7 premiers ministres. Une (contre)performance à inscrire dans le livre des records. Heureusement qu'Allah est grand ! Le pouvoir, désormais, est entre les mains du peuple. Ce peuple s'appelle l'armée à travers le CNSP (Conseil national de salut public), le Mouvement du 5 juin, l'opposition et la société civile. Et c'est à ce moment que l'Union africaine vient jouer les trouble-fête, après l'échec patent de la CEDEAO à ramener le calme au Mali. On ne voit pas pourquoi, après avoir été absente (comme d'habitude) pendant que le peuple manifestait sa souffrance et son dégoût de cette mal-gouvernance, dans la rue, l'Union africaine vient, aujourd'hui, fourrer, grossièrement, son nez dans les affaires du Mali, en le suspendant de ses instances et en exigeant le rétablissement d'un pouvoir constitutionnel. De quoi je me mêle ? Il en est de même de la CEDEAO qui est actuellement dirigée en sous-main par Alassane Ouattara via son président de la Commission, Jean-Claude Kassi Brou. La CEDEAO demande le rétablissement d'IBK dans ses fonctions. C'est une totale méconnaissance de la situation qui prévaut au Mali. Mais, une fois de plus, Ouattara est à la manoeuvre. IBK ne retrouvera pas ses fonctions. Y en a marre de contourner les textes de loi à des fins de pouvoir personnel au Mali comme ailleurs en Afrique. L'Union africaine (si elle veut être prise au sérieux un jour en Afrique) doit être à l'écoute des peuples d'Afrique, surtout, quand ils manifestent leur mécontentement à l'endroit d'un pouvoir autocratique. C'est par exemple le cas aujourd'hui en Côte d'Ivoire où Alassane Ouattara, après avoir fait ses deux mandats, veut s'accrocher au pouvoir, en faisant un 3e, puis, un 4e mandat, que le peuple rejette catégoriquement. Le troisième mandat de Ouattara ne passera pas (point). Paroles du peuple de Côte d'Ivoire dans sa majorité. Si l'Union africaine se veut utile, c'est aujourd'hui qu'elle doit intervenir dans ce pays en ramenant Ouattara à la raison. Elle peut le faire par un communiqué public pour prendre date. Si elle ne le fait pas, qu'elle ne s'invite pas demain, en donneuse de leçon, quand la situation aura dégénéré. Car le peuple est décidé à barrer la route au 3e mandat de Ouattara. Message transmis au président en exercice, Cyril Ramaphosa, et au président de de la Commission, Moussa Faki Mahamat.

Alassane Ouattara a peur. Car les Ivoiriens ont découvert son jeu. Les Africains de l'Ouest aussi. Un jeu, excessivement, dangereux, qui avait produit en décembre 1999, son premier coup d'état en Côte d'Ivoire. Mais, bien qu'il ait confisqué toutes les manettes du pouvoir des institutions de la sous-région entre ses seules mains, il ne va pas s'en sortir cette fois-ci.

Les événements qui mettent le Mali, aujourd'hui, en avant, ne nous étonnent pas. Afrique Education les avait prévus. Et pour qu'ils ne surviennent pas, un article avait été posté, mardi, 28 juillet, à 12h54, et envoyé aux dirigeants de la CEDEAO, à Abuja, afin que les dispositions soient prises pour éviter le pire qu'on sentait venir.

Lors d'un sommet virtuel de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), les chefs d'Etat des pays d'Afrique de l'Ouest ont exigé, lundi, 27 juillet, la "mise en place rapide d'un gouvernement d'union nationale avec la participation de l'opposition". Une recommandation rapidement mise en oeuvre par le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), qui a, immédiatement, constitué, une équipe ministérielle restreinte composée de ministres de souveraineté (Défense, Affaires étrangères, Intérieur, Finances, Justice), dans l'esprit des recommandations de la CEDEAO, en attendant son élargissement aux contestataires. C'est une fuite en avant car ce fameux gouvernement d'union nationale (à venir), n'est pas le remède qui pourra guérir le mal malien. Il en faudra beaucoup (beaucoup) plus.

Un sommet extraordinaire entre dirigeants de pays ouest-africains se tiendra par visioconférence, lundi, 27 juillet, pour proposer des mesures pour mettre fin à la crise politique qui ébranle le Mali, a affirmé le président du Niger, Mahamadou Issoufou, président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ce que les présidents des pays de la CEDEAO ne veulent pas, publiquement, admettre, c'est la perte du pouvoir par leur homologue malien au profit des djihadistes au travers de l'imam, Mahmoud Dicko, qui est proche de leurs idées.

La mort du vétéran d'Al-Qaïda, Abdelmalek Droukdal, connu sous le nom de guerre, Abou Moussab Abdelwadoud, par l'armée française au Mali, est comparable à celle de Abou Bakr al-Baghdadi, le 26 octobre 2019, dans le gouvernorat d'Idleb, en Syrie. Elle est plus symbolique qu’autre chose. Autrement dit, elle ne changera rien sur le terrain. Mais, soyons honnêtes : les symboles ont leur force et c’est tout de même une victoire pour l’armée française. C'est, surtout, excellent pour le moral des troupes.

"Le 3 juin, les forces armées françaises, avec le soutien de leurs partenaires, ont neutralisé l’émir d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Abdelmalek Droukdel, et plusieurs de ses proches collaborateurs, lors d’une opération dans le Nord du Mali", selon la ministre des Armées, Florence Parly, sur son compte Twitter.

Un légionnaire français a été "tué au combat", lundi, 4 mai, lors d’une opération de lutte contre les groupes armés djihadistes au Mali. La présidence de la République française, qui a publié cette douloureuse information, confirme, ainsi, le deuxième décès, en quatre jours, dans les rangs de la force française Barkhane au Sahel.

Le tombeau des Askias à Gao (Nord-Est), un des quatre sites au Mali inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco, va être réhabilité, ont indiqué, mercredi, 11 mars, les autorités maliennes et une organisation de sauvegarde des monuments en zone de conflit.

Une telle exigence préalable, c'est mettre le couteau sous la gorge du pouvoir malien. C'est à se demander si au fond, les terroristes veulent vraiment négocier ou cherchent-ils, juste, à tester les capacités du pouvoir, qui du reste, est accusé de faiblesse face à l'ennemi ? En effet, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, la coalition terroriste affiliée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), a publié, dimanche, 8 mars, un communiqué, qui montre une volonté de désescalade. Le GSIM, JNIM selon son acronyme en arabe, y affirme qu'il ne pose aucun préalable aux discussions si ce n'est le retrait des troupes françaises de l'Opération Barkhane. En posant cette condition, on peut se demander si les terroristes souhaitent, réellement, négocier. Car il faut rappeler que s'ils ne sont pas, aujourd'hui, solidement, implantés à Bamako, c'est parce que l'armée française, en 2012, les y avait empêchés. Ils ne peuvent donc pas porter cette dernière dans leur cœur.

L'attaque de ce dimanche, 26 janvier, a eu lieu, à Sokolo, à 400 kilomètres, au Nord du Mali. On a dénombré, au moins, 19 soldats tués et 5 blessés. Des renforts ayant été dépêchés, le poste de gendarmerie était, sous contrôle FAMa, début d'après-midi. Mais à quel prix ? Le ratissage de l'avion militaire malien sur zone, n'a pu rien donner, encore moins, les gros moyens de surveillance des Américains et des Forces Barkhane qui écument le secteur. Sans jamais jamais rien voir de suspect. A un moment donné, ça commence à être trop. Du matériel a été endommagé et ou emporté par les assaillants. Comment les populations maliennes ne doivent-elles pas se poser des questions ? Ce sont des attaques qui se suivent et se rassemblent et en face, aucune réaction alors que les meilleures armées du monde (Etats-Unis, France, etc.) campent sur place.

Dans le numéro 483-484 d'Afrique Education, actuellement, chez les marchands de journaux, un article explique comment la France caresse, depuis les années 90, l'idée d'obtenir la partition du Mali pour mieux contrôler ses ressources naturelles. Cette politique commencée dans les années 90 n'a pas pris un ride : les présidents François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, ont beau faire un tour à l'Elysée (14 ans pour Mitterrand et 12 ans pour Chirac), cet objectif n'a guère changé d'un iota. Au Sommet de la « clarification » que le président, Emmanuel Macron, compte organiser, à Pau, début 2020, il serait intéressant que le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, demande des explications à ce sujet à son homologue français, à un moment où l'assistance militaire de Barkhane, devient un sujet de préoccupation pour tout le peuple malien.