Modification de la constitution

Le ministre guinéen de la Justice, Cheick Sako, a présenté sa démission au président, Alpha Condé. Un de ceux qui n'approuvent pas l'idée que le président de la République fasse entorse à la constitution en briguant un troisième mandat, il a préféré jeter l'éponge au moment où le pays connaît un vif débat sur l'opportunité d'une nouvelle constitution dont l'une des principales finalités reste la possibilité donnée à Alpha Condé de rester en place après ses deux mandats constitutionnels.

Jacob Zuma avait mis son intelligence et son énergie ailleurs. Les problèmes de justice auxquels il est, aujourd'hui, confronté le prouvent. Sitôt arrivé à la tête de l'Etat, son ancien vice-président, Cyril Ramaphosa, a décidé de s'attaquer à la réforme agraire, qui est une promesse lointaine que n'avait pu mettre en œuvre le président, Thabo Mbeki. Décidé à la réaliser, Cyril Ramaphosa vient de mettre le parlement à contribution, une étape déterminante pour son succès.

Voilà un ancien maquisard qui a accédé au pouvoir, par les armes, en promettant la démocratie pure et parfaite, une fois, à la tête de l'Etat. Son objectif atteint, il met, plutôt, des barrages pour empêcher le bon fonctionnement des partis politiques et associations. Seul son parti, le FPR (Front patriotique rwandais) a le droit d'existence. Toute personne qui propose une autre lecture des événements de 1994, est taxée de « révisionniste » et, immédiatement, jetée en prison. Pour la deuxième fois, le général, Paul Kagamé, va se présenter à l'élection présidentielle, sans adversaire, et fera, au bas mot, 95% des voix. Comme sous l'Union soviétique de Brejnev. C'est la démocratie version Kagamé, qui sait pourquoi il critique les Occidentaux (et pourquoi ces derniers le critiquent) à ce sujet. Mais, il y a mieux : le longiligne général-dictateur vient de s'offrir une constitution, qui lui assure la présence à la tête du pays jusqu'en l'an 2034 au moins. Si ce n'est pas la présidence à vie que Kagame s'est octroyée, qu'on nous dise ce que c'est.