MPP

Après 28 ans passés à la tête de l'Etat, Blaise Compaoré du haut de son titre de « capitaine » de la très malmenée armée du Burkina Faso par les djihadistes, s'en est allé, il y a six ans, laissant son ancien (ancien) premier ministre, Roch Marc Christian Kaboré, lui succéder au poste de président de la République, non pas comme candidat du CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès), mais du MPP (Mouvement du peuple pour le progrès). Après presque cinq ans de mandat, le bilan du chef de l'Etat n'est pas (très) bon, avec un coronavirus qui n'a épargné personne, mais surtout, à cause d'une insécurité qui a fini par déstructurer le pays, causant la peur-panique jusque dans Ouagadougou. Il ne faut pas se le cacher : Roch présente un bilan contestable qui contraindra, assurément, ses partisans à véritablement mouiller le maillot, s'il veut se succéder à lui-même. La réélection n'est impossible mais il faudra batailler dur. Cela dit, le président peut s'estimer heureux qu'il ne soit pas malaimé et, véritablement, honni comme son homologue du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, dont la rue demande une démission immédiate pour incompétence généralisée et mal-gouvernance caractérisée.

Un an après l'arrivée aux affaires de Roch Marc Christian Kaboré, la belle union qui avait eu raison des tenants de l'ordre ancien, a volé en morceaux : ce qui aurait pu être qualifié de majorité au pouvoir est, désormais, totalement, désuni. Mieux, il fait, parfois, rang ensemble avec le CDP, le parti de l'ancien chef de l'Etat, Blaise Compaoré, et ses alliés. Mais, ce qui est grave, c'est que les Anti-Roch ne se limitent pas à un simple débat d'idée. Les amis du président de la République redoutent qu'un coup d'état pour le déloger de Kosyam, soit en préparation.

Voilà un chef d'Etat, démocratiquement, élu par les électeurs du Burkina Faso, qui, est aux affaires, armé de meilleures intentions du monde. Il a composé un gouvernement de jeunes ministres, qui prennent leur marque, au fur et à mesure, dans un contexte sous-régional et international, particulièrement, difficile. Il a besoin de ne pas être déstabilisé, pour le bien de tous.

De son exil doré à Abidjan, Blaise Compaoré rêve-t-il de revenir aux affaires à Ouagadougou ? Le parti du président, Roch Marc Christian Kaboré, le pense, sincèrement. Lundi, 24 octobre, il a accusé les pro-Compaoré d'être à l'origine de la nouvelle tentative de coup d'état déjouée, début octobre, et dont les auteurs se recrutaient dans le fameux RSP dissout pendant la transition.

Selon les résultats proclamés par la CENI, le CDP fait partie du trio de tête des formations politiques qui siégeront à la future Assemblée nationale.