Pasteur Ntoumi

Denis Sassou-Nguesso est (très) silencieux ces derniers temps. Totalement muet. Il sait pourquoi. Ses dernières cartes jetées dans la bataille du Pool où il essaie d'en finir avec les FALC (Forces d'autodéfense pour la libération du Congo) tournent à un véritable massacre de ses propres troupes : sans exagérer, on compte, déjà, près de 200 soldats tués non seulement par les combattants de Ntoumi, mais aussi, par les hélicoptères du dictateur qui ont bombardé, par erreur, hier, les soldats venus de Brazzaville, provoquant un bain de sang. L'état-major, comme d'habitude, ne fera aucune déclaration.

Alors que le « Congo-Brazzaville est un pays en crise » comme l'a souligné, l'ancien candidat à la présidentielle, André Okombi Salissa, dans le numéro 447 d'Afrique Education (actuellement chez les marchands de journaux), le président du Congo, Denis Sassou Nguesso, préfère s'occuper des crises des pays voisins. Il en est, par exemple, de celles du Centrafrique et de la République démocratique du Congo. Alors que chez lui, au Congo-Brazzaville, un département, le Pool, est en feu et ce, depuis plusieurs mois.

A quand la fin de l'instinct bestial et destructeur du dictateur Sassou-Nguesso ? Plus il prend de l'âge, plus il redouble de méchanceté. Alors qu'il ne fait qu'accumuler les années de pouvoir (33 ans exactement), la sagesse, au même moment, est la chose qui lui ferait le plus grand bien. On dirait qu'il n'est pas à l'aise quand il ne voit pas le sang couler. Son souffre-douleur, depuis quelque temps, est sans conteste, le pasteur Ntoumi, qu'il veut mort ou vif.

Cette fois, Sassou-Nguesso avait bien préparé son coup pour mettre la main sur le pasteur Ntoumi, mort ou vif. Non seulement, il a mis les mercenaires de Miskine dans l'opération, mais, pour la première fois, il a fait aussi appel aux experts israéliens. Malheureusement pour lui, Ntoumi, une fois de plus, est demeuré invisible et introuvable.