Présidentielle

On appelle cela lâcheté. Une attaque qui défie toutes les règles de la guerre. En effet, deux villages nigériens près de la frontière malienne ont été attaqués, samedi, 2 janvier, par des terroristes, au moment où le Niger était en pleines élections présidentielle et législatives. Autrement dit, tous les moyens de l'Etat en hommes armés, étaient, logiquement, et légitimement, orientés vers la bonne tenue de ce scrutin. Résultat, au moins cent civils ont été tués, selon Almou Hassane, le maire qui administre les deux villages.

 

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) du Niger a annoncé, samedi, 2 janvier, les résultats du premier tour de la présidentielle. Le Coup KO promis par le candidat du président sortant, Mohamed Bazoum, n'a pas eu lieu. Un second tour sera nécessaire en février pour le départager avec l'ancien président Mahamane Ousmane.

 

La Centrafrique a pu organiser les élections présidentielle et législatives à la date prévue (le 27 décembre 2020) alors qu’Anicet-Georges Dologuélé et les autres leaders de l’opposition soutenus et manipulés par Paris voulaient que ces élections soient reportées à cause de “l’insécurité et de la reprise des combats dans un pays contrôlé aux deux tiers par les groupes armés”, si l’on veut reprendre les mots de RFI, la Radio de l'influence française en Afrique francophone.

 

L'ancien, président François, est sorti de son silence. Il a appelé, ce 27 décembre 2020, jour des élections présidentielle et législatives, les Centrafricains à ne pas voter et soutiendrait, plutôt, les milices armées dans leur entreprise de déstabilisation du pays. 

 

La Cour constitutionnelle va-t-elle une fois de plus, en l'espace de quelques jours, piétiner, gravement, la loi ? Toujours est-il qu'elle se retrouve depuis le 22 décembre, date du retrait de la candidature de Jean Serge Bokassa, dans une position inconfortable. En effet, le Code électoral en son article 115, alinéa 1er, énonce : « En cas de décès, d'empêchement définitif ou de retrait de l'un des candidats entre la publication de la liste des candidats et le premier tour, l'organisation de l'élection est entièrement reprise avec une nouvelle liste de candidats, sur décision de la Cour constitutionnelle saisie sans délai par l'ANE (Autorité nationale des élections) ou toute partie intéressée ». Voilà pourquoi les six candidats en question ont saisi la Cour constitutionnelle.

 

Sa destination est sans doute d'ores et déjà arrêtée, bien qu'elle soit, pour l'heure, gardée secrète. Question d'éviter la déstabilisation dans son camp. Cela dit, on croit savoir qu'il traverserait la frontière du Cameroun ou celle de la République démocratique du Congo, pour s'y réfugier. Au moins dans un premier temps. Il ne s'agit plus d'une hypothèse d'école. Et les Russes ? (Grand point d'interrogation).

 

Pire, le Centrafrique risque de plonger, à nouveau, dans un conflit militaire interne certain. Et pour cause, le président-sortant, Faustin Archange Touadéra, voulant un passage en force face à des candidats qu'il estime pouvoir battre facilement, il a manoeuvré au niveau de la Cour constitutionnelle pour que la candidature de l'ancien président, François Bozizé, soit invalidée. La seule candidature qui lui faisait peur. Touadéra est donc mauvais joueur. Car François Bozizé était très capable de le battre, sur terrain vert, si sa candidature avait été validée. Nul ne sait si Touadéra a eu ce mauvais conseil de la part de ses amis russes qui s'occupent de sa sécurité rapprochée. Mais, toujours est-il que Bozizé qui s'y connaît en matière de rébellion, s'active pour faire rendre à Touadéra, la monnaie de sa pièce. Bozizé n'est pas seul dans ce défi. Il est soutenu par les Français, mais aussi, par leur agent local, à savoir, le président tchadien, Idriss Déby Itno (qui fut à l'origine de l'éviction de Bozizé du pouvoir en 2013). C'est dire que les temps ont changé et que Faustin Archange Touadéra est d'une nullité incroyable pour se retrouver dans une telle situation aujourd'hui. Sa place, visiblement, n'est pas à la tête de l'Etat, mais, dans un amphithéâtre de l'Université de Bangui.

 

Ce n'est un secret pour personne que le retour de l'ancien président, François Bozizé, en Centrafrique, s'est effectué sans l'accord préalable du président, Faustin Archange Touadéra, comme cela aurait dû, logiquement, se faire. Ce sont les Français qui avaient organisé son périple depuis Kampala via la France, avant son atterrissage à Bangui, en décembre 2019, à la barbe des services secrets russes, qui n'avaient rien vu venir. Touadéra, lui-même, a dû se sentir en insécurité devant cette grosse défaillance des services de renseignement russes. Forcé à quitter le pouvoir en 2013, François Bozizé, qui, entre-temps, s'est réconcilié avec les Français, courait, bien entendu, en Centrafrique pour pouvoir se présenter à la présidentielle du 27 décembre. En tant qu'ancien président, il faisait office de candidat sérieux face au président sortant. Mais, voilà que la Cour constitutionnelle s'en est mêlée, aidée, activement, en cela par Touadéra, qui est prêt à tout (comme on l'a vu sous d'autres cieux africains) pour avoir son deuxième mandat. La France va donc devoir se chercher un autre candidat, son opération de transbordement de Bozizé depuis l'Ouganda ayant échoué dans son objectif essentiel, à savoir, se présenter à la présidentielle. Voire la gagner.

Le 27 décembre, c'est la date de l'élection présidentielle en Centrafrique. 17 candidats ont été admis à concourir et beaucoup d'autres ont été recalés dont l'ancien président, François Bozizé. En ce moment, le président-candidat, Faustin Archange Touadéra, l'ancienne présidente de transition, Catherine Samba-Panza, et, l'ancien premier ministre, Martin Ziguélé, multiplient les déclarations d'intention et de profession de foi. On n'entend pas beaucoup les autres. Viennent-ils en aventuriers ?

 

C'est vraiment un sale temps pour l'Afrique. Le continent, malgré les efforts, reste, encore, sous l'emprise des anciennes puissances coloniales et assimilées. L'exemple le plus patent vient du Ghana, pays qui a vu naître le panafricaniste, Kwame N'Krumah, et qui vient de voir mourir, un digne fils appelé, ancien capitaine d'aviation, Jerry Rawlings. Mais, alors que ce pays, qui, traditionnellement, montre la voie à suivre à l'Afrique, il a, malheureusement, vu accéder au pouvoir, il y a 5 ans, l'avocat, Nana Akufo-Addo. Ce dernier est, en fait, un des piliers de la Françafrique, au sein de la CEDEAO, aux côtés de l'incontournable, Alassane Ouattara. La différence, c'est que lui ne se montre pas et ne fait pas de bruit. Il agit quand c'est opportun. Ouattara, au contraire, se veut le champion toutes catégories de la défense des intérêts français en Afrique noire. Il veut qu'on le sache et fait tout pour remplir cette mission. C'est d'ailleurs lui, qui avait montré l'intérêt au président français, Emmanuel Macron, de faire un tour au Ghana, lors de sa visite africaine, le 30 novembre 2017. Ce fut une grande première dans ce pays pour un chef d'Etat français. Macron y était-il allé pour faire du tourisme ? Que non ! Il y était allé pour adouber un nouvel allié de la Françafrique. Et en bon élève, Akufo-Addo a bien managé pour les intérêts de la Françafrique, l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire fin octobre.

 

Plainte, appel, demande de recomptage… Le président sortant et ses alliés républicains ont déposé toute une série de recours, arguant des fraudes ou des irrégularités dans le processus électoral. Certains ont été rejetés par les tribunaux, d’autres retirés par les intéressés. On fait le point dans cinq Etats-clés.

 

Dix jours après l’élection présidentielle américaine du 3 novembre, six jours après la victoire annoncée du démocrate, Joe Biden, celui qui n'aime jamais être un looser, et qui n'aime pas les loosers, reconnaît, enfin, qu'il y aura une autre administration à la Maison Blanche, le 20 janvier 2021, qui, bien entendu, ne sera plus la sienne.

 

La montagne a accouché d'une souris. « Le menteur chronique » (Alassane Ouattara) va quitter le pouvoir la queue entre les jambes et mettra de longs mois à se remettre de la déconfiture qu'il vient de subir ce jour. Porte-parole de la désobéissance civile, Pascal Affi N'Guessan (en compagnie du professeur Maurice Kakou Guikahué qui représentait Henri Konan Bédié, et d'autres camarades de l'opposition unie), a pris la parole en milieu d'après-midi pour indiquer que 90% des électeurs ne sont pas allés voter, et qu'on avait enregistré 12 morts dans la journée. Cela porte à 82 le nombre de morts à mettre au passif de Ouattara. Affi, dans la foulée, a annoncé le début de la transition politique, l'opposition unie ne devant pas reconnaître la « victoire » du « menteur d'Abidjan ». Dans la soirée, la vice-présidente du FPI, l'ancienne première dame, Simone Gbagbo, a confirmé ce désavoeu électoral que vient de subir le président-sortant-candidat et relevé l'urgence de la mise en place d'un gouvernement de transition. Soro Guillaume a, immédiatement, réagi à la déclaration de Simone Gbagbo : « Je saisis la pertinence de la mise en place d'un gouvernement de transition. Je demande à GPS le mouvement citoyen que je préside de prendre position favorablement », a-t-il tweeté une heure plus tard. L'opposition s'organise, donc, pour que dès dimanche, 1er novembre, Alassane Ouattara ne puisse plus se targuer de la fonction de président de Côte d'Ivoire. Son mandat constitutionnel prend fin, ce samedi, 31 octobre, à minuit GMT et heure d'Abidjan.

 

L'ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, est à l'origine de l'accession d'Alassane Ouattara à la magistrature suprême. C'est lui qui avait encouragé le président, Laurent Gbagbo, en 2002-2003, à signer un décret pour autoriser Alassane Ouattara à participer à l'élection présidentielle de 2005 après le rejet de sa candidature par le juge constitutionnel, Tia Koné. N'étant pas Ivoirien de père ni de mère eux-mêmes ivoiriens, il avait vu sa candidature repoussée, à juste titre, aux élections présidentielle et législatives. Mais, grâce à l'action de Thabo Mbeki, président en exercice de l'Union africaine (UA) de juillet 2002 à juillet 2003, Laurent Gbagbo signa un texte pour permettre, au nom de la paix, à Alassane Ouattara de se présenter à l'élection présidentielle de 2005. Il s'agissait d'un accord politique car la justice avait rejeté sa candidature.

C'est ce même Alassane Ouattara qui, une fois devenu président en 2011, a envoyé Laurent Gbagbo à la CPI où il a passé 7 ans de façon gratuite car, finalement, aucune charge n'a été retenue contre lui.

C'est ce même Alassane Ouattara qui lui refuse le passeport diplomatique et même ordinaire alors qu'il en a droit de par ses fonctions passées et en tant qu'Ivoirien. Alors que Gbagbo lui avait donné un passeport diplomatique à lui, Ouattara « le menteur d'Abidjan», mais aussi, à celle qui faisait office de sa maman.

C'est ce même Alassane Ouattara qui, aujourd'hui, refuse qu'il s'inscrive sur la liste électorale pour qu'il soit candidat à l'élection présidentielle, après avoir dirigé la Côte d'Ivoire pendant 10 ans.

Thabo Mbeki regrette son intervention à l'endroit de Ouattara. Il est très contrarié de la façon dont Ouattara a traité Gbagbo. Il se sent responsable quelque part des agissements de Ouattara en Côte d'Ivoire. C'est la raison pour laquelle il a pris sa belle plume pour écrire à Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l'UA, après en avoir parlé avec Cyril Ramaphosa, le président sud-africain et président en exercice de l'UA.

Thabo Mbeki en intervenant sur la situation ivoirienne alors qu'il n'a plus qualité pour le faire, agit sur un plan moral. Il rappelle à Moussa Faki Mahamat que l'Afrique suit attentivement toutes les décisions qu'il prend au nom de l'UA sur l'élection présidentielle ivoirienne. L'avenir le jugera.

Voici la lettre que Thabo Mbeki a fait parvenir à Moussa Faki Mahamat. On ne sait même pas si ce dernier l'a lue, Ouattara l'ayant visiblement, complètement, mis dans sa poche.

L'ancien premier ministre et président de la Convention républicaine pour le progrès social (CRPS), Nicolas Tiangaye, n'a pas encore déclaré sa candidature que, déjà, le ciel s'abat sur lui. Devient-il l'homme à éliminer avant cette élection présidentielle dont personne ne sait exactement (pas même le président Faustin Archange Touadéra) quand elle va se tenir ? Pour l'heure, la date du 27 décembre est beaucoup plus virtuelle que réelle.

Alors que l'opposition unie déclare depuis des semaines que l'élection du 31 octobre 2020 ne se tiendra pas en Côte d'Ivoire à cause des raisons qu'on sait, l'Union africaine (UA), la CEDEAO, l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), la National Democratic Institute (NDI), ont, d'ores et déjà, entrepris de dépêcher des observateurs en Côte d'Ivoire pour observer une élection qui n'aura pas lieu. Une précipitation très suspecte. D'où la cinglante mise en garde du porte-parole de la désobéissance civile, Pascal Affi N'Guessan, qui a dénoncé cette complaisance plus que coupable des organismes qui courent en Côte d'Ivoire toucher des perdiems et donner quitus au « menteur d'Abidjan », organisateur d'une élection dont le résultat est connu d'avance et à laquelle il n'a pas, légalement, le droit de se porter candidat.

Il ment comme il respire, Alassane Ouattara. On ne saura donc jamais si la suspension de la campagne de 72 heures qu'il vient de décréter est due à l'accident de son hélicoptère ou à la mort de son ministre, Sidiki Diakité. En effet, nos sources signalent que son hélicoptère aurait frôlé la catastrophe hier, quand son hélice s'est détachée alors que l'appareil s'apprêtait à atterrir à Abengourou. Résultat : zéro mort mais beaucoup de blessés. Cela dit, on partage la douleur de la famille du ministre de l'Administration du territoire et de la Décentralisation à qui nous adressons nos condoléances très attristées. Au regard de son âge, on a besoin de demander à Allah le Très Miséricordieux s'il ne pouvait pas le laisser encore auprès des siens ? Mais c'est lui qui donne. Et c'est lui qui reprend. Alors on s'incline devant sa volonté.

Le président sortant, Alpha Condé, a été déclaré élu, ce samedi, 24 octobre, dès le 1er tour de l'élection présidentielle du 18 octobre 2020, avec 59.49%. Son principal rival, Cellou Dalein Diallo, conteste énergiquement les résultats énoncés par la CENI. Le FNDC annonce les manifestations dès lundi, 26 octobre, et ce jusqu'au départ du président imposteur. Ambiance, ambiance...

Bien qu'ayant trahi l'opposition en allant, seul, à cette élection, l'opposant Cellou Dalein Diallo le pourra-t-il ? Toujours est-il qu'il a revendiqué, lundi, 19 octobre, avoir remporté la présidentielle guinéenne dès le premier tour, sans attendre les résultats provisoires prévus mercredi 21 octobre. Des scènes de liesse de ses partisans, ont eu lieu dans tout le pays. Mais, Alpha Condé (qui se dit « professeur » d'université où il n'avait, en réalité, été que simple assesseur en Sorbonne (Paris 1), a-t-il fait modifier la constitution pour rien ? A-t-il bravé tous les écueils avant de se présenter pour voir quelqu'un d'autre se faire élire à sa place au final ? Comme il est difficile de l'envisager, et que Cellou Dalein Diallo, de son côté, n'est plus prêt à se faire voler sa victoire par le même individu une deuxième fois, il faudra s'attendre à beaucoup de troubles dans le pays.

Président en exercice de la CEDEAO et chef de l'Etat du Ghana, Nana Akufo-Addo a dépêché, dimanche, 18 octobre, dans l'urgence, une mission de deux personnes composée de sa ministre des Affaires étrangères, Shirley Ayorkor Botchwey, et du commissaire des Affaires politiques, Paix et Sécurité de la CEDEAO, le général, Francis Behanzin, dans le cadre de la prévention des conflits. A l'issue de la rencontre avec Henri Konan Bédié et Pascal Affi N'Guessan, dimanche, la ministre aurait déclaré que la situation était encore sous contrôle, en Côte d'Ivoire, malgré quelques agitations, et qu'elle ne nécessitait pas d'intervention extérieure au stade actuel du déroulement de la campagne. C'est une totale méconnaissance de la réalité.