Présidentielle au Burundi

On comprend pourquoi la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale) est à des années lumière de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), sur tous les plans. Si la CEDEAO peut obtenir, à peu près, une note de 20/20, cette organisation sous-régionale essayant de fonctionner selon les standards internationaux de démocratie et de droits de l'homme, en Afrique centrale, on en est encore à l'ère des républiques bananières d'Amérique latine. Dès lors, devrait-on s'étonner du satisfecit donné par le secrétaire général de cette institution à la mascarade électorale qui vient d'avoir lieu au Burundi ? Commençons par dire que la CEEAC n'a pas obtenu du pouvoir de Pierre Nkurunziza (le petit despote de Bujumubura) qu'elle observe cette présidentielle pas plus qu'elle n'a autorisé aucune autre organisation internationale à le faire. Seule l'église catholique locale a déployé plus de 2.700 agents électoraux sur le terrain. Ceux-ci n'ont vu que des fraudes majeures. Ces fraudes ont été dénoncées par les candidats de l'opposition comme Agathon Rwasa et la société civile, et continuent à l'être même au sein des églises. Mais, Nkurunziza a déjà signé le décret de sa succession. Ce sera son général et personne d'autre. C'est dans cet élan de désapprobation mondiale et de contestation nationale de ce scrutin que la CEEAC et son secrétaire général, le Tchadien,Ahmad Alam Mi, ont choisi de sortir de leur mutisme habituel pour dire du bien de cette élection qui n'aura été ni vue ni observée. Veut-on que l'Afrique centrale suive le mouvement derrière d'autres organisations comme la CEDEAO ou la SADC quand trônent encore à la tête de telles instances, des individus comme l'ambassadeur Ahmad Alam-Mi ?