Procès pour corruption.

L’ex-président soudanais, Omar el-Béchir, évincé du pouvoir en avril dernier, apparaissait, ce samedi, 24 août, devant un tribunal de Khartoum pour la deuxième audience de son procès. Celui-ci va durer un certain temps. La défense a demandé sa libération sous caution. Mais, ce qui fait le plus mal, c'est l'image qui est véhiculée de ce procès. Voilà un homme qui a eu le droit de vie et de mort sur les Soudanais pendant une trentaine d'années, et qui, du jour au lendemain, se retrouve, lui-même, prisonnier et subit, en personne, ce qu'il a fait endurer à ses opposants pendant des décennies. Que penser d'une telle image dans l'inconscient populaire en Afrique ? Sur un autre plan, que pourraient se dire les chefs d'Etat africains actuels dont certains sont en porte à faux avec leurs opinions publiques, et qui voient comment un des (anciens) leurs se fait traiter, après avoir présidé aux destinées du pays pendant une trentaine d'années ? Loin d'en faire une polémique, cette situation devrait pousser les Africains (des pouvoirs, des oppositions, de la société civile, de la classe intellectuelle non partisane) à réfléchir sur l'état de leur continent. Avec objectivité et sans passion.