Réunion avec 37 ministres africains

Quand Hillary Clinton s'est fait battre à la présidentielle de l'année dernière, on a compris que la démocratie en Afrique connaîtrait un frein pendant quatre ou huit ans, le temps que Donald Trump retourne dans ses affaires privées. C'est vrai que Barack Obama, pendant ses deux mandats à la Maison Blanche, était comme un chien qui aboyait (en faveur de l'instauration de la démocratie en Afrique) sans jamais mordre aucun dictateur, contrairement, à Hillary, qui sans avoir le pouvoir d'Obama, se montrait plus mordante, percutante, dans bien de dossiers. On se disait alors qu'une fois installée, avec les pleins pouvoirs, à la Maison Blanche, elle soutiendrait, réellement, les peuples africains désireux de faire partir leurs bourreaux. Mais, contre toute attente, le volubile Trump s'est installé, avec une toute autre vision : il préfère composer avec les dictateurs et autres hommes forts (sauf quand il s'agit des camarades Maduro et Kim Jung-un) parce qu'ils sont capables de maintenir la paix et la sécurité dans leur pays. Il préfère commercer avec les pays stables au lieu d'y envoyer des sacs de blé pour nourrir les réfugiés. Bref, avec lui, c'est Trade et non Politics. Sauf quand Washington a un cas (personnel) à résoudre comme celui de Robert Mugabe en ce moment. Il s'agit, ici, d'une affaire pathologique. Dans les dossiers africains, c'est la prudence totale. L'administration Trump préfère faire le minimum aux Nations-Unies et s'abstient de prendre aucune initiative, conforme à son rang de super-puissance mondiale. C'est cette diplomatie africaine à minima que le secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, insuffle en Afrique, continent dont s'occuperait beaucoup plus sa collègue, Nikki Haley, l'ambassadrice US aux Nations-Unies. En réunissant les chefs africains de la diplomatie, à Washington, que pouvait-il leur dire de bon ?