Refus de l'opposition

Les dentistes du XVIe siècle, qui officiaient sur les foires et places publiques, savaient rassurer les personnes qui avaient mal aux dents et qui devaient les faire arracher ; ils leur faisaient croire qu’elles ne sentiraient aucune douleur, que tout se passerait bien, etc. Mais il était difficile de faire confiance à ces arracheurs de dents, d’autant qu’ils se servaient d’une tenaille ou d’une pince pour “soulager” les pauvres patients. En d’autres termes, ils ne disaient pas la vérité. De ces mensonges éhontés naquit l’expression “mentir comme un arracheur de dents. De nos jours, les plus grands menteurs ne sont plus les arracheurs de dents mais certains politiciens qui, pour se tirer d’affaire, racontent des choses qui n’ont rien à voir avec leurs actes passés ou présents.

Les députés d'opposition en Guinée ont décidé, vendredi, 11 octobre, de «suspendre leur participation aux travaux de l'Assemblée nationale» pour protester contre l'ambition prêtée au président, Alpha Condé, de faire réviser la constitution pour briguer un troisième mandat, à trois jours de manifestations considérées à haut risque.

Après avoir arpenté les longues avenues de Paris pendant 50 ans comme opposant au régime de Sékou Touré, puis, de Lansana Conté, Alpha Condé a oublié d'où il vient. D'un état de victime, il se mue, aujourd'hui, en bourreau. Deux mandats de 5 ans ne lui suffisent plus. Il faut dire qu'avec des conseillers politiques comme le Congolais, Denis Sassou-Nguesso, on ne peut guère rester démocrate, pendant longtemps, même si, par le passé, on l'était. Voilà donc comment celui que les Guinéens appellent, affectueusement, « le professeur » est en train de prendre une mauvaise tangente : le pouvoir à vie. A 82 ans, il ambitionne de faire un troisième mandat que ne lui permet pas la constitution, mais, qu'il entend s'octroyer en faisant sa propre lecture de la constitution. Sacré « professeur » Condé !

L'avant-projet de la nouvelle Constitution ivoirienne adopté par le gouvernement et qui sera soumis à l'examen du Parlement, mercredi, 5 octobre, présente des zones d'ombre sur les conditions d'éligibilité à la présidence de la République dont l'abstraction de la limite d'âge. La question commence à se poser : Alassane Ouattara rêve-t-il, secrètement, de briguer un troisième mandat ?

A 92 ans bien sonnés, Camarade Bob se croit, encore, jeune homme, dans sa tête, ce qui n'est pas l'avis d'un grand nombre de ses compatriotes. Comment faire comprendre à ce père de l'indépendance qu'à un moment donné, il doit laisser la place aux jeunes ? Aux Zimbabwéens à eux seuls de décider si Robert Mugabe doit rester ou s'il doit partir. Lui pense posséder, encore, toutes ses aptitudes pour être, à nouveau, candidat à la présidentielle de 2018.