Rex Tillerson

Du 12 au 16 janvier 2018, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait effectué des visites officielles au Rwanda, en Angola, au Gabon et à Sao Tomé-et-Principe. Cette visite avait été effectuée au lendemain des propos désobligeants de Donald Trump tenus, le 11 janvier, sur le continent africain comme étant des « pays de merde », ce qui a créé un véritable choc auprès des Africains. Au regard de l'indignation suscitée, le président américain avait essayé de les atténuer en envoyant un message de conciliation, par l'intermédiaire de Paul Kagame, aux chefs d'Etat africains qui se réunissaient, à Addis Abeba, en Sommet, fin janvier. Il avait, dans la foulée, promis d'envoyer, très prochainement, son secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, pour visiter certains pays africains et leur parler de la vision africaine du nouveau chef de la Maison Blanche. Rex Tillerson arrive, donc, sur un terrain miné où l'administration Trump n'est pas bien perçue. Un continent que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a, aussi, visité la semaine dernière. Une tournée qui l'a conduit en Algérie, en Mauritanie, au Mali et au Sénégal.

Quand Hillary Clinton s'est fait battre à la présidentielle de l'année dernière, on a compris que la démocratie en Afrique connaîtrait un frein pendant quatre ou huit ans, le temps que Donald Trump retourne dans ses affaires privées. C'est vrai que Barack Obama, pendant ses deux mandats à la Maison Blanche, était comme un chien qui aboyait (en faveur de l'instauration de la démocratie en Afrique) sans jamais mordre aucun dictateur, contrairement, à Hillary, qui sans avoir le pouvoir d'Obama, se montrait plus mordante, percutante, dans bien de dossiers. On se disait alors qu'une fois installée, avec les pleins pouvoirs, à la Maison Blanche, elle soutiendrait, réellement, les peuples africains désireux de faire partir leurs bourreaux. Mais, contre toute attente, le volubile Trump s'est installé, avec une toute autre vision : il préfère composer avec les dictateurs et autres hommes forts (sauf quand il s'agit des camarades Maduro et Kim Jung-un) parce qu'ils sont capables de maintenir la paix et la sécurité dans leur pays. Il préfère commercer avec les pays stables au lieu d'y envoyer des sacs de blé pour nourrir les réfugiés. Bref, avec lui, c'est Trade et non Politics. Sauf quand Washington a un cas (personnel) à résoudre comme celui de Robert Mugabe en ce moment. Il s'agit, ici, d'une affaire pathologique. Dans les dossiers africains, c'est la prudence totale. L'administration Trump préfère faire le minimum aux Nations-Unies et s'abstient de prendre aucune initiative, conforme à son rang de super-puissance mondiale. C'est cette diplomatie africaine à minima que le secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, insuffle en Afrique, continent dont s'occuperait beaucoup plus sa collègue, Nikki Haley, l'ambassadrice US aux Nations-Unies. En réunissant les chefs africains de la diplomatie, à Washington, que pouvait-il leur dire de bon ?

Il n'y a qu'à écouter le tumultueux, Donald Trump, pour savoir que l'Afrique est à la marge de la stratégie diplomatique des nouveaux venus de l'administration américaine. Pourtant, le secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, a invité le chef de la diplomatie togolaise, le professeur, Robert Dussey, à une séance de travail, à deux, à Washington. On a besoin de dire : bizarre bizarre... De quoi peut-il être question ?