Sergueï Lavrov

Après avoir co-présidé, à Bruxelles, avec la ministre finlandaise des Affaires étrangères, Jutta Urpilainen, la réunion sur la préparation du futur accord entre l'Union européenne et les pays d'Afrique des Caraïbes et du Pacifique (UE-ACP), les 13 et 14 février, le ministre togolais des Affaires étrangères, le professeur, Robert Dussey, s'est retrouvé, le 15 février, à Munich, en bonne compagnie, avec son homologue russe, Serguei Lavrov. Le PND (Programme national de développement), lancé par Faure Gnassingbé, en mars 2019, à Lomé, intéresse les Russes au premier chef dont le retour en force est signalé en Afrique. Pour signer leur intérêt pour le Togo, les deux ministres envisagent la tenue d'un Forum économique au cours de cette année.

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a prévenu son homologue russe, Sergueï Lavrov, que les Etats-Unis ne resteraient pas "les bras croisés" si la Russie continuait "d'exacerber les tensions au Venezuela". En fait, pour faire face à la volonté manifeste de Washington de faire tomber le pouvoir vénézuélien actuel, le président, Nicolas Maduro, a fait appel à Vladimir Poutine qui a ordonné le renforcement de la coopération russe pour protéger le Venezuela du coup d'état américain en préparation. Comme en Syrie, hier, Pompeo sait qu'avec l'implication de la Russie dans la protection de Maduro, la déstabilisation américaine ne passera pas. Voilà pourquoi il est en colère.

La Russie et le Togo ne vont plus s'ignorer. En marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, le professeur, Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, a rencontré son homologue de la Fédération de Russie, Serguei Lavrov, le 16 février 2019. La rencontre avec le chef de la diplomatie russe vient un peu tard dans la mesure où le ministre togolais des Affaires étrangères a, ces dernières années, rencontré plusieurs chefs de la diplomatie des pays de l'Est de l'Europe, pour parler des sujets d'intérêt commun. Cela dit, mieux vaut tard que jamais. Première décision concrète sortie de cette rencontre : l'encouragement de missions économiques entre les deux pays pour développer les échanges.

Après avoir mis le bordel en Libye, pays qui vivait, paisiblement, sous la dictature éclairée du colonel Kadhafi, les Occidentaux peinent, aujourd'hui, à y réinstaurer la paix. Chaque faction libyenne se fait manipuler, plus ou moins, par son mentor. Placé à Tripoli de façon fantoche par les Nations-Unies, le premier ministre, Fayez al-Sarraj, est réputé être l'homme des Occidentaux (à qui il ne sait pas dire Non). A l'Est, le maréchal Haftar dont les intentions sont, encore, floues, composent avec des puissances sous-régionales dont l'Egypte qui dispose d'une force militaire non négligeable. Il entretient, aussi, de très bonnes relations avec Moscou, qui fait attention à ne pas se faire enrôler par les Nations-Unies (les yeux fermés) et se retrouver, d'une manière ou d'une autre, à soutenir le gouvernement pro-occidental de Tripoli dirigé par Sarraj, l'ennemi de Haftar. En tournée à Moscou, ce lundi, 14 août, le maréchal Haftar a obtenu ce qu'il cherchait, à savoir, le soutien du gouvernement russe dans les futurs pourparlers inter-libyens. Il est à noter que dans ce processus difficile, point de place notable pour la « médiation » de l'Union africaine, conduite par le dictateur congolais, Sassou-Nguesso.