Troisième mandat

Samedi, 15 août, de 14h30 à 19h30 (heure de Paris), les Ivoiriens de la région parisienne ainsi que les Africains de la diaspora, ont battu le pavé parisien, pour dire NON au 3e mandat que le président, Alassane Ouattara, voudrait s'octroyer au grand mépris de la constitution dont il est le garant. Ils étaient plus de 10.000 personnes à effectuer le trajet entre la Place Trocadéro et l'avenue Raymond Poincaré, siège de l'ambassade de Côte d'Ivoire à Paris.

Avant même qu'il n'accède au pouvoir, Alassane Ouattara disposait déjà d'un savoir-faire incontesté en matière de déstabilisation politique : coup d'état militaire de fin décembre 1999 qui a chassé Henri Konan Bédié du pouvoir, attaque massive des Forces nouvelles à partir du Nord du pays pour prendre Abidjan en septembre 2002 (cette attaque avait été stoppée dans la zone de Bouaké consacrant la partition en deux de la Côte d'Ivoire pendant plusieurs années). Le financier de toutes ces coûteuses opérations militaires, était Alassane Ouattara. Cette fois, et en connaissance de cause, il a entrepris de mettre les officiers supérieurs de son côté pour éviter tout coup d'état militaire, qui n'est plus une hypothèse d'école, aujourd'hui.

Alassane Ouattara aime-t-il la Côte d'Ivoire comme il aurait aimé le Burkina Faso s'il avait été président là bas ? Les actes qu'il pose tous les jours contre la grande majorité des Ivoiriens sont loin de le montrer. Après avoir annoncé urbi et orbi, en mars dernier, que jamais, au grand jamais, il ne se présenterait plus à une élection présidentielle, et surtout, pas à celle d’octobre 2020, une décision saluée en guise de leçon à l'endroit d'autres présidents africains, par son ami, le président français, Emmanuel Macron, le voilà qui, comme à son habitude, revient sur sa décision et annonce briguer un troisième mandat auquel il n'a pas droit. La constitution le lui interdit formellement. La thèse du « sacrifice » de son fils, Amadou Gon Coulibaly, mort sur l'autel des ambitions de Ouattara (son père) doit interroger de plus en plus. Car tout laisse penser que c'est lui qui l'a tué en maquillant sa disparition de cette manière. Ne voulant pas quitter le pouvoir, Ouattara aurait monté un scenario qui a laissé penser à la mort naturelle du candidat du RHDP alors qu'il était suivi, à Paris, par les meilleurs cardiologues du monde, ceux-là mêmes qui maintiennent Ouattara en vie, avec un cœur très affaibli, grâce à leur savoir-faire depuis son premier mandat où il venait toutes les trois semaines les rencontrer à l'hôpital parisien du Val de Grâce. Car il faut le répéter : le cœur de Ouattara est bien moins solide que celui de son ancien premier ministre. Mais, le voilà, qui s'organise pour un 3e mandat, puis, un 4e en 2025. Aurait-il trompé les Burkinabé de cette manière ? Que non !

Le chef de l'Etat de Côte d'Ivoire, Docteur, Alassane Ouattara, n'est pas un assoiffé du pouvoir. Après ses deux mandats constitutionnels, il va quitter le pouvoir. Il l'a répété ce lundi, 18 janvier.