Yahya Jammeh

Le président gambien élu, Adama Barrow, a appelé, ce lundi, 12 décembre, Yahya Jammeh, à céder, immédiatement, le pouvoir, sans attendre le recours en justice qu'il veut présenter contre sa défaite au scrutin présidentiel du 1er décembre.

Huit jours après avoir reconnu, contre toute attente, sa défaite électorale face au candidat de l'opposition, Adama Barrow, le président gambien, Yahya Jammeh, a, de nouveau, créé la surprise en rejetant les résultats du scrutin et réclamant un nouveau vote.

Il s'en est fallu de 19.000 voix pour qu'il reste à la tête de la Gambie. Que Yahya Jammeh n'ait pourtant pas recouru, comme tant de ses pairs africains, en difficulté, dans un scrutin, à la fraude ou à la force, n'en finit pas de mystifier les observateurs.

C'est la question à mille dollars qui est sur toutes les lèvres, notamment, chez celles des milieux des droits de l'homme, mais aussi, des organisations internationales comme l'Union européenne. Candidat à sa propre succession, le président, Yahya Jammeh est-il capable d'organiser une élection présidentielle transparente et crédible susceptible d'être gagnée par son adversaire qui est le candidat unique de l'opposition ?

Il n'y a pas longtemps, il adulait, encore, la CPI (Cour pénale internationale). La procureure de cette institution est, d'ailleurs, son ancien ministre de la Justice, Fatou Bensouda. Puis, tout d'un coup, comme piqué par un moustique, Yahya Jammeh décide que la Gambie va quitter la CPI. Sans préavis, en prenant tout son gouvernement de court. Son assemblée nationale aussi. Simple coup de tête d'un dictateur en mal de décisions qui le mettent en avant ?

Le président gambien, Yahya Jammeh, a, dans un discours prononcé, jeudi, 31 mars, à l’ouverture officielle de la session parlementaire, à Banjul, accusé l’Occident d’être responsable de la création des différents groupes terroristes qui font des ravages, partout, dans le monde. Cela, on le savait. Mais pas sortant de la bouche d'un président africain.