Afrique

Désinformation, amplification, intimidation : les dictateurs africains comme le Tchadien, Idriss Déby Itno, le Rwandais, Paul Kagame, le Soudanais, Omar el-Béchir, le Mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, sans oublier, le négativement célèbre en la matière, l'Egyptien, Abdel Fattah el-Sissi, suivent de bon pied leur modèle dans le domaine de la censure et de la manipulation, à savoir, le Russe, Vladimir Poutine, et le Chinois, Xi Jinping. Deux prédateurs (hors pair) de la liberté de la presse, qui opèrent, impunément sur internet. Reporters sans frontières (RSF) montre comment ils procèdent et comment contourner leurs manoeuvres.

Là où elle fait de bonnes affaires, la Chine ne se mêle, jamais, de politique. Elle ne fait qu'aligner des contrats. Sa stratégie est, radicalement, différente de celle des Occidentaux, grands donneurs de leçons d'éthique et de morale (qu'ils ne s'appliquent pas à eux-mêmes) devant l'éternel. Avec son trésor de guerre, l'empire du milieu ne se fait pas prier pour conquérir l'Afrique. Cette Afrique qui est de moins en moins la chasse gardée de l'Occident. Ce dernier tente, actuellement, de rattraper son retard en suscitant, parfois, des conflits (sans queue ni tête ici et là), juste pour qu'on continue de faire appel à lui. Chacun fait la politique de ses moyens.

RSF et ses partenaires dévoilent la "Journalism Trust Initiative (JTI)", un dispositif d’autorégulation des médias visant à lutter contre la désinformation en ligne. La Journalism Trust Initiative (JTI) a été lancée par Reporters sans frontières (RSF) et ses partenaires, l'Agence France-Presse (AFP), l'Union européenne de radio-télévision (UER) et le Global Editors Network (GEN).

A Baku, en Azerbaïdjan, le 17 mars 2018, l'ancien président du Bénin, Nicéphore Soglo, a prononcé un discours sur « La renaissance de l'Afrique au Sud du Sahara », au Forum international de Baku. Nous vous proposons l'intégralité de son intervention.

Les Etats-Unis sont accusés de double langage. Quand il s'agit des pays d'Asie, grands importateurs eux aussi de l'ivoire d'Afrique, ils accusent. Pourtant, ils se livrent, exactement, aux mêmes pratiques, avec un peu plus de finesse. Le président du Botswana s'insurge contre un tel comportement et les dénonce de manière frontale.

Dans sa grande amitié qu'il ne cesse d'afficher pour l'Afrique sans que cela ne se vérifie dans son action de tous les jours, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, s'était mis à expulser les immigrés africains malgré les protestations des organisations de droits de l'homme. La Cour suprême a mis fin à cette inhumanité, ce jeudi, 15 mars, ce qui est un grand jour dans la communauté africaine où certains commençaient à compter leurs jours en Israël avant d'emprunter le charter du retour forcé. Netanyahu devra, maintenant, changer de fusil d'épaule s'il tient, absolument, à satisfaire la droite du Likoud et ses amis d'extrême-droite.

A force de croiser les chefs d'Etat africains, dictateurs pour la très grande majorité d'entre eux, qui souhaitent, généralement, mourir au pouvoir, le numéro un chinois, Xi Jinping, a fini par faire comme eux : rester, demeurer au pouvoir aussi longtemps que possible et y mourir même. On pensait que la Chine, qui avait opté pour l'alternance politique avec deux mandats uniques par dirigeant, quelles que soient ses prouesses au pouvoir, donnait le bon exemple aux dictateurs africains qui, eux, s'accrochent à la tête de l'Etat pour y mourir. Le principe de deux mandats adopté, aussi, par la Russie, faisait, plutôt, école dans le monde. Seuls traînaient les pieds, certains pays africains, surtout, francophones, à cause, très souvent, de la Françafrique. Mais, voilà que la Chine revient en arrière en balayant cet acquis de deux mandats hérités de l'ère Deng Tsiao Ping. C'est une grande déception. Ce dimanche, 11 mars, est un très mauvais jour pour la démocratie en Chine. C'est, aussi, une journée noire pour la démocratie en Afrique, actuel meilleur partenaire économique de la Chine.

Ce que je vais vous raconter, ici, n'est pas de la fiction. C'est la réalité pure et simple telle qu'elle devrait être enseignée dans les universités et grandes écoles africaines : en perte de vitesse, dans ce qu'on appelle, aujourd'hui, « village planétaire », la France, après avoir, sans succès, activé tous ses leviers internes pour se relancer, se voit, maintenant, obligée, contrainte forcée d'amorcer le dernier acte de sauvetage de son économie : la recolonisation de ses anciennes possessions, non pas d'Asie (le Vietnam, le Cambodge et le Laos sont des bastions imprenables), ni du Maghreb (l'Algérie, le Maroc et même la Tunisie restent hermétiquement fermées à une telle (re)reconquête), mais, d'Afrique noire.

Du 12 au 16 janvier 2018, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait effectué des visites officielles au Rwanda, en Angola, au Gabon et à Sao Tomé-et-Principe. Cette visite avait été effectuée au lendemain des propos désobligeants de Donald Trump tenus, le 11 janvier, sur le continent africain comme étant des « pays de merde », ce qui a créé un véritable choc auprès des Africains. Au regard de l'indignation suscitée, le président américain avait essayé de les atténuer en envoyant un message de conciliation, par l'intermédiaire de Paul Kagame, aux chefs d'Etat africains qui se réunissaient, à Addis Abeba, en Sommet, fin janvier. Il avait, dans la foulée, promis d'envoyer, très prochainement, son secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, pour visiter certains pays africains et leur parler de la vision africaine du nouveau chef de la Maison Blanche. Rex Tillerson arrive, donc, sur un terrain miné où l'administration Trump n'est pas bien perçue. Un continent que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a, aussi, visité la semaine dernière. Une tournée qui l'a conduit en Algérie, en Mauritanie, au Mali et au Sénégal.

Les autorités israéliennes ont commencé, dimanche, 4 février, à distribuer des lettres à des milliers de migrants africains en situation irrégulière, leur ordonnant de partir d'ici la fin du mois de mars sous peine d'être emprisonnés, selon une porte-parole du service de l'Immigration. La question mérite d'être posée : Israël est-il, vraiment, l'ami de l'Afrique qu'il prétend être ?

De qui Donald Trump croit-il se moquer ? Après avoir qualifié le continent noir de « pays de merde » alors que les chefs d'Etat africains, qui tiendront leur Sommet annuel, fin janvier, à Addis Abeba, ont exigé des « excuses » à la suite de ses propos « racistes », il leur a transmis ses « sentiments chaleureux », par l'intermédiaire du président, Paul Kagame, qu'il a rencontré, ce vendredi, 26 janvier, matin, en marge du Forum de Davos. « Sentiments chaleureux », c'est quoi en langage diplomatique après avoir insulté quelqu'un qui attend des excuses en bonne et due forme, n'est-ce-pas une autre manière de se moquer des Africains ? Trump croit-il être permis de tout dire parce qu'il dirige la principale superpuissance de la terre ? Pense-t-il détenir le droit de vie et de mort et celui d'insulter, parce qu'il est le président des Etats-Unis ? Les Africains, bien que pauvres, ont leur dignité d'homme et en tant que tels, méritent le respect de Donald Trump.

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, a exprimé, jeudi, 18 janvier, ses regrets auprès des ambassadeurs africains qui s'étaient dits outrés par les propos insultants prêtés à Donald Trump sur l'immigration, selon un de ces émissaires. Cela ne veut pas dire qu'il les renie. Loin de là, Trump étant convaincu qu'il ne dit que la vérité. Mais, comme on est en diplomatie où la langue de bois et l'hypocrisie sont les maîtres mots, Nikki Haley joue dans la forme, le fond de la pensée de son patron restant immuable.

Les paris sont ouverts en Afrique du Sud, entre ceux qui pensent que Jacob Zuma terminera son mandat de président de la République, en 2019, et ceux qui croient à sa destitution. Pour cette deuxième catégorie de parieurs, la justice vient d'ouvrir une brèche en annonçant la réouverture d'un dossier compromettant, qui pourrait déboucher sur une procédure de destitution.

Près de 6.000 Africains ayant combattu au Moyen-Orient avec l'organisation djihadiste, Etat islamique (EI), pourraient revenir en Afrique, a indiqué, dimanche, 10 décembre, à Oran (ouest algérien), le Commissaire de l'Union Africaine pour la paix et la sécurité, Smail Chergui. Conséquence : il appelle les pays africains concernés (Egypte, Tunisie, Algérie, Libye, Sénégal, Mauritanie, Mali, etc.) à se préparer "fermement" à la gestion de ces retours.

Le camarade président de la Corée du Nord, Kim Jung-un, est un homme rusé et avisé. Il fait une chose après l'autre. La « guerre » nucléaire gagnée contre Donald Trump dont le pays est, aujourd'hui, à un jet de fusée de Pyongyang, tout comme l'Europe, il manifeste, maintenant et ouvertement, une volonté de rapprochement avec les Occidentaux. C'est ainsi qu'il a dit être disposé à dialoguer avec Donald Trump. Face à face et sans intermédiaire. Preuve de la crédibilité de cette main tendue du leader « bien aimé », son initiative a été annoncée par le chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov. Très surpris par cette démarche inhabituelle, Donald Trump, en difficulté depuis l'annonce de sa reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël, tarde à réagir. Maintenant que la Corée du Nord est considérée comme une puissance nucléaire (à part entière), le leader « bien aimé » va s'occuper, enfin, d'économie. Dans sa stratégie de reconquête des parts de marché perdues, l'Afrique est en pole position. Si le camarade Kim limite ses déplacements à la (seule) Chine voisine et, uniquement, par le train, il va, beaucoup, s'appuyer sur les quelque relais diplomatiques que son pays a su préserver sur le continent.

Lors de son récent séjour, à Ouagadougou, on avait senti la volonté du jeune président de ne pas assumer (financièrement) le très lourd passé français en Afrique, pendant son dialogue avec les étudiants de l'Université Professeur Joseph Ki-Zerbo. Emmanuel Macron a du mal à se défaire de son encombrant manteau d'ancien banquier d'affaire, qui sait encaisser et a horreur de décaisser. Bien qu'il ait tenu des propos encourageants pendant la campagne, à Alger, sur le colonisation, la réalité semble l'avoir rattrapé : il est sur la même longueur d'onde que ses prédécesseurs en matière d'esclavage, de la colonisation, de la néo-colonisation, et du refus de la nécessaire réparation qui devrait aller avec. Voilà pourquoi à Ouaga, dans l'amphithéâtre financé par le Frère Guide Kadhafi (assassiné par un de ses prédécesseurs), Emmanuel Macron avait beaucoup insisté sur le fait qu'il était de la même génération que le millier d'étudiants sélectionnés pour l'écouter, et que tous, jeunes, devaient regarder de l'avant et ne pas s'occuper de ce qui s'était passé avant. Il pensait beaucoup à la question des réparations qu'il ne souhaite pas aborder. En lieu et place du chèque (ou de la série des chèques attendus), le jeune président français prône, uniquement, une "réconciliation des mémoires", rejetant "déni" et "repentance" pour la colonisation. Il l'a dit, dans un entretien à la chaîne Trace TV, dimanche, 3 décembre. Le président, Emmanuel Macron, doit savoir que son point de vue, non seulement, est inacceptable pour toute la communauté noire qui a subi ces affres de l'esclavage, de la colonisation et de la néo-colonisation, mais, ce point de vue est purement et simplement une insulte à l'endroit des Noirs d'Afrique.

Le jeune président français veut faire différemment les choses. Lors de sa première tournée africaine, à Ouagadougou, il a annoncé « un retour du patrimoine africain à l'Afrique ». C'est une bataille rangée, depuis des années, entre la France où plusieurs musées gardent par devers leurs collections, un tel patrimoine et les pays africains concernés. Arrivé au pouvoir en 2016, le président du Bénin, Patrice Talon, par exemple, en a fait sa priorité : le retour au Bénin des objets culturels béninois logés en France. Ce n'est pas une chose simple. Mais, avec la décision d'Emmanuel Macron, Patrice Talon sera, désormais, soutenu par la volonté politique de l'Etat français. Le retour au Bénin, après des siècles d'exportation, des objets d'art africain, sera facilité. Cela dit, entre dire et faire, il y a un monde quand on sait que ce patrimoine fait vivre des musées et centres culturels en France et créent des emplois.

Alassane Ouattara ayant la notion du beau, on peut lui faire confiance : il organisera le Sommet Europe-Afrique de telle sorte qu'on s'en souviendra, plusieurs années encore. Alors que la femme la plus puissante de l'Union européenne, l'Allemande, Angela Merkel, attend encore des accords d'alliance pour former son gouvernement, le jeune président français, Emmanuel Macron, sera la principale attraction du Sommet, côté européen. En Afrique francophone, aussi. Françafrique oblige ! Le Sommet se tiendra en Abidjan, en Côte d'Ivoire, le principal pôle continental où s'exerce, encore, la domination (l'influence) française en Afrique noire, bien loin des pays comme le Gabon. En attendant ses différents discours, à Ouagadougou, à Accra et dans la capitale économique ivoirienne, voici quelques points de repère qu'Emmanuel Macron devra intégrer dans ses notes.

Quand Hillary Clinton s'est fait battre à la présidentielle de l'année dernière, on a compris que la démocratie en Afrique connaîtrait un frein pendant quatre ou huit ans, le temps que Donald Trump retourne dans ses affaires privées. C'est vrai que Barack Obama, pendant ses deux mandats à la Maison Blanche, était comme un chien qui aboyait (en faveur de l'instauration de la démocratie en Afrique) sans jamais mordre aucun dictateur, contrairement, à Hillary, qui sans avoir le pouvoir d'Obama, se montrait plus mordante, percutante, dans bien de dossiers. On se disait alors qu'une fois installée, avec les pleins pouvoirs, à la Maison Blanche, elle soutiendrait, réellement, les peuples africains désireux de faire partir leurs bourreaux. Mais, contre toute attente, le volubile Trump s'est installé, avec une toute autre vision : il préfère composer avec les dictateurs et autres hommes forts (sauf quand il s'agit des camarades Maduro et Kim Jung-un) parce qu'ils sont capables de maintenir la paix et la sécurité dans leur pays. Il préfère commercer avec les pays stables au lieu d'y envoyer des sacs de blé pour nourrir les réfugiés. Bref, avec lui, c'est Trade et non Politics. Sauf quand Washington a un cas (personnel) à résoudre comme celui de Robert Mugabe en ce moment. Il s'agit, ici, d'une affaire pathologique. Dans les dossiers africains, c'est la prudence totale. L'administration Trump préfère faire le minimum aux Nations-Unies et s'abstient de prendre aucune initiative, conforme à son rang de super-puissance mondiale. C'est cette diplomatie africaine à minima que le secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, insuffle en Afrique, continent dont s'occuperait beaucoup plus sa collègue, Nikki Haley, l'ambassadrice US aux Nations-Unies. En réunissant les chefs africains de la diplomatie, à Washington, que pouvait-il leur dire de bon ?

Le président en exercice de l'Union africaine (UA), le Guinéen, Alpha Condé, s'est "indigné", vendredi, 17 novembre, des cas d'esclavage en Libye dénoncés, cette semaine, par l'ONU et dans un documentaire choc de la chaîne américaine CNN. Mieux vaut tard que jamais.