ZELENSKY CHEZ RAMAPHOSA : Une visite à double tranchant pour Pretoria

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Le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, sera en Afrique du Sud le 20 avril. D’abord, prévu le 10 de ce mois, son voyage a été repoussé pour des raisons de conflits de calendrier. Cela fait plus d’un an qu’il attendait l’occasion d’aller lui-même challenger l’influence du président russe, Vladimir Poutine, en Afrique.

En 2023, Cyril Ramaphosa faisait partie d’une délégation de dirigeants africains en déplacement en Ukraine et en Russie pour tenter de convaincre leurs présidents respectifs de déposer les armes, et de faciliter l’exportation du blé vers les pays africains demandeurs. Cette initiative fut un fiasco total sur le plan militaire, étant donné la poursuite du conflit jusqu’à aujourd’hui (sur notre photo, le président ukrainien montre un certain agacement devant son homologue sud-africain).

Pire, lors de la conférence de presse à Kiev, plusieurs journalistes ukrainiens se moquaient des membres de ladite délégation en leur demandant si leur pays ne disposait pas de terres arables. Une façon de leur dire de ne plus venir quémander du blé, mais plutôt d’en produire eux-mêmes.

La venue de Volodymyr Zelensky déplaît en Afrique du Sud. Non seulement, car il n’en a rien à faire de l’Afrique, mais aussi, parce que l’Afrique du Sud risque de mettre en porte à faux avec la Russie en s’octroyant un rôle qui n’est pas le sien. En plus, il se chuchote que cette visite aurait été imposée.

En effet, sachant que Cyril Ramaphosa est sous l’influence de l’UE (Union européenne), Voldymyr Zelensky aurait menacé de faire capoter le prochain Sommet du G20 censé se dérouler à Johannesburg en novembre 2025, ainsi que, les gros investissements espérés par l’Afrique du Sud, suite au désengagement américain.

Autant de choses qui desservent le dirigeant ukrainien et le décrédibilisent auprès des Africains par rapport au patron du Kremlin. Par ailleurs, Ramaphosa joue avec le feu à vouloir se rapprocher de Zelensky au moment où Trump et Poutine affichent une certaine entente.

Non contente du niveau de dégradation de ses liens avec Washington, et du fait que cette dernière est activement engagée dans la fin de la guerre en Ukraine, Pretoria veut pouvoir jouer sa partition. Mais, cela ne se fera pas sans conséquences vis-à-vis de ses relations avec Moscou.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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